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De la resistance

De la résistance

Le 19/05/2018

De la resistance

 

 

 

 

 

    Plus j'observe notre façon de vivre et plus je suis étonné et même effaré! Le retour des "beaux jours" produit aussi celui de nos forces et naturellement cela se traduit d'abord par une effervescence de nos égoïsmes! Notre personnalité recommence à rêver et pour réaliser ses projets, elle ne voit aucun inconvénient à s'imposer et à devenir plus dure; ce qui la fait commettre mille incivilités et augmente d'autant l'agressivité de notre environnement!

    Le sentiment de sécurité qu'apporte notre soleil ne parvient même pas à balancer cela et c'est pourquoi nous continuons à entendre des sirènes d'ambulances, plus ou moins lugubres, qui signalent des drames dus à l'angoisse ou à la férocité! Mais dès que la chaleur se fait sentir, la plupart se comportent comme des insectes ivres en pleine lumière! Ils se mettent tellement en valeur qu'ils ont l'air d'être les caricatures de leurs personnages; comme si l'hiver n'avait jamais existé, comme si eux-mêmes venaient de naître à l'instant, comme si l'anxiété ne les avait jamais approchés!

    Je crois les Ephémères ou les Demoiselles de nos ruisseaux, qui ne vivent que quelques semaines pour s'accoupler et se nourrir, et qui semblent ne connaître que la volupté, plus réfléchies!

    Mais nous préférons notre illusion à tout le reste, même si nous souffrons, même si certains sont détruits en chemin! Nous pourrions nous interroger sur le bien-fondé de notre comportement... Nous pourrions nous demander qui voulons-nous impressionner, épater, si ce n'est un autre qui a le même désir et qui est donc un concurrent, ce qui rend notre excitation vaine!

    Nous pourrions encore regarder plus loin, considérer notre isolement dans l'espace et notre mort inéluctable, et nous serions alors plus prudents, plus enclins à la méditation... Mais le bébé qui est en nous ne veut pas en perdre une miette, une goutte! Et nous recommençons les mêmes erreurs: nous piétinons, nous blessons, nous faisons des victimes sans les voir, car rien ne doit gêner notre "Festival de Cannes"!

    Cela est d'autant plus vrai que, comme nous le savons, nos inquiétudes nous suivent partout et n'ont au fond que faire de notre ivresse! Elles sont comme la tortue pour le lièvre de la fable! Nous pouvons nous agiter, nous montrer brillants, être sûrs de notre réussite, elles nous attendent tôt ou tard comme une marâtre à la maison!

    Elles ont l'action sourde des eaux souterraines, qui font qu'un jour subitement un abîme apparaît! Nous ne voulons pas de la tristesse? Fort bien! Mais la fuir par la parade ou le triomphe ne l'a jamais anéantie! Le résultat est évident: notre égoïsme est altéré, aussi bien pour satisfaire l'instinct que pour ne pas sentir ce qui nous trouble! Et personne ne demeure sur son "propre tapis rouge" sans maudire, jalouser, mépriser ou écraser!

    Pourtant, ce sont toutes nos attitudes qui constituent notre quotidien, notre milieu et c'est lui, dans l'état où il est, qui est à l'origine de la plupart de nos maladies! L'hypertension, l'obésité, la dépression, le diabète, des cancers naissent de notre rapport au monde, à mesure que ce dernier se révèle hostile ou incompréhensible et comme il nous malmène! Rien que la sarabande incessante du trafic ne peut pas ne pas nous assommer!

    Mais que dire des nouveaux moyens assurant la propreté des villes? Que le souffleur des feuilles ou que la faucheuse électrique entrent en action et voilà tout un quartier sinistré! Qui a déjà pu "en placer une" à proximité de ces engins au bruit infernal?

    Il ne faudrait surtout pas croire que ces innovations ne sont dues qu'à la seule nécessité! Si elles peuvent apparaître comme plus efficaces ou plus pratiques, elles correspondent encore à un mirage: ceux qui les mettent en œuvre s'imaginent que la modernité est synonyme de perpétuelle ébullition, qu'elle doit forcément s'accompagner d'un tas de "gadgets", et ils sont poussés en cela par leur propre impatience, leur incapacité à rester calmes!

    Il ne viendrait même pas à l'idée de ces chantres de l'avenir, à ces soi-disant acteurs du futur, que le véritable progrès pourrait être celui de la sagesse et non de la technologie! Mais les jouets sont beaucoup plus attrayants que les efforts de l'esprit! Et nous assistons donc à des scènes quasi comiques, puisque ces moyens de par leur origine ont une valeur douteuse! Figurez-vous deux souffleurs de feuilles opérant sur un petite place, tels deux extraterrestres d'une planète en guerre, et rabattant leur faible proie pour qu'elle tombe dans la "gueule béante" de la balayeuse! En fait, le fin du fin, en termes de modernité, c'est de ne plus toucher la feuille! Ainsi, on croit dominer entièrement la nature, qui, elle, doit rire à chaudes larmes, devant une telle démonstration de force, puisqu'il lui suffit d'augmenter d'un degré, pour que nous appelions au secours!

    Il fut un temps où un seul balayeur effectuait la tâche précédente; il apprenait un geste et une respiration. Bien souvent, il était plus posé que son entourage et un facteur de paix pour qui voulait l'aborder! De même, on coupait l'herbe à la faucille ou à la faux et on veillait à mesurer son effort pour aller jusqu'au bout. C'était quasiment un art et ceux qui l'acquéraient étaient également des éléments pacificateurs pour les autres! Quel bien pourrait nous faire le cerveau abruti ou amputé de celui qui tient une faucheuse électrique? Ne faudrait-il pas d'abord lui parler par signes, pour lui laisser le temps de revenir parmi nous?

    D'autre part, il n'y a pas plus opposé à l'écologie que cet appareil: il arrache la verdure comme un indien un scalp et il laisse la terre dans le même état qu'un crâne ensanglanté! Certes, c'est pratique: on n'y revient plus de l'année, mais les plantes et les insectes n'y trouvent certainement pas leur compte! Si on sait regarder, on retrouve ces derniers par milliers sur les routes de l'exode! avec les mâles agressifs, les femelles débraillées et les petits pleurant! Mais nous sommes les maîtres, n'est-ce pas? Nous sommes des gens sérieux, qui vernissons notre cercueil!

    Cependant, la médecine pour nous guérir de nos maladies a bien sûr des traitements, mais ceux-ci, s'ils peuvent agir au cas par cas, restent incapables de tarir la source de nos maux! La science, en effet, est loin de comprendre en profondeur la situation... Elle ne semble lever le nez que quand une affection s'installe au point de présenter les caractères d'une épidémie! Ainsi crie-ton parfois contre la pollution de l'air ou contre la trop forte teneur en sel des plats préparés!

    Mais, la plupart du temps, ce sont quasiment tous nos comportements qui provoquent nos maladies et on ne pourra espérer vraiment évoluer que si notre désir de dominer est bien compris! Prenons par exemple le problème de l'obésité... et bien entendu l'une des raisons qui expliquent ce nouveau "fléau", c'est le sédentarisme! Mais pourquoi les gens ne sortent-ils pas de chez eux, si ce n'est qu'ils considèrent chacune de leur sortie comme une épreuve? Et maintenant énumérons certaines incivilités "liées" au printemps et qui ne nous incitent pas à mettre le nez dehors!

    Il y a la voiture qui pourrait être celle d'un cirque! Tout le monde la connaît, elle n'est qu'une gigantesque enceinte! Tout le temps qu'elle passe, il n'existe que l'univers musical et terrorisant de son conducteur! La vie reprend après, mais les esprits restent traumatisés!

    Dans le même genre, il y a le "scoot" qui est tellement bruyant qu'il nous donne l'impression d'être sur la chaise électrique! Brave jeunesse!

    Il y a le klaxon "rayon de la mort"!

    Il y a le véhicule "iceberg", qui ne voit personne au passage piétons!

    Il y a la "diligence folle": une berline emporte une remorque, qui "rue et rêve" de tuer un cycliste!

    Il y a les "individus de pierre"! Sur un sentier, en pleine cambrousse, un sportif nous croise sans saluer, absorbé par son cauchemar! Ou bien au couchant, venu pourtant immortaliser la beauté, un photographe "autiste" ne regarde même pas un confrère!

    Il y a les sacs poubelles qui s'amoncellent et qui témoignent qu'on a compris le b.a.ba!

    Il y a sur le trottoir les anciennes choses de ceux qui ne veulent que déballer et jouir et qui croient les autres à leur service!

    Il y a le client qui s'arrête sur le seuil du magasin, comme si votre présence à l'intérieur était une anomalie, ou qui vous interrompt, pour demander ce qu'il veut, ainsi que vous auriez été pur éther!

    Il y a la cliente qui manœuvre pour prendre votre tour...

    Il y a ceux qui "font la fête" et qui ont donc tous les droits, même celui de vous empêcher de dormir! Et il y a les voisins lâches, qui tout autant dérangés que vous ne feront rien pour que ça cesse, de sorte que c'est vous qui devrez appeler la police et prendre le rôle du rabat-joie! Mais c'est Vichy qui continue autour!

    La liste serait sans doute interminable et se dresse plus terrible selon la grandeur de la ville, mais comment notre monde pourrait-il être accueillant? Grâce au carnaval et à ses beuveries? Notre égoïsme et lui seul crée un univers dur et qui nous empoisonne! La nature est à bien des égards sans pitié, un animal blessé notamment continuera de souffrir..., mais justement nous les hommes, nous avons la possibilité de faire naître un milieu différent! Nous pouvons connaître et contrôler nos instincts!

    Mais le vernis de la civilisation est si mince! Chaque jour, la plupart dévorent les autres comme des moissonneuses-batteuses, pour les laisser tomber en botte derrière eux! Meurtris, inquiets, nous remplissons les salles d'attente ou nous saturons les "Urgences"! Pour éviter cela et accomplir quelque chose de vraiment utile, je vous propose un "acte de résistance": il ne s'agit pas moins que "d'arrêter le temps"!

    Comme s'y prend-on? Rien de plus simple, à condition d'avoir bien conscience que l'agitation générale est illégitime! C'est le règne de notre immaturité! Certes, il nous faut travailler pour vivre, mais à quel prix? Ceux qui croient leur course inévitable sont des hypocrites! Certes encore, il nous faut être fiers de notre journée, sentir que les choses avancent, mais nullement au détriment des autres, en se félicitant de les avoir vaincus!

    Chaque matin, alors que la société commence à bruire autour, on peut se raffermir dans sa résistance! On peut se rappeler à nouveau combien la violence, la frénésie qui montent, sont produites essentiellement par l'amour-propre et les inquiétudes qui lui sont attachées! C'est le "châtiment", la "condamnation" de ceux qui ne veulent que dominer, qui sont absolument sourds à la vérité ou à la sagesse!

    Bien entendu, les plus faibles sont quasiment entraînés malgré eux par ce tourbillon, mais on s'opposera totalement à ce dernier! Des exercices d'assouplissement simples peuvent y aider... On rejette toute pensée en se concentrant uniquement sur le geste à effectuer... et ainsi on se libère, on se détend.

    On est maintenant ferme contre l'oppression! On a retrouvé toute son intégrité, toute sa place dans notre aventure cosmique! Notre identité touche de nouveau à l'infini, elle a toute son extension, sa réalité!

    Et le temps semble être arrêté effectivement, alors qu'à l'extérieur redouble désormais le vacarme du monde!

    Mais on est inattaquable et ceci est nécessaire, car certains ne manqueront certainement pas de nous haïr, à cause de notre tranquillité! Au lieu d'essayer de nous comprendre et de nous imiter, ils préféreront nous mépriser et nous pulvériser! Ceux-là sont les pires, mais ils ne font que montrer combien ils sont perdus!

    Ces réactions sont néanmoins destinées à nous culpabiliser, puisque nous semblons ne pas prendre part au "devoir national"! Mais très vite, vous allez vous rendre compte que votre paix vous rend exceptionnellement capable de faire le bien! Vous seul pourrez rassurer les plus tristes et même amener un sourire chez les plus hargneux, en vous montrant encore plus cyniques qu'eux, mais sur le ton de la plaisanterie!

    Dès lors, vous saurez que vous avez raison et vous deviendrez une bouée pour certains et une énigme pour d'autres! Votre bonne santé devrait encore s'afficher sur votre visage et parler pour vous!

    Le sagesse est un chemin fleuri dans les ténèbres! C'est un chemin de résistance, qui repousse le marteau de la domination et le poison de l'hypocrisie! Grâce à lui, il est possible à chacun de demeurer serein, malgré les gémissements et les claquements de dents!

De crier

De crier la bouche pleine

Le 11/05/2018

De crier

 

 

 

 

 

 

    Le 8 mai, nous fêtons la fin de la seconde guerre mondiale, dans laquelle la France n'a pas brillé! Par peur, elle a d'abord baissé son pantalon jusqu'aux chevilles (le gouvernement anglais aussi): inertie face à l'occupation de la Rhénanie et à l'Anschluss, abandon de la Tchécoslovaquie et soutien frileux à la Pologne!

    Avoir peur est bien compréhensible, mais l'une des grandes leçons de 40, c'est qu'il ne sert à rien de reculer devant les voyous... Au contraire, ils prennent de l'assurance et tôt ou tard il faudra les affronter! Les pays ne réagissent pas mieux que les individus quand ils sont menacés et c'est toujours le courage qui est en question...

    Pendant des années, avant la guerre, la classe politique s'est déchaînée: c'était à qui parlerait le mieux d'honneur, de justice, d'égalité, etc., mais le véritable ennemi se présentant, la République s'est "dégonflée", comme un soufflet au fromage! Il n'est plus resté au fond du plat que le désir de se protéger, derrière un vieillard, avec hypocrisie pour ne pas avoir trop honte!

    Les moutons se sont pressés autour du berger, par peur du loup! Aujourd'hui, la France peut être fier du général de Gaulle, qui symbolise la résistance, mais l'appel du 18 juin a été lancé dans la plus parfaite indifférence! Les Français qui ont rejoint le général (ou la dissidence) peuvent se compter sur les doigts d'une main; de Gaulle lui-même sera condamné à mort par Vichy!

    A Londres, il était quasiment tout seul et il a dû bien en souffrir! Pendant ce temps-là, la Marine française se sabordait à Toulon et produisait un incroyable gâchis, parce qu'elle se sentait le devoir d'obéir au gouvernement, même si celui-ci était lâche et reluquait de plus en plus l'idéal nazi! La discipline ne saurait expliquer complètement un tel aveuglement!

    Mais les hommes se trompent volontiers sur eux-mêmes! Pétain disait qu'il ne voulait pas abandonner les Français, qu'il jouait pour eux le rôle de paratonnerre auprès des Allemands! Il avait déjà oublié comment l'avait séduit de pouvoir être enfin en pleine lumière, lui qui avait vécu dans l'ombre de Joffre! En traitant avec les Allemands, il devenait l'homme le plus important du pays!

    Et les marins ont eu peur de la révolte, parce qu'elle est toujours plus dérangeante! Ils ont préféré regagner leurs pénates, sous le couvert de l'obéissance! Eux aussi ont rejoint la bergerie! Ils y mettaient leur honneur, comme si avoir du caractère avait été le pire des crimes! Car c'est bien le caractère, le courage et donc le choix qui font la valeur de nos vies; même si les commémorations du 8 mai auront, comme d'habitude, tendance à faire croire, que nous avons tous été à la "hauteur", des résistants!

    Notre conduite pendant la guerre devrait nous être pleine d'enseignements, mais au fond il n'en est rien! Nous sommes toujours aussi aveugles et hypocrites, et les "général de Gaulle" sont toujours aussi seuls et ignorés! Et ce sont toujours les mêmes qui crient et qui occupent le devant de la scène, les mêmes qui disparaîtront quand le loup remontrera ses dents! Il n'y a pratiquement aucune évolution et c'est ce que je m'en vais prouver!

    Mais d'abord ceci: en France, nous avons tout! Il y en a bien qui ont faim et qui n'ont pas de toit, mais ils sont justement l'exception qui confirme la règle! Nous avons tout! Et si nous avons la sensation qu'il nous manque quelque chose, ce n'est certainement pas du nécessaire!

    Pour ma part, j'ai toujours vécu avec moins de mille euros par mois et même avec le temps j'ai constaté que j'en avais toujours trop! J'achète des choses qui certes me font plaisir, mais qui ne me sont pas indispensables! Je vis dans le luxe, pour ainsi dire, et c'est aussi le cas de presque tout le monde! Mais comment suis-je arrivé à me contenter de si peu, ce qui me permet d'être lucide?

    Toutes nos inquiétudes et nos agacements viennent de notre amour-propre et ceux qui manifestent le font parce qu'ils se sentent "grugés", dévalorisés; non parce qu'on leur "enlève le pain de la bouche"! C'est notre volonté de puissance, notre désir de dominer qui crée chez nous le besoin et donc aussi l'insatisfaction! Voilà pourquoi nous sommes mécontents, nous nous sentons frustrés!

    Celui qui est en paix avec lui-même, qui ne veut plus dépasser les autres, celui-là ne comprend plus pourquoi on en voudrait toujours davantage et il en bien assez! Au-delà du nécessaire, c'est la parade qui commence... et là évidemment, il n'y a pas de limites: pour épater, rien n'est trop beau!

    Si l'emploi est directement menacé, s'il y a vraiment un risque de se retrouver sans moyens de subsistance, alors oui il faut se défendre et combattre! Mais combien de fois cela est-il le cas? Il y a des syndicats qui appellent à manifester, parce qu'il faut qu'ils montrent qu'ils sont encore présents... ou parce qu'ils ressentent une sorte de malaise... Leurs raisons sont indéfinissables, quand on discute avec eux... et pour cause! Est-il en effet possible de satisfaire son égoïsme? Nous avons vu qu'il ne guérissait pas nos inquiétudes, et donc la réponse est claire!

    Mais au lieu de regarder en soi, de se demander au plus profond qu'est-ce que l'on veut, qu'est ce qui nous rendrait heureux; ce qui demande du temps, de la patience et de la retenue; il est évidemment plus facile de croire qu'un tiers est responsable de nos maux; ce qui est sans fin, puisque la racine du mal est aussi en nous! Mais même quand l'ennemi est bien là et bien redoutable et bien réel, on ne se mobilise pas forcément... Au contraire, notre révolte, qui ne venait que d'un confort irritable à cause de notre avidité, se change soudain en terreur et en compromis! Le courage et la satiété, c'est comme l'électricité avec l'eau!

    Nous préférons donc nous rappeler mai 68 plutôt que l'armistice de 40, car évoquer le "printemps de la liberté", c'est encore nous "caresser dans le sens du poil", c'est encore un moyen de nous "choyer", de nous voir sous un jour qui nous convient, puisqu'il redonne de l'importance à nos plaisirs: pauvres victimes que nous sommes de tous les interdits! L'Eglise et la morale ne nous ont-ils pas assez accablés? Tout était possible! Nous allions pouvoir courir nus dans les champs! Mais, snif, le monde réel a de nouveau mis sur nous sa main de fer... et nos rêves de nouveau s'en sont allés... Quelle complaisance absurde et de "gosses de riches"!

    J'ai lu ici et là: "Mai 68, c'est là que tout a commencé..." Ah bon? L'histoire de l'homme, qui n'est que la conquête de sa liberté, ce qui correspond au développement de sa conscience, a commencé en mai 68? La révolution française ou le Front populaire, (pour ne citer qu'eux et la liste est vertigineuse!), n'étaient-ils pas des coups de boutoirs? On est confondu par tant de bêtises, mais peut-être que pour beaucoup le monde n'existait pas avant la société de consommation! En tout cas, cela montre qu'on n'a aucune vision large, ni profonde, de ce que nous sommes, du sens que nous suivons!

    N'est-il pas préférable de penser que nous apprenons plus de nous-mêmes dans nos échecs que dans nos succès? Lindbergh, qui est un personnage controversé, notamment parce qu'il était polygame, méprisait en secret la France et l'Angleterre, au point de créer aux Etats-Unis le mouvement isolationniste: America first. Mais pour bien comprendre le pilote vainqueur de l'Atlantique, il faut se reporter à l'éducation de ses fils... Il leur apprend volontiers à nager, mais en surveillant de très près leur psychologie... Le cadet, encore maladroit, plonge sans avertissement d'un petit phare, pour rejoindre la côte, et Lindbergh le laisse faire, car, dit-il, son fils a pris une décision, il s'est "engagé" et il doit donc assumer jusqu'au bout son choix, sans compter sur l'assistance de son père (quoique celui-ci se tienne tout même prêt à intervenir...)!

    Cette façon de penser explique les sentiments de Lindbergh à notre endroit: nous nous "lançons" dans la guerre en quarante, alors que nous ne sommes pas en mesure, au fond, de la gagner (comme en 14!); alors que tôt ou tard nous appellerons au secours les Etats-Unis (ce que fera le gouvernement français, avant de signer l'armistice!) et que pire nous nous montrerons, en cas de victoire, aussi impitoyables que nous l'avons été au Traité de Versailles! La sympathie de Lindbergh va plutôt aux Allemands, car au moins ils sont "logiques" avec eux-mêmes; ils sont indépendants et forts!

    Les principes stricts de Lindbergh font non seulement sa droiture, mais aussi ses limites... Il ne voit pas que même faibles la France et l'Angleterre luttent pour la liberté et la démocratie, tout comme Roosevelt, avec lequel le pilote sera en conflit... Mais si j'évoque son avis, c'est pour montrer combien la lutte est présente dans notre quotidien et comment elle peut être viscérale, importante, loin des égoïsmes de surface, qui n'en ont jamais assez!

    En 40, il nous manquait un véritable chef, capable de prendre fermement des décisions! Il y avait le général de Gaulle, mais au moment des faits, il est sans pouvoir, et il doit s'exiler! Les autres, ceux qui auraient pu et dû nous sauver, vont se "partager le gâteau" (même si bien entendu nul n'est tout noir, ni tout blanc!)

    Aujourd'hui, nous avons un véritable leader, c'est Macron. Oh! bien sûr, il va se tromper et il a parfois des propos si vifs qu'il provoque des haines terribles et qu'il dit des choses qui ne sont pas justes! Mais il est jeune et il a un idéal et il devrait essayer de l'atteindre sans faillir! (Puissé-je ne pas regretter ces paroles...)

    Cependant, il a en face de lui cette France quasi éternelle et qui n'est capable que d'un seul exploit: celui de crier la bouche pleine (ce qui est tout de même déconseillé aux enfants...)! Cette France-là est usante, ingrate et elle demandera à Macron une patience à toute épreuve!

    Pour ma part et aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours été devant un monde que je ne comprenais pas, dont j'ignorais les règles, et il n'y a pas d'explications à cela. Certes, j'ai mon orgueil et mon égoïsme, mais je n'ai jamais voulu supplanter qui que ce soit et on a pris ma douceur pour de la faiblesse! On m'a piétiné durement et même avec une sorte de hargne, de sorte que je fus fragilisé et prêt à me détruire, ce que je fis jusqu'à mes quarante ans et j'en subis encore les conséquences! 

    Il m'a fallu attendre la cinquantaine pour que les choses se décantent pleinement, au point que j'ai à présent une idée claire sur le comportement des gens, ce qui me permet de m'apaiser en prenant conscience de ma valeur. Aujourd'hui, je ne cesse de voir comme ma pensée est étendue et juste et même originale et je ne doute pas qu'un jour elle finisse par se faire connaître et être diffusée; car elle est simple et vraie, comme son auteur! En tout cas, il est pour moi certain qu'elle pourrait en aider beaucoup...

    Pourtant, mon isolement est tel que régulièrement je me demande si je ne suis pas carrément dérangé ou si je ne devrais pas plutôt planter des choux! Mais le plus souvent ma question est celle-ci: comment est-ce possible qu'il y ait si peu de gens pour se secouer et aller vers le bien?

    La situation de la France en quarante nous renseigne à ce sujet... Comment toute une nation peut-elle accepter la défaite? Comment peut-elle toute entière se ranger derrière l'armistice, qui la fait collaborer avec son ennemi? Sur qui compte-t-elle pour se sauver et être libérée, pour reprendre une question de Lindbergh? Et comment expliquer que de Gaulle soit, dans sa solitude, si lucide et si déterminé (comme si les autres étaient fous en somme!)?

    Quand je considère cette période, je me dis que moi aussi je suis en dissidence, que moi aussi je suis un résistant! A côté, il me semble que Vichy continue, mais sur une autre musique!

    En mai 68, la jeunesse a envie de tourner la page; elle ne veut plus du "vieux général", et c'est naturel: notre évolution continue! Mais le "loup" est toujours là et il faut savoir le regarder en face! La violence, qui n'est rien d'autre que le triomphe de l'égoïsme, la suprématie de la bête, pointe son nez tous les jours!

    Cependant, terminons tout de même par une bonne nouvelle: dans un communiqué, la Marine française affirme avoir tranché! Après plus d'un demi-siècle de réflexions, elle convient que le véritable ennemi, lors de la deuxième guerre mondiale, était bien l'Allemagne et non l'Angleterre!

    Voilà une nouvelle qui ravira les fans de la Marine et les autres, tant il est vrai qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire! Et nul doute que les marins n'hésiteront plus désormais à jouer au foot (jeu anglais!), puisqu'ils savent dans quel but tirer! Hip! Hip! Hourra!

   

Des trous noirs

Des "Trous noirs"

Le 04/05/2018

Des trous noirs

 

 

 

 

 

 

    La meute a donné la tribu et la tribu la société! Cela semble un raccourci, mais la logique est toujours la même! Quelle est-elle? La meute permet aux individus de mieux chasser et donc d'avoir plus de chances de survivre; à condition qu'ils se soumettent à une hiérarchie, qui assure leur cohésion! C'est le plus fort qui va commander la meute et son autorité sera indiscutable, tant qu'il vaincra ses opposants!

    Chez les hommes, la situation est éminemment plus complexe... Nos sociétés sont si grandes et si organisées, qu'on peut perdre de vue l'origine et le but de notre comportement! Il n'en demeure pas moins que nous cherchons tous d'instinct à dominer et ceci est aussi valable pour les femmes, car même la logique de la meute est produite par une individualisation, due à la complexification des organismes et de la matière! Ce retour vers la nuit étoilée sera important pour ce qui suit...

    Mais l'individu dans la rue n' a le plus souvent que conscience de sa satisfaction personnelle et soit il se sent supérieur à celui qu'il rencontre et il a du plaisir; soit il voit le contraire et il s'en irrite! Bien entendu, aujourd'hui, ce n'est plus la seule force physique qui est en jeu; quoiqu'elle continue de compter...; mais tous les signes extérieurs de richesse et du pouvoir ont une influence! Et "tous les coups sont permis", si je puis dire, du moment qu'ils ne sont pas interdits par la loi!

    Cependant, nous ne sommes pas des animaux; notre conscience nous empêche de connaître leur "félicité"; nous sommes appelés vers un autre destin, dans lequel notre esprit aura toute sa place! Mais nous allons voir que certains et certaines semblent "avoir à cœur" de freiner notre évolution: ce sont les personnalités "trous noirs", dont nous allons montrer le comportement néfaste et nous verrons que leur qualificatif n'est pas seulement poétique!

    Cependant, la civilisation a inventé la république et celui qui peut s'y sentir comme le chef suprême, le Président, ne peut pas pourtant disposer d'un pouvoir absolu! On a cherché à éviter cela, en donnant aux principaux organes de la nation des responsabilités différentes. C'est le partage du pouvoir, qui doit être bien "dosé"! Par exemple, la Troisième république, de 1875 à 1940, est mal équilibrée... Le Président n'y est pas fort, puisqu'il n'est pas élu au suffrage universel, et il a seulement un rôle "d'arbitre". L'Assemblée, par contre, règne en maître et nomme les gouvernements, ce qui fait qu'ils se succèdent à un rythme incroyable et que le pays est pratiquement ingouvernable. Il est dans les bonnes conditions pour que la dictature de Hitler s'en empare!

    Toutefois, ce sont bien les politiciens qui peuvent avoir le plus le sentiment que le pouvoir, le commandement est "à portée de mains"; la logique "de la meute" est pour eux une réalité!

    Aujourd'hui encore, d'autres, de nouveaux venus, sont susceptibles d'éprouver cette impression, et en tout cas ils la revendiquent même! Ce sont de grands groupes financiers et il est vrai que quand on achète la dette d'un pays, on peut penser qu'on en est quasiment le maître... Mais l'argent, même si l'économie est telle une "tectonique des plaques", ne sera jamais qu'un instrument sans la politique! Et chaque tentative, pour gouverner un état comme une entreprise, s'est révélée jusqu'ici odieuse et inadéquate!

    Mais l'homme de la rue, lui, ne perçoit plus la logique primordiale du groupe... Il peut certes contribuer au choix de celui qu'il croit le plus fort et le plus capable par son bulletin de vote, mais c'est une opération si feutrée, si éloignée de la confrontation physique, qu'il est impossible que la nature la plus profonde de chacun y soit réveillée! C'est d'ailleurs présenté comme un devoir de citoyens, hautement moral, mais alors que devient notre instinct et donc notre désir de dominer?

    Ma foi, la société nous offre tout un tas de choses pour nous affirmer: voitures, maisons, parures et j'en passe! C'est bien entendu notre argent qui nous situe et qui fait évaluer notre réussite ou notre échec! Notre apparence, notre univers révèlent notre force, notre degré de pouvoir, qui lui-même dépend de notre fonction, de notre métier, et il est inutile dire que plus le poste que nous occupons est important et plus nous sommes satisfaits et rassurés!

    Mais est-ce bien la réalité?

    Hitler, qui s'y "connaissait" en pouvoir, voyait le monde comme les animaux! Il disait que celui-ci appartenait au plus fort et que le plus faible devait disparaître! Et effectivement, à un moment donné, l'homme à la moustache tenait toute l'Europe et même quasiment toute la planète dans sa main de fer! Il aurait dû donc être aussi à l'aise qu'un fauve, quand l'estomac repu celui-ci commence sa sieste! Au contraire, l'état nerveux du dictateur allemand n'a pas cessé de se dégrader (il dormait jusqu'à midi et ne se maintenait que grâce à de petites pilules...), de sorte qu'il a provoqué sa propre destruction et celle de son pays.

    Le pouvoir ne rendrait-il pas heureux? Ne serait-il qu'une fuite en avant? Nous le saurons après cette courte page de publicités...

    "Tu as entre douze et seize ans, et tu n'as encore jamais tué personne? Vite appelle le 3615 code Terro et dis: "Je n'ai jamais tué personne!" Tu recevras peut-être la nouvelle magnifique panoplie du parfait terroriste! Tout y est! Du grand couteau à la ceinture d'explosifs, certifiée Ecocert, en passant par la cagoule, avec trois couleurs aux choix! N'attends plus, 3615 code Terro, ça va faire boum!

    Avant mon mari était comme ça... Je voulais le changer... Puis j'ai entendu parler de Clinical... Ils ont vraiment été à mon écoute, ils m'ont facilité les choses comme jamais je n'aurais osé l'espérer... Et puis un jour ils sont venus chercher Georges et l'ont remplacé par Jacques... Et depuis c'est le soleil dans la maison, je chante du matin au soir! Merci, Clinical!

    Des problèmes avec la poussière? Non? Vraiment? Avec le nouvel aspirateur Actra, vous ne verrez jamais plus la poussière! Oui! Vous avez bien entendu! Jamais plus! Grâce à son nouveau moteur à rétroturbines, l'aspirateur Actra se saisit de la poussière avant qu'elle ne se dépose et la fait disparaître définitivement! Vous ne la verrez jamais plus! La vie est simple, avec Actra!"

    Hum! retrouvons notre propos... Le cas de Hitler est plein d'enseignements, car il est sans bornes... L'expérience y est vécue jusqu'à son stade ultime et elle permet de dégager une loi... La conscience conduit l'homme à s'affranchir en partie de son instinct et le fait entrer dans l'inconnu! Il est donc en proie à des inquiétudes, que les animaux ignorent, en répétant chaque jour les mêmes comportements! Ces inquiétudes minent l'homme, qui est d'abord tenté d'y répondre, par la domination: l'apaisement vient avec la victoire, la défaite des autres ou leur soumission; le succès garantit notre valeur!

    Mais Hitler obéit à une sorte de frénésie; il multiplie les ennemis et les conflits (comme l'EI aujourd'hui!), au détriment de toute stratégie, même la plus élémentaire, ce qui signifie que sa lucidité, sa raison fond comme "neige au soleil" et ici apparaît la loi! La domination est incapable de nous guérir de nos inquiétudes et ne peut que nous conduire à la tyrannie! Hitler est en fait poursuivi par son angoisse!

    Mais cette loi, nous pouvons la vérifier chaque jour, dans notre quotidien, car nous avons bien d'étranges façons! Pour ma part, je suis toujours surpris quand je croise un homme qui semble posséder tous les signes de la réussite... On sent qu'il a de l'argent et qu'il est habitué à commander et pourtant il guette mon impression! Qu'a-t-il besoin de mon avis? Ne peut-il pas tout seul être satisfait de lui, savoir ce qu'il vaut?

    Ah! Mais il doit être partout le centre d'intérêt, sinon il est perdu; l'angoisse, qui le taraude déjà, le rejoint et provoque même sa haine, son dépit! Pourquoi? Ce n'est pas moi qui le blesse par mon indifférence; c'est lui qui se blesse tout seul, en me sollicitant! S'il savait être indépendant, il ne courrait aucun risque de déception! Il est curieux de voir que les gens qui ont apparemment le plus de responsabilités dans la société sont sans réel équilibre, car dès qu'ils ne dominent plus, ils sont comme des enfants dans la nuit!

    Mais il y a pire, car l'exemple précédent montre une certaine fragilité... Or, il y a aussi les individus qui font marcher le monde devant eux à la baguette! Les autres doivent s'écarter et même disparaître, quand ils arrivent! Leur cerveau paraît absolument hermétique, comme s'ils étaient des robots! A part leurs besoins, ils ne connaissent rien! Ils sont pourtant à cran..., car eux aussi avancent comme des bulldozers, pour ne pas voir la vie telle qu'elle est! Ils pourraient se relâcher, s'asseoir, sourire, ouvrir un œil, se montrer curieux... Mais non, un décret de l'orgueil le leur interdit! Et ils continuent de ruminer et de presser, capitaines de leur cauchemar!

    Mais ce n'est pas le plus agressif! Certains et certaines, qui vous sont absolument inconnus, tiennent expressément à vous montrer quel dégoût et quelle haine vous leur inspirez! Comment? Vous existez et vous ne vous occupez pas d'eux? Vous n'êtes pas leurs esclaves? Qu'est-ce que c'est que cette histoire? Vous ne savez pas qu'ils sont le roi ou la reine? Mais d'où sortez-vous? Et vous osez respirer? C'est un comble!

    Leur visage menaçant et grimaçant ne dit qu'une seule chose: " Ou bien tu te soumets, ou bien tu seras détruit!" Cela ne vous rappelle-t-il rien? N'est-ce pas là l'ultimatum coutumier de Hitler? "Ou bien vous devenez une province allemande, ou bien vous serez rayés de la carte!" C'est la même voie sans issue!

    Pareillement, le dictateur harcelait son monde et parfois lui aussi cherchait à savoir quelle impression il produisait, notamment auprès des Anglais! Tout ce qui fait son caractère se retrouve chez les personnages que je viens de décrire et qui sont loin de faire l'exception! Cela tend même à être le contraire!

    Mais voici pourquoi maintenant je les appelle des "Trous noirs"...

    Représentez-vous ceci: la complexification progressive de la matière, qui forme l'histoire de l'Univers, a entraîné la complexification des organismes et donc leur individualisation. Celle-ci, poussée par la sélection naturelle et le besoin de dominer, s'est développée à un stade ultime qui est celui de la conscience; comme un bouton se dresse en haut d'un tige, avant de s'ouvrir en fleur!

    La conscience, comme l'Univers, continue de grandir; mais de même que le trou noir arrête la progression du dernier, les personnalités "Trous noirs" stoppent celle de la première! Le trou noir de l'espace engloutit et détruit toute matière, même la lumière (d'où son nom), et les personnalités "Trous noirs", en nous posant leur ultimatum (soit c'est eux, soit rien), empêchent la conscience de s'étendre et de prendre toute sa dimension (que personne ne connaît et qui reste à découvrir!).

    On peut dire que l'esprit subit, avec les personnalités "Trous noirs", le même sort que la lumière dans les trous noirs!

    Bien sûr, je me rends compte à quel point ma vision peut paraître détestablement anthropocentrique aux yeux d'un scientifique, mais, outre que je ne suis qu'un "pauvre pêcheur de Chypre", je ne fais que traduire une expérience; je n'invente rien, je m'efforce juste de donner de la cohérence, un sens, à toutes les données que je recueille!

    Mais que nous ne puissions vivre comme des animaux, qu'il nous faille aller vers l'esprit ou la sagesse et que les individus qui s'acharnent à vivre le contraire nous fassent mal, cela est une certitude!

    Mais reprenons l'exemple de Hitler... Il comprend que s'il prend le pouvoir par la force, celui-ci ne sera jamais vraiment légitime... Il entreprend donc de l'obtenir démocratiquement. D'abord son parti nazi se développe et compte à un moment donné près de six millions d'électeurs... C'est un phénomène habituel quand la situation est mauvaise (le traité de Versailles et la crise de 29 font souffrir le pays...) Les parties extrêmes séduisent les égoïsmes, en désignant des coupables!

    Mais c'est bientôt l'armée qui "tombe sous le charme", car Hitler lui fait miroiter une place que la nouvelle république semble avoir amputée... Puis, ce sont les ministres qui traitent avec le futur Führer, non seulement pour avoir la majorité au Reichstag, mais aussi pour faire chuter les rivaux. Ainsi, Hitler finit par être nommé chancelier, avant de devenir le dictateur que l'on connaît, après la mort de Hindenburg.

    Un seul Trou noir, par sa virulence, en met des milliers d'autres en action, pour en former un colossal, qui va menacer l'humanité d'être engloutie dans la nuit de la barbarie! C'est un scénario qui a été imaginé à une époque par certains physiciens au sujet de l'univers... C'est le Big Crunch! L'univers cesse son expansion et la gravitation le fait s'effondrer sur lui-même, en créant probablement un gigantesque trou noir!

    Depuis, nous savons que l'univers, loin de ralentir son développement, comme il a été logique de le penser, l'accélère au contraire! Vers quelle destinée? Nul ne le sait! Mais on peut penser que la conscience suivra aussi le mouvement..., qu'elle ne sera pas détruite par tous ses petits Trous noirs, et qu'elle ne cessera d'enchanter tous ceux qui la favorisent! 

De la politique

De la politique

Le 27/04/2018

De la politique

 

 

 

 

    Comme chaque année au printemps, la société est "secouée" par divers mouvements sociaux. Les universités notamment connaissent leurs traditionnels blocages et a priori c'est la sève qui remonte et qui pousse à agir, surtout chez les jeunes! Mais nous allons voir que, quelles soient les revendications des uns et des autres, chaque groupe obéit à la même logique, qui contient le même risque, ce qui fait que ces actions n'apportent jamais une solution durable, ni même vraiment bénéfique!

    Mais pour avoir une vision souple et constructive des choses, il faut revenir aux origines, aux "âges farouches"! L'homme, rappelons-le, n'est pas par nature parmi les prédateurs les plus dangereux et seul il n'aurait pu et ne peut survivre! Les premières tribus devaient donc avoir un fonctionnement très proche de celui de la meute! Au sommet, il y avait l'individu le plus fort, qui commandait les autres et on lui obéissait d'autant plus aveuglément qu'on était faible! C'est une loi qui a permis la vie en commun et il n'est donc pas étonnant qu'en chacun se retrouve l'instinct de dominer!

    D'ailleurs, nos sociétés modernes, nos républiques gardent cette armature primordiale! Chaque pays a son président (son chef!), un gouvernement et une population qui est libre autant que ses devoirs le lui permettent! Naguère, en cas d'agression, c'était la mobilisation générale! Les hommes rejoignaient l'armée pour défendre le territoire! Aujourd'hui, la mondialisation est telle qu'un conflit étendu paraît impossible, mais il n'en demeure pas moins que le règne animal continue de nous influencer!  

    Bien entendu, il y eut et il y a encore des révolutions, mais leur effet est trompeur! Dans le cas de la monarchie, par exemple, les nobles font croire que le pouvoir ne peut se transmettre que par la descendance et ils privent ainsi les dominés de toutes possibilités de devenir dominants! C'est contraire à la nature et c'est une injustice aux yeux de ceux qui voient leur développement personnel étouffé! La faim ou la misère mettent le feu aux poudres! Mais c'est encore l'arrivée de nouveaux dominants! Et c'est pourquoi organiser froidement une révolution est une illusion, et même une aberration!

    D'autre part, chaque changement brutal de régime est suivi par une dictature: le pays est repris par une main de fer! La peur du désordre ou de l'anarchie a été telle qu'on permet cela! Tous les rêves de liberté semblent morts! Mais la nation a besoin de retrouver sa hiérarchie originelle, il en va de sa survie! Ce n'est que peu à peu et souvent très difficilement que les progrès, provoqués par le bouleversement, s'installent, font leur chemin! Après 1789, en France, les républiques alternent avec les empires et restent menacées par la monarchie quasiment jusqu'en 1940!

    Mais la république et a fortiori la démocratie sont les régimes qui nous conviennent le mieux. Puisque nous voulons dominer, cela implique que nous puissions nous développer et nous exprimer. La liberté nous est donc indispensable! Et tout régime qui tend à la supprimer est condamné à disparaître tôt ou tard, car il est impossible de vaincre la nature! Ainsi l'Allemagne nazie s'écroule, puisqu'elle n'est plus guidée que par la folie d'un seul! Ainsi l'URSS se désagrège, rouillée par la corruption, qui est inévitable quand on ne peut grandir selon ses vœux! Ainsi encore l'Etat islamique finira par rejoindre les oubliettes..., mais ce qui est à même de nous scandaliser, de nous désespérer, ce sont que ces "détours, ces expériences" de notre évolution puissent coûter des millions de morts!

    La démocratie ne fait que continuer l'individualisation de la vie, mais, on s'en doute, elle est également ce qui est le plus difficile à gouverner! Tous les intérêts s'y retrouvent et donc tous les mécontentements! La France a la réputation d'être un pays irréformable ou toujours en grève, mais c'est plutôt le signe de sa bonne santé démocratique! Nulle part comme en France, même dans les pays qui lui ressemblent, tels les USA, l'Angleterre ou l'Allemagne, il ne souffle un pareil esprit de liberté! C'est sans doute une force, mais c'est aussi une faiblesse...

    En 1914, la jeune république est encore assez aimée, pour que l'union contre l'agresseur se réalise et que le territoire soit défendu! Les dominants se sentent toujours forts et sont prêts à effectuer leur devoir... et les dominés sont pleins d'espérance, ce qui les rend disciplinés! Mais à peine plus de vingt ans plus tard, en 1940, les égoïsmes sont exacerbés! Les dominants (la droite en somme) se voient comme des victimes dépouillées au coin d'un bois... et les dominés (la gauche) trouvent qu'"on est loin du compte"! Aucun des deux "camps" ne veut se sacrifier pour l'autre et les Allemands pénètrent dans le pays comme dans du beurre, avec la catastrophe que l'on connaît!

    Cette débâcle, cet échec est resté gravé dans nos esprits et nous en portons le poids, mais nullement les Français d'origine étrangère! Ils n'ont pas nos peurs ou nos névroses et ils nous apportent un sang neuf, de sorte que notamment nous avons pu gagner le Mondial de 98! L'émigration n'est donc pas seulement une menace d'envahissement, mais c'est aussi une richesse! Il reste qu'il nous faut vaincre la répulsion instinctive que produit toute différence et pour l'instant, ce sont essentiellement deux cultures, celle de l'histoire occidentale et celle inspirée par la religion musulmane, qui se regardent comme deux chiens de faïence!

    Une osmose a pourtant été produite par l'assassinat de la rédaction de Charlie hebdo! Cet attentat a suscité une réaction beaucoup plus vive que ceux qui lui ont succédé, bien qu'ils fussent beaucoup plus meurtriers... C'est que le message des terroristes n'était pas le même! Que des gens nous haïssent et veuillent nous détruire ne nous choquent pas... Par contre, qu'on nous dise comment penser, alors oui, cela nous hérisse et nous fait hurler! Grâce à la démocratie, nous avons appris que la liberté est absolument nécessaire pour nous épanouir! Et nous sentons maintenant combien il serait intolérable d'être esclaves et que ce serait le plus funeste gâchis!

    Mais, comme je l'ai dit au début, vouloir dominer comporte un risque! S'imposer, quelle que soit la bannière que l'on tient, c'est toujours aussi satisfaire son égoïsme; c'est prendre conscience de sa valeur aux dépens des autres! C'est se donner un équilibre, une raison de vivre qui repose sur l'obéissance ou l'admiration que l'on obtient autour de soi! Et cela ne peut que conduire à la tyrannie, car pour lutter contre l'angoisse et de nouveau sentir sa jouissance, il faut encore dominer et vaincre! Il faut incessamment soit un public, soit des victimes! Et dans ces conditions, il est impossible d'être un ouvrier de paix! Tôt ou tard, tous ceux qui nous sont contraires doivent plier ou subir notre haine; alors qu'on s'était fait le champion de la justice et de l'équité sociale!

    Certes, il faut se défendre et croire en ses idées, mais si on regarde les mouvements d'opposition, leurs réactions, si on écoute leurs propos, on ne peut qu'être frappé par leur virulence, leur hargne! Qu'est-ce qui peut expliquer cette agressivité, cette intolérance? L'urgence de la situation? La gravité du combat? Mais il n'y a tout de même pas le feu au lac et il est tout à fait exceptionnel d'être plus intéressé par les autres que par soi-même... Non, ce qui produit autant de violence, autant de haine, c'est bien entendu les sentiments de frustrations, ce sont les blessures de l'amour-propre; c'est l'égoïsme souffrant qui pense qu'il n'a pas "sa part"!

    Chez les jeunes, les revendications sont forcément confuses... A cet âge, on est un mélange de passions et de craintes... Ce qu'on veut au fond, on ne le sait pas, quoiqu'on puisse affirmer le contraire! Mais il faut beaucoup de temps pour que "l'être à vif" s'apaise et fasse preuve de discernement! D'ailleurs, bien souvent, il suffit d'un peu d'écoute et de respect, pour que le dialogue s'engage et que le calme revienne! Il n'est pas difficile de rendre dociles ceux qui manquent d'affection, car ils sont généralement de bonne volonté! Leur colère vient de ce qu'ils ont été trop négligés!

    Mais la plupart des adultes ne se contentent plus de caresses... Leur cœur est sec, leur égoïsme est une machine bien huilée! S'il est des mécontentements provoqués par le désespoir, en politique, l'opposition est un métier, c'est une attitude journalière et on peut se demander dans ce cas jusqu'à quel point la critique n'est-elle pas un prétexte? Elle n'est plus alors constructrice, mais elle ne sert qu'à déchirer, qu'à détruire, pour qu'on supplante l'autre, qu'on gagne le pouvoir! Le bien du pays est oublié, car seul le triomphe compte!

    La leçon de 40 n'a pas porté ses fruits! De nos jours encore, on peut repérer les phrases assassines, sournoises et pleines d'hypocrisie! Un tel va se servir des pauvres, pour accuser le président d'être celui des riches! Un autre parlera de la paix menacée, comme on craignait d'irriter Hitler! Derrière ces voix, c'est l'orgueil qui gronde! C'est l'immaturité qui éclate et le risque, c'est la dissension, la paralysie, la république fragilisée! Et une critique haineuse ne résout rien, elle ne fait que rejeter!

    Pour grandir, il est nécessaire de reconnaître ses plaisirs, son goût du pouvoir! C'est un éveil! Dans le cas contraire, on trompe soi-même et les autres, et on continue la vie des animaux: on est prêt à n'importe quoi pour assurer sa place! Pour éviter cela, pour faire un pas de plus vers la conscience et notre destinée d'être humain, voilà le programme que je vous propose...

    Un: faire comprendre que nous voulons tous instinctivement dominer! C'est ce que nous appelons naïvement réussir!

    Deux: expliquer pourquoi dominer ne peut que conduire à la tyrannie! Je pense avoir déjà été clair sur ce point...

    Trois: cherchons à notre équilibre et donc à notre bonheur une autre raison que celle de dominer! C'est la découverte des lois de la sagesse... et du monde de la beauté!

    Hum! On pourrait m'objecter: "C'est bien joli tout ça! C'est très philosophique! Mais ce qui intéresse d'abord les gens, c'est manger, c'est que l'économie fonctionne! Voyez, c'est des petites choses pratiques comme ça, qui sont importantes! Hein?"

    Mais mon programme n'est rien moins qu'idéal; il a au contraire une influence radicale sur notre quotidien! Par exemple, moins vous voudrez dominer et moins nombreux seront vos besoins et plus vous serez serein! La plupart des inquiétudes des autres ne vous affecteront plus, et c'est bien cela que l'on veut, non? Etre en paix!

    Mais aussi simple et logique que paraît mon programme, je doute qu'il connaisse beaucoup de succès! Ce qui séduit, ce qui entraîne, emporte; mobilise, pousse à l'action, mais c'est d'abord la facilité! C'est ce qui réjouit l'égoïsme et ne le contraint nullement! C'est désigner une cible et se persuader que tant qu'elle sera debout, elle fera obstacle à notre bonheur!

    Pour l'extrême droite, la cible, c'est l'Europe ou les étrangers! Pour l'extrême gauche, ce sont les capitalistes et les profiteurs! On croira tout plutôt que de travailler sur soi!

    Mais, maintenant, pour nous détendre, voici quelques actualités...

   Le premier, Annabelle Foin montre qu'elle a deux boutons: l'un sur la cuisse gauche et l'autre, plus gênant, sur le front!

    Le deux, Picron fait un discours au salon de la robotique. "Le robot est l'avenir, mais il faut être deux pour le construire!", déclare Picron.

    Le trois, Koramchar revient sur le suicide de sa grand-mère: "Elle ne me méritait pas!" explique-t-il.

    Le quatre, Placardo inquiète le mercato.

    Le cinq, quatre raisons de se méfier de la maladie de Cole: elle donne froid en hiver, quand on ouvre la fenêtre; elle fait bâiller si on sent de la fatigue; elle donne faim à midi et elle rend curieux lors d'une explosion!

    Le six, André Moute critique sévèrement ONBP!

    Le sept, Sophie Boucan annonce qu'elle n'a jamais eu de règles! (Dans son cartable, s'entend!)

    Le huit, un ours blanc à Ouessant!

    Le neuf, les Aztèques auraient construit leurs pyramides aux mauvais endroits!

    Le dix, l'EI écoute le vent!

    Le onze, Annabelle Foin traite Sophie Boucan de pouf sans talent!

    Le douze, Placardo est en fuite!

    Le treize, paludisme en Savoie! Etc.

Quel monde

Quel monde!

Le 19/04/2018

Quel monde

 

 

 

 

 

    A qui appartient le monde? Il faut bien le dire, aux tyrans! Le monde est fait pour eux et ils s'y sentent comme des poissons dans l'eau! Mais attention, quand je dis le monde, ce n'est pas la nature, c'est la société des hommes! En effet, les tyrans n'aiment pas la nature, ils ne la comprennent pas, car elle ne parle pas d'eux, elle ne fait pas d'eux le centre d'intérêt!

    Au contraire, la nature semble même hostile aux tyrans: son vide apparent les inquiète, sa puissance démesurée leur cause de l'angoisse et ils ne la fréquentent donc qu'avec parcimonie: le dimanche précisément! Mais même ce jour-là, les tyrans recherchent la compagnie des autres hommes et ils s'amassent dans un cadre naturel, il est vrai.

    Mais c'est pour revivre ce qu'ils connaissent durant la semaine, c'est pour goûter à nouveau le sentiment de leur importance sociale! Ils retrouvent celle-ci par la richesse qu'ils affichent et dans le regard des autres, selon qu'ils sont plus bas ou plus haut que ceux qu'ils rencontrent! La nature n'est au fond qu'un prétexte, un prétexte hygiénique!

    Il n'est donc pas étonnant que le tyran la veuille civilisée, domestiquée, à son image, remplie d'hommes et de bâtiments; ce qui fait qu'il ne cesse de la détruire et aujourd'hui nous savons que c'est notre planète même qui est en péril! Mais nous ne la sauverons pas seulement, comme le déclarent naïvement les scientifiques, en diminuant les gaz à effet de serre, il faudra encore changer radicalement nos personnalités!

    Mais les tyrans ne voient pas les choses ainsi! Dans leur monde, dans la société, ils sont les rois! Le ciel majestueux, le ciel infini passe sur eux chaque jour, mais ils n'en ont cure; ils ont bien d'autres préoccupations! Mais considérons seulement quelques individu, hommes ou femmes; mettons-nous à leur place, suivons leurs pensées, afin de mieux comprendre ces personnages, comme si une caméra était dans leur cerveau!

    C'est samedi matin, c'est un jour plus relâché que les précédents, et le tyran sort de chez lui, tranquillement: il est dans son quartier! Dès qu'il est sur le trottoir, il est dominateur, il veut attirer l'attention sur lui; il est le centre de son histoire, de sa vie!

    Il pourra donc avoir un détail vestimentaire qui révèlera le sentiment qu'il a de son importance, qui sera censé la signaler; comme un chapeau par exemple (n'est-il pas au fond un peu artiste?); et on sera invité à remarquer l'individu!

    S'il sent une résistance, une concurrence, une indépendance et s'il est assez fort, il n'hésitera pas à se diriger vers celui qui le gêne, pour une confrontation; même si celle-ci reste tacite. Il s'agit pour le tyran de montrer qu'il est plus grand, plus carré et qu'il peut faire de l'ombre au quidam qu'il ne trouve pas à son goût!

    Le tyran est le patron; c'est le "Chisum" du secteur; vous êtes sur ses terres; toute la vallée jusqu'au rio lui appartient! Si vous étiez du coin, il vous connaîtrait! Vous êtes sans doute un de ces éleveurs de moutons itinérants! un de ces parasites qui enlèvent l'herbe de ces milliers de bêtes à cornes! Vous devez même puer, que ça ne l'étonnerait pas!

    Mais attention, voilà un autre tyran qui entre au marché! Et c'est comme un loup qui pénètre dans un poulailler! Le regard est d'acier; l'homme est sûr de son pouvoir et les autres lui sont forcément inférieurs! Il ne serait pas surpris, si on lui courait après, pour lui crier: "Monsieur le Sénateur! Monsieur le Sénateur! Que pensez-vous de la décision du Président de sanctionner la Russie?"

    Alors son sourire serait éblouissant! Il répondrait modestement: "Ecoutez, le Président a fait son choix... Vous savez que je ne suis pas dans son camp, mais à l'encontre de la Russie, il fallait prendre une décision... et je trouve celle du Président courageuse! Maintenant, excusez-moi, il faut que je rejoigne ma femme... pour faire les courses, sinon c'est moi qui serai sanctionné!" (Rires, bien entendu!)

    Sa femme? Elle est déjà devant un étal, où elle n'hésite pas à interrompre un client! Elle explique que c'est pour une commande et on doit la servir tout de suite, parce que le reste n'est pas sérieux, n'existe même pas! Elle, par contre, est connue: son père et sa mère étaient duc et duchesse de Bolkensheftenbourg et participaient aux chasses du roi! Le roi ne demandait-il pas au duc: "Alors, mon cher duc, quand passera le canard cette année?" Et le duc, qui avait de l'esprit, ne répondait-il pas: "A l'orange, mon roi, il passera à l'orange!"

    D'ailleurs, cette femme a toujours sur elle un médaillon contenant l'image hautaine de sa mère, car celle-ci, qui avait toutes les qualités d'une sainte, notamment face à l'ingratitude des hommes, lui sert toujours de modèle! Mais, pour l'heure, notre parangon à sang bleu joue les femmes du peuple, en discutant ferme avec une amie, et tout le monde doit contourner le duo, pour avoir accès à la caisse!

    Le tyran a besoin de beaucoup de choses! Il doit posséder un SUV, ou s'il est conservateur, une berline longue comme un jour sans pain, et dont l'avant racé fait peur aux enfants! Quand il est de retour chez lui, le tyran veut avoir l'impression qu'il entre dans un parc! Et s'il habite le centre-ville, son adresse, quoique discrète, confirme sa fortune! Car le tyran est ami avec son banquier! Tous deux se retrouvent toujours avec le sourire; ils se savent du même milieu, celui des notables qui se caressent, qui se taquinent même et qui encore se serrent les coudes, face à un monde qui n'est pas très rose, il faut bien le dire!

    Mais le tyran juge bien... et fort! Rien n'échappe à son œil acéré par la dureté des affaires! Il y a d'abord et surtout les paresseux, ceux qui méritent leur sort! On ne parle pas ici de la vieille, veuve et digne; qui lutte contre l'adversité en usant ses yeux sur d'humbles travaux de couture! Celle-là, on veut bien l'aider, car après tout, pauvreté n'est pas vice! Non, ceux qui fâchent, qui irritent, qui navrent, ce sont les mous, les lâches, les profiteurs, les "forts en gueule", les loqueteux avinés; toute cette lie qui inquiète, qui grève le système, qui gangrène les bonnes volontés; qui sont comme des mouches dans l'azur! Le monde pourrait être si beau, si noble, si brave aussi, sans cette engeance, ce fumier! Mais que voulez-vous, aujourd'hui on pardonne tout! Au nom de la différence, de la tolérance! La France plurielle! Je suis chrétien, je suis attaché à la charité, mais il y a des limites tout de même!

    Oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, le tyran va à l'église; il assiste à l'office du dimanche! Pourquoi? Mais parce que c'est là qu'il doit être! La messe est le rendez-vous des tyrans ce jour-là! C'est le signe qu'on est de la meilleure société et qu'on a donc une âme! Les riches athées? Des parvenus!

    Mais les tyrans avancent gravement dans la nef... Conscients de la solennité du lieu, ils ne sont plus qu'un murmure... et enfin ils prient. Mais que disent-ils à Dieu? C'est une énigme! S'ils étaient attentifs aux autres, s'ils les voyaient avec une existence propre, si eux-mêmes ne voulaient pas dominer, s'ils ne se croyaient pas supérieurs, s'ils étaient humbles, patients; s'ils cherchaient à diminuer leur avidité ou leur colère; s'ils avaient confiance en Dieu, en possédant moins, en Lui remettant le soin de leur avenir, de leur réussite; s'ils essayaient de comprendre le message divin, en se montrant pauvres, disponibles; s'ils admiraient la nature, les collines verdoyantes ou les étangs silencieux; s'ils aimaient le chant de l'eau ou du vent; s'ils goûtaient la liberté des nuages, le plumage coloré des oiseaux; s'ils étaient frappés par la blancheur de l'écume, si le goémon luisant ou la tiédeur des pierres les captivaient; bref, s'ils étaient vraiment de bonne volonté, avec un cœur pur; s'ils étaient gentils et non haineux et méchants; on respecterait leurs prières, on trouverait celles-ci crédibles!

    Mais là que peuvent-ils demander à Dieu? Un peu plus d'argent? D'être épargnés par la maladie, comme un enfant souhaite que la foudre tombe chez le voisin et non chez lui? Ou peut-être encore veulent-ils la paix dans le monde comme une miss, de sorte que leur foi ait l'air d'une carte postale?

    Mais la corvée est terminée, c'est la sortie de l'église; avec ce sentiment délicieux d'avoir effectué son devoir! On va pouvoir maintenant satisfaire la chair par un bon repas: Dieu n'oserait tourmenter des ouailles en règle! D'ailleurs, les enfants qui jouent autour de nous, habillés de blancs, ne symbolisent-ils pas l'innocence, ne sont-ils pas des anges qui nous gardent?

    Au dessert, quand les estomacs sont rassasiés et que les cerveaux sont légèrement embrumés par l'alcool, les langues se délient! On revient à ce qui fait le fond de la vie du tyran! On médit, on critique, on cancane, on méprise, on écrase! Le tuf est glauque, c'est un cloaque, personne n'est épargné!

    Il n'y a que la fatigue qui puisse arrêter ce champ de bataille, ces poisons, ces coups de bistouri! On part prendre l'air, comme si on n'avait rien dit; aussi léger qu'avant! On reste sûr de soi, on ne ressent aucune contradiction entre la religion et son fiel! On ne perçoit nullement sa duplicité, son hypocrisie, sa folie! On est toujours sa seule préoccupation, comme si Dieu était une entité abstraite, comme si le monde n'était pas ses affaires, comme s'il n'était pas assez sérieux pour cela, comme s'il n'était qu'un vieux "truc" qu'on sort de l'armoire une fois par semaine!

    Le tyran vit dans un mirage, mais organisé par lui!

    Cependant, aussi mystérieuse que sa prière est sa mort! Le tyran en effet part vers un être qu'il ne connaît pas! avec lequel il n'a jamais entretenu de réelles relations! Il doit se rappeler l'Evangile, comme on consulte son Berlitz! "Comment on dit "aimer" déjà?  Egoïste, c'est un mot ça? De toute façon, j'm'en vais lui dire c'que j'pense de la situation, moi, à Celui qui est censé avoir inventé tout ça! J'vais appuyer là où ça fait mal! Le vieux, là-haut, il est cuit, c'est moi qui vous l'dis! Encore si j'étais sûr qu'il y ait quelqu'un! Bon, fermez le cercueil; envoyez la bombe! C'est du lourd qui arrive, les gars! Taïaut!"

    Mais aux obsèques d'un tyran, tous ses pairs sont là! Alors que sonne tristement le glas, sur le parvis quelques faces patibulaires surveillent les alentours; ainsi que les gorilles d'un parti extrémiste! A-t-on peur d'une quelconque marque d'irrespect? Et quand bien même, cela serait-il si grave? Il est vrai que le ciment de cette cérémonie est la vitrine... et que c'est fragile!

    En effet, un tyran peut-il aimer un autre que lui-même? Ceux qui ont son affection ne sont-ils pas sous son pouvoir? Pourrait-il supporter les contradicteurs? Le témoignage que l'on rend au défunt est celui d'une caste pour elle-même! On tient à être présent pour montrer qu'on en fait partie! C'est toujours un décor qu'on présente à Dieu! On n'est apparemment jamais las de le prendre pour un imbécile!

    "Remarquez, y a pas plus patient que le locataire du d'ssus! Quelquefois, j'vois les gosses qui crient et qui s'empoignent, et j'me dis que ça doit fulminer à l'étage! Mais non, aucune plainte! Un vrai trésor, c'te personne! Tenez, il semble que sa patience soit... éternelle! Voilà le mot qu'je cherchais!"

    Comment combattre le tyran, lui ouvrir les yeux?

    "C'est simple, vous n'avez qu'à voter pour moi... J'ai créé un parti qui se nomme "Les Assoupis", eu égard à mon orgueil qui est en veilleuse! La lutte des classes et syndicale est indispensable à la vie sociale, car elle est capable de changer les lois! Vous voyez en moi le défenseur du travailleur, du pauvre, de l'opprimé! Amenez-moi vos tyrans, j'en f'rai mon affaire!

    Vous voulez leur rendre la vue? Le parti s'en chargera; il est là pour ça! Rééduquer est mon second métier! Mais attention, j'suis franc comme l'or, j'suis pas un margoulin! Chaque capitaliste sera jugé par le parti, équitablement! J'suis comme vous, j'rêve d'une harmonie complète! Ben ouais, on peut tous être heureux sous le soleil, pas vrai, du moment qu'on partage et qu'on fait attention aux autres! C'est pas vot' idéal?

    Alors votez pour moi... et quand j's'rai au pouvoir, les choses changeront, sûr! Le tyran, j'vais le coincer, le tordre, le faire fumer du nez! J'l'écraserai, j'le briserai! Ah! Ah! J'serai plus fort que lui! Car c'est moi, c'est moi le meilleur! C'est moi le plus grand! J'ferai un empire juste! J'impos'rai la solidarité! J'interdirai l'égoïsme! J'condamnerai celui qui veut être chef! Pas un tif ne dépass'ra!

    L'ordre, le calme, moi et les camarades et un bon feu, que vouloir de plus?

    Finis les intérêts particuliers! Vot' tyran là, il est une fourmi comme une autre! Il march'ra au pas! si j'lui botte le cul!"

    La question reste donc ouverte: "Comment ouvrir les yeux du tyran? Comment améliorer le monde?"

    Et puisse ce texte germer quelque part!

   

Des obessions

Des obsessions

Le 13/04/2018

Des obessions

 

 

 

 

 

    Le mot obsession n'a plus de sens véritable aujourd'hui, même pour la psychologie moderne, parce qu'elle croit être à la source de tout et qu'elle ne peut plus concevoir un combat, un engagement en dehors d'elle! En effet, l'obsession est devenue avec le temps une idée fixe, une pensée de laquelle ne peut plus se détacher son auteur; comme s'il était maintenant douteux d'avoir des convictions et de les défendre! 

    A ce compte-là, Darwin et Freud sont des êtres obsessionnels; bien que des scientifiques puissent me rétorquer que c'est faux, puisque la science a démontré la validité de leurs découvertes. En ce qui concerne Darwin, c'est exact, quoiqu'aujourd'hui il soit impossible de voir l'Evolution comme son inventeur; car notamment la nature progresse aussi par sauts; alors que l'inverse était tel le compte en banque de Darwin; mais on ne saurait expliquer autrement la rareté des fossiles mis à jour de par le monde!

    Dans le cas de Freud, il serait assez simple actuellement de montrer avec exactitude, grâce aux IRM en particulier, que la pulsion sexuelle refoulée n'est nullement à l'origine du rêve, mais qu'elle ne fait que participer à sa construction, au même titre que les pulsions de faim ou de colère, pour ne citer qu'elles! Or, la pulsion sexuelle est la clé de voûte de la psychanalyse freudienne et que Freud ait pu expliquer toute névropathie masculine par une homosexualité refoulée ne peut que laisser sans voix! Dans quel monde vivait le savant autrichien? Ignorait-il vraiment que les hommes et les femmes se détruisent pour des raisons naturelles, ce qui produit la plupart de nos traumatismes? Ici, on se rend compte à quel point la science est aveugle sur la réalité, et sa bêtise vient essentiellement de son égoïsme! C'est celui-ci qui nous enlève notre lucidité et nous maintient au pays de Candy! Mais allez expliquer ça à des psychanalystes, alors qu'ils se croient justement dans le secret des dieux! (De toute façon, plus je considère la psychanalyse et plus je suis abasourdi par sa pauvreté d'âme! Ses propos sur l'art notamment sont aussi faux qu'abjects!)

    Mais pour en revenir à l'exemple de Darwin, on pourrait dire que la postérité a donné raison à Van Gogh ou à Baudelaire et que donc ils n'étaient pas plus que Darwin des êtres obsessionnels! A moins que l'on ne considère que l'approbation du plus grand nombre n'a pas force de loi... On prend par là une direction scabreuse, comme beaucoup d'autres concepts de la science... Mais en fait, pour que le terme d'obsession puisse de nouveau être parfaitement utilisable, il faut revenir à son sens premier; celui qu'on trouve dans les encyclopédies médicales des années trente; où on appelait encore la dépression neurasthénie, qui disait bien de quoi il retourne!

    L'obsession est une chose que l'on fait, bien qu'on la sache ridicule ou absurde, parce qu'elle permet d'échapper à une angoisse, une anxiété! Comme toutes les définitions, celle-ci n'est pas claire, mais les exemples l'expliquent immédiatement... Vérifier deux fois (ou plusieurs!) qu'on a bien éteint sous le gaz ou bien fermé sa voiture est une obsession. On sait que c'est inutile, mais on ne peut s'en empêcher; car on n'ose imaginer quel drame se produirait en cas d'erreur!

    Mais il est des obsessions moins évidentes... Par exemple, Nadal est un joueur de tennis obsessionnel, ainsi que beaucoup d'autres, comme Gasquet ou Serena Williams! Après avoir bu et de sa chaise, Nadal replace très précisément ses deux petites bouteilles sur le sol... Elles doivent être à une certaine distance et l'espace qui les sépare est lui aussi rigoureux. Cet acte demande toute l'attention du joueur et sur terre battue, les bouteilles sont légèrement enfoncées, afin que le vent ne les renverse pas!

    Si jamais l'une des bouteilles tombe, au moment où Nadal retourne sur le court, il revient la remettre debout: il ne peut pas jouer tant que les deux bouteilles ne sont pas correctement placées! C'est une condition nécessaire à son équilibre!

    De même, le joueur, avant chaque service, réajuste sa tenue; comme s'il craignait qu'elle n'arrêtât son geste! Ce qui n'est pas le cas bien entendu, mais Nadal se dégage de cette manière de l'oppression qu'il ressent pour servir! Il ne peut faire autrement et on assiste à un rite!

    La superstition est aussi une obsession et la raison devrait nous permettre de nous en moquer! Mais l'individu ne veut pas d'elle ou n'a pas la force de l'utiliser et il préfère obéir à sa peur: il évite l'échelle, le chat noir, le vendredi 13 et il remet le pain à l'endroit! C'est ce qui le soulage!

    Regarder son intérieur, avant de sortir de chez soi, comme si on avait oublié quelque chose, est encore à caractère obsessionnel... En fait, on veut avoir l'impression que tout est en ordre, pour être prêt à se retrouver dans la rue! On fait face à une inquiétude impalpable...

    Se mettre beaucoup de parfum, se laver les dents ou avaler un chewing-gum avant un entretien, ou vérifier encore que sa braguette n'est pas ouverte peuvent être toujours considérées comme des obsessions... En effet, ces actions ne sont pas indispensables, mais elles sont produites par l'inquiétude et servent à nous rassurer; car nous avons tous peur et nous sommes donc tous plus ou moins obsessionnels! Et ceux, qui par leur mépris, leur arrogance ou leur agressivité, font croire le contraire, sont les pires ennemis du progrès! La terreur est le remède de l'égoïsme le plus fort contre l'angoisse!

    Cependant, l'obsession peut être assez grave... Elle peut agir comme une plaie douloureuse dans certains cerveaux... Elle est alors comme une sorte de leitmotiv blessant et qui incite la personne qui en souffre à agir contre sa volonté! C'est un combat amer et très pénible, d'autant qu'il semble inexplicable, dépourvu de sens!

    En tout cas, on l'aura compris, l'obsession signale toujours une fragilité psychologique plus ou moins grande! Elle est là apparemment comme un repère! On doute de soi et on semble avoir besoin d'une "béquille" (le tabac en est une autre...)! L'individu a l'impression qu'il pourrait s'échapper de lui-même, comme si le vent allait l'emporter, et l'obsession agit comme une ancre! On se comporte comme si une menace invisible planait sur soi, comme si un abîme nous guettait... C'est la névrose qui pèse sur l'esprit!

    La psychologie moderne a essayé de remettre au goût du jour l'obsession en l'appelant TOC; mais une obsession est forcément un trouble et elle est forcément compulsive! Ainsi, cette nouvelle expression est du toc, même si cela fait mauvais jeu de mot, car elle n'est qu'un pléonasme long comme un jour sans pain!

    Il faut voir ici l'influence des Américains, qui sont les champions de l'efficacité et qui ont pris l'habitude de nommer certaines choses par les initiales des mots censés expliquer leur processus... Mais l'efficacité ne suffit pas à l'homme! Les Américains ont encore inventé le supermarché, parce qu'ils considéraient que discuter avec le marchand sur la qualité de ses produits, pour mieux les choisir, était une perte de temps! Le résultat est notre fameuse "tête d'enterrement" dans les supermarchés, car notre individualité n'y trouve pas son compte, parmi tous ces rayons parfaitement impersonnels, ce qui fait que nous voyons nos courses comme une corvée!

    Par ailleurs, la fragilité psychologique, dont témoignent les obsessions, peut être dangereuse pour soi... et pour les autres!

    Si on reprend l'exemple de Nadal, nous savons qu'il a gagné dix fois Roland-Garros, mais ses victoires ont toujours l'air d'une grimace sur son visage, car le joueur s'entraîne et lutte au-delà de ses forces depuis tout ce temps! Sa volonté n'a pas de garde-fous; elle s'exerce sur un cerveau qui n'est pas affermi, que des affections absentes n'ont pas consolidé! Nadal est quasiment son propre bourreau et aujourd'hui son corps dit stop, ce qui fait que le champion disparaît de certains tournois d'une manière apparemment inexplicable. C'est pourquoi aussi le suspecter de dopage est une double peine pour lui et montre une ignorance crasse (surtout pour un ancien ministre de la santé!) du psychisme!

    Mais il est possible que la fragilité psychologique d'un seul fasse également souffrir le plus grand nombre... Hitler notamment n'était pas seulement un voyou ou un monstre, car il aurait été incapable de séduire les masses, mais il était encore un mystique, persuadé qu'il remplissait une mission divine, au profit de la grandeur de l'Allemagne, d'où son pouvoir d'attraction! Mais Hitler prenait des décisions, accomplissait certains actes qu'il ne voulait pas au fond de lui-même, qui le mettaient dans un état de tension extraordinaire (voir le putsch de Munich), sous le joug de sentiments mêlant la culpabilité et l'orgueil. Ainsi apparaît-il le plus souvent comme un clown triste, regrettant d'être là et toujours angoissé. D'autres fois, il est comme un zombie, miné par le manque de sommeil, et ses colères incessantes et terribles montrent assez le surmenage de ses nerfs... Mais on ne va pas le plaindre non plus, bien entendu!

    La psychologie, et ça ne doit pas être une surprise, conseille, en cas d'obsession vraiment handicapante, une psychothérapie! Mais c'est aller vers un mirage, car il est exceptionnel qu'un traumatisme bien particulier soit à l'origine de la fragilité psychique et donc de l'obsession. C'est plutôt un "état" de guerre, qui produit un terrain sans racines, et les souvenirs du patient, comme ses explications, finissent par se diluer dans une logique qui échappe aux cas individuels!

    D'autre part, la psychothérapie, comme je l'ai déjà dit ailleurs, laisse supposer au patient que c'est lui le "problème"; même si la cure vise à sa révolte, à lui donner justice; même si certains thérapeutes, dont on doute de la sincérité, disent admirer le courage de ceux qui font appel à eux!

    Mais le patient ne retrouvera pas toute sa santé, tant qu'il ne sera pas sûr d'avoir été la victime de gens malintentionnés, ou qui ont trouvé avantage à le blesser! Si vous lui dites que c'est toujours lui qui doit changer, parce que notamment il n'est pas assez fort, nul doute que vous ne continuiez de cette façon la litanie et les coups de matraque dont il a déjà été accablé! La justice, a priori, ne condamne pas les innocents!

    En fait, la réponse n'appartient pas à la psychologie, mais relève d'une considération plus vaste. Par exemple, la psychologie parle de parents abusifs ou possessifs, mais si on comprend à peu près de quoi il retourne, de quels comportements il s'agit, on ignore par contre totalement les raisons qui pourraient les expliquer! Les expressions parents abusifs ou possessifs ont l'air autonomes, comme si les êtres étaient ceci ou cela à cause du Saint-Esprit! Et c'est encore là une occasion révélant les limites de la science, mais cette dernière, dès qu'elle trouve un mot, "joue" avec comme si elle ne l'avait pas inventé! C'est un phénomène d'autant plus troublant, que ce mot changera demain!

    Les choses prennent meilleure tournure, si on revient à mon credo, bien qu'il puisse précisément sembler un rabâchage symptomatique de la dépression! N'a-t-il pas justement un caractère obsessionnel?  N'ai-je pas tort de m'attaquer au cartel de la psychologie?

    Mais je vois plutôt ma pensée comme mon bébé, que j'élève et que je nourris, à l'instar de Darwin ou de Pasteur qui approfondissaient leurs théories. Je souffrirais alors d'un manque de maternage? Ou bien serais-je jaloux de la notoriété scientifique? Tout homme n'est-il pas un gouffre insondable?

    Plus sérieusement et pour ceux qui prendraient le train en route, je rappelle que nous voulons instinctivement dominer et que nous sommes a priori tous des tyrans! Et qu'est-ce qu'un parent abusif ou possessif, sinon un parent qui ne veut pas perdre le contrôle qu'il exerce sur ses enfants, qui cherche à ressentir le pouvoir dont il jouit à leurs dépens! Hésitera-t-il, ce parent, pour arriver à ses fins, à mépriser sa progéniture, à la diminuer, la blesser, la battre et même à la briser? Fera-t-il de sa descendance des êtres respectueux d'eux-mêmes, confiants dans l'avenir, à l'aise en société?

    S'il est facile de répondre à ces questions, encore faut-il comprendre pourquoi la situation qui produit des obsessions est la plus courante! Car la question n'est pas: "Quel est le traumatisme?", mais bien: "Comment pouvons-nous être heureux sans dominer?"!

    Tant que nous voulons être le chef (le Duce ou le Führer!), nous écrasons les autres et les plus faibles en souffrent toute leur vie! Combattre les obsessions demande une remise en question profonde de la société, et ce n'est pas là, bien entendu, la seule affaire de la psychologie!

    Verra-t-on un jour les hommes animés par le souci de trouver un sens à leurs vies, autre que celui de triompher, de se montrer supérieurs aux autres! Les verra-t-on accomplis enfin! ou tout du moins déjà curieux?

    Malheureusement, au train où vont les choses, je ne risque pas d'assister à cette nouvelle aurore!

De la solitude1 1

De la solitude

Le 06/04/2018

De la solitude1 1

 

 

 

 

 

    La solitude est effrayante, perturbante et dans bien des cas, elle semble insupportable! Mais nous allons voir qu'elle est notre futur, qu'elle ne peut être que le fruit de notre maturation! Attention, je ne dis pas qu'il faut vivre seul, mais que nous sommes naturellement conduits à prendre conscience de toute l'étendue et même de toute l'importance de notre individualité! C'est si vrai que ce qui caractérise peut-être le mieux le tyran, c'est son incapacité à vivre en toute indépendance, sans blesser les autres! Mais, pour bien comprendre les choses, nous devons d'abord revenir en arrière, en un temps où l'homme n'existait pas!

    Nous l'avons déjà vu, l'histoire de l'Univers est une lente complexification de la matière et nous pouvons logiquement penser que celle-ci est sans doute à l'origine de l'Evolution et qu'en tout cas elle se poursuit en elle! Plus les organismes apparaissent tard sur l'échelle de l'Evolution et plus ils sont complexes; ce qui veut dire aussi qu'ils sont davantage distincts, différenciés! Ainsi, on peut dire que l'Evolution est l'histoire d'une individualisation! Plus les espèces sont tardives et plus elles peuvent être fières d'accrocher leur boîte aux lettres, devant leur maison, chef d'œuvre de leur vie! Oubliée l'existence obscure des amibes!

    Cette individualisation est encore renforcée par la sélection naturelle: le plus fort se dégage et clame sa suprématie! C'est lui qui aura droit aux meilleurs morceaux et à la joie de se reproduire! A ce stade, la conscience de soi reste bien entendu indéfinissable et pourtant son chemin est déjà tracé; comme si chez les grands mammifères nous n'en étions plus qu'à la lisière; tandis qu'on cherche toujours à joindre la méduse errante! Il ne manque plus en fait qu'un changement biologique déterminant et nous savons déjà qu'il sera produit par la station debout; celle qui permettra théoriquement à notre cerveau de se développer d'une manière exceptionnelle, vertigineuse, superbe, magnifique; puisque nous en sommes toujours à nous demander ce que nous "faisons là", à puiser en nous-mêmes comme dans un rêve sans fin! 

    Evidemment, mon résumé aura de quoi faire blêmir certains scientifiques, car, ne l'oublions pas, l'Evolution se compte en millions d'années, et j'ai l'air de m'y promener comme si c'était le parc d'à côté! Mais comme les scientifiques eux-mêmes ne sont pas avares de bêtises, j'estime pouvoir exposer mon point de vue, d'autant que sa portée dans notre quotidien va se révéler vérifiable et même capitale! Je suis un peu comme un naufragé, qui doit s'organiser avec ce dont il dispose, car autour il n'y a rien pour le faire espérer, ni de vraiment utile!

    Avec l'homme, la conscience de soi devient exponentielle! C'est l'inflation galopante! Mais c'est d'abord le comportement animal poussé à l'extrême! Il n'y a jamais eu de "bons sauvages"! Ce débat des philosophes du siècle des lumières, pour ne citer que lui, n'a plus aucun intérêt! Croire en un âge d'or, en une civilisation antérieure et meilleure que la nôtre est une utopie, une farce! On peut comprendre néanmoins que certains, face aux destructions et à la violence de nos sociétés, puissent idéaliser des peuples du passé et regretter leurs qualités, car bien entendu moins on est nombreux et plus on est solidaire ou plus on respecte la nature par exemple; mais c'est aussi nier l'Evolution, c'est ne pas voir que plus on recule dans le temps et plus l'homme est voisin de la bête! Notre civilisation accorde a priori à la vie humaine plus de prix qu'aucune autre avant elle! 

    Ce qui a préoccupé les premiers hommes, c'est inévitablement la lutte pour le pouvoir, et donc si on habitait une île, on devait se rendre sur celle qui était la plus proche et y casser autant de crânes qu'il était nécessaire, pour que chacun comprît qui était le chef! Toute autre vision est enfantine! Ce qui n'empêche pas la conscience de déjà être à l'œuvre... Elle introduit dans l'esprit des choses étranges, des peurs inexpliquées, des connaissances embarrassantes! L'homme est comme "appelé" vers un destin qui dépasse celui des animaux! Il découvre notamment qu'il va "mourir"! que l'autre peut ressentir de la souffrance! La pensée interroge, place dans une position instable, ce qui favorise le développement! On cherche parce qu'on est troublé! L'humanité sent qu'elle a quitté le port de l'instinct; elle doit partir à l'aventure; même si on continue "allègrement" à tuer!

    Les civilisations antérieures ont donc pu avoir, à côté de la plus grossière sauvagerie, des comportements, des coutumes extrêmement complexes, et qui témoignent de la "richesse" de la conscience; mais les progrès sont très lents, on s'en doute, et notre société elle-même a toujours ce profil, d'associer l'égoïsme aux plus hautes valeurs morales! Un barbare sommeille en nous!

    Il existe certainement chez les animaux des exemples de solidarité et ils ont eux aussi leurs "secrets"; mais il n'en demeure pas moins que le mal vient de chez eux! de la nature! Si les animaux avaient une conscience, s'ils étaient capables de juger leurs actes, comment verraient-ils le lion qui supprime les petits de son rival! Ils le condamneraient sans appel, non? Les manchettes des journaux parleraient du monstre de la savane!

    Le guépard qui laisse choir son frère blessé..., ne serait-il pas accusé de non assistance à personne en danger? Le mâle pie qui chasse la femelle, pour manger le premier, pourrait-il continuer longtemps son manège? Le chat borgne, griffé jusqu'à la chair, n'irait-il pas se plaindre au commissariat?

    Faire le mal n'est rien d'autre pour un humain que d'agir comme une bête, mais une bête qui a le sourire, pourrait-on ajouter! Notre individualisation plonge ses racines dans notre égoïsme, mais il reste à savoir si notre feuillage sera lui pleinement conscient!

    Car le tyran ne voit pas la réalité! Si la seule boussole qu'on se donne est la domination, on n'a pas plus de clairvoyance que l'animal qui obéit à l'instinct! Tout au plus sait-on qu'en dehors de soi, il existe un code de la route et certaines lois, dont on a vaguement entendu parler!

    Pour le tyran, le monde est une pâte à modeler, qui doit se transformer selon ses désirs... Par exemple, si le tyran fait son apparition dans un commerce, il doit être servi immédiatement; ou alors chacun verra sa famille menacée! Aux yeux du tyran, les autres n'ont pas vraiment d'existence réelle! Ils sont là pour servir!

    Pourtant, tous, nous avons subi des traumatismes et nous sommes tous fragiles! Cela veut dire que les inquiétudes et les angoisses ont le même effet sur nous que la mer sur les falaises: régulièrement nous sommes la proie de nos tourments et de nos peurs et nous en souffrons! Nous devons leur résister!

    Personne n'échappe à ce régime et la solution, la réponse du tyran est la plus répandue: dominer, pour sentir de nouveau son pouvoir, sa valeur et donc son utilité! L'angoisse n'a qu'à bien se tenir! Que peut-elle faire quand on est rubicond et adulé?

    Adulé? Aimé? Est-ce qu'on aime, respecte vraiment le tyran! Peut-on être sincère quand on est oppressé, menacé, écrasé? Il me paraît vain d'espérer de la sincérité et un dévouement réel de la part de celui qu'on opprime; et c'est bien là l'erreur foncière des djihadistes notamment! Il vaut mieux pour eux qu'ils achètent des chiens, car une foi ne peut pas s'imposer!

    Mais le tyran compte donc se rassurer, dompter ses inquiétudes, en s'appuyant sur des sentiments qui sont faux, chez lui et chez les autres! Le respect, l'amour dont il croit être l'objet n'existent pas: c'est la rançon de la terreur! Et la voie du tyran ne peut être qu'une fuite en avant: il lui faut dominer toujours plus... Nous le savons, c'est une impasse, car on continue ainsi à créer un monde incompréhensible, hostile, désespérant! Le tyran meurt plein de haine, il juge les autres responsables de ce qu'il sent sa vie comme un échec, puisqu'il n'a pas réussi à être heureux! Il ne comprend pas que son attitude ne lui permettait pas un meilleur sort, pas plus qu'il ne peut imaginer que sa fin soit vécue par son entourage comme un soulagement! Il n'y a là aucune lumière, aucun progrès!

    Nous avons une conscience, pourquoi ne pas nous en servir? Pourquoi restons-nous au stade animal? Il ne nous convient pas! Et c'est là qu'entre en jeu la solitude, même si nous avons des proches ou une famille! Il s'agit de trouver un remède à son angoisse autre que celui de sa domination; ne serait-ce que pour avoir des rapports sains avec le monde! Comprendre qu'on puisse faire souffrir les autres demande d'avoir les yeux ouverts! Et l'égoïsme rend aveugle!

    Vouloir être lucide, ne plus chercher à dominer, conduit forcément à la différence, à la recherche, à s'écarter de la voie commune! C'est faire un pas vers la solitude, inévitablement! Et de suite la température semble baisser; comme si la nuit descendait brutalement! Dans les ténèbres, on voudrait demander: "Holà, y a quelqu'un?"

    Pourtant, l'aventure commence! Comme paraît déjà laid et bête le tyran! Comme a l'air bruyant et superficiel le monde, qui continue de jacasser et de se quereller! quand il ne se détruit pas!

    Evidemment, nous nous construisons dans nos rapports avec les autres et le couple est une bonne occasion de s'améliorer, mais l'attachement est souvent une petite fermeture... Il y a le risque aussi de ne plus dominer seul, mais à deux! La famille notamment peut produire l'exclusion: il y a elle et le monde! (Il n'en demeure pas moins que l'être seul verra régulièrement sa vie comme absurde!)

    Par ailleurs, si la solitude a souvent un goût terrible, c'est bien parce que la majorité n'en tâte pas! Ce qui veut dire que rares sont ceux qui recherchent le bien et le chemin de la sagesse! N'oubliez pas que le tyran préfère haïr tous ceux qui lui échappent, qui ne lui sont pas asservis, qui montrent dans la rue de l'indépendance: c'est tellement plus simple!

    Mais n'est-ce pas triste de rester figer dans son égoïsme? N'est-ce pas misérable d'être le jouet de sa peur? Quelle petite vie que celle du tyran, alors que l'infini frappe à notre porte! Ses grands vents ne demandent qu'à nous porter!

    Les joies de la sagesse sont sans troubles, inaltérables! Celui qui est seul ne peut pas résister à l'angoisse par le mensonge! Sa nourriture est forcément bonne: le pionnier doit trouver des solutions solides, sinon il ne survit pas!

     Et la qualité de sa récolte, de son bonheur est là pour attester de la valeur de son travail! Le sage n'en finit pas de voir qu'il a raison! Ce qu'il comprend se vérifie chaque jour! surtout la cécité, l'hypocrisie, le mal produits par la domination!

    Evoluer, c'est trouver du sens, et c'est pourquoi le sage connaît une joie sans égale! Sa jouissance n'est pas éphémère, elle ne cesse de grandir et doit même s'étendre par-delà la mort!

    Si au contraire c'est sa haine ou son trouble qui augmentent, c'est qu'il se trompe lui-même et qu'il est sur le mauvais chemin!

    Il est vrai que la société commence par nous inculquer l'esprit de compétition, mais il ne peut en être autrement: la jeunesse est un fruit vert et il est normal qu'elle se préoccupe d'abord d'elle-même: elle est aussi inquiète qu'égoïste!

    Galvaniser les énergies, faire croire en soi, stimuler les qualités est un bon départ pour la vie, mais une fois dans le monde adulte, on s'aperçoit que ce n'est pas aussi simple, que les "dès sont pipés", si je puis dire. Tout y devient mouvant, incompréhensible et hypocrite. Même le sport, qui devrait permettre à notre domination de s'exprimer sans danger, est corrompu: l'avidité et les inquiétudes y sèment notamment le dopage!

    Celui qui n'est pas satisfait, dont l'âme est grande, se met donc à chercher. Il veut des réponses et il ne rencontre pas la solitude sans trembler... Celle-ci fonctionne comme la pression pour un plongeur, ou comme un ouragan pour une maison! Il est des moments où l'individu est écrasé, balayé par l'angoisse! Il a beau se rattacher de toutes ses forces à ce qu'il croit, il finit tout de même par se demander s'il n'est pas dérangé!  

    Mais l'expérience enseigne que la patience fait résister à tout et cette récompense est grande: on ne craint plus les tempêtes!

    Aujourd'hui, c'est le printemps et c'est un peu le chaos! Nous sommes comme des bourgeons qui s'ouvrent... Nous sentons nos forces revenir, mais l'hiver nous retient encore... et nous mêlons excitation et repli sur soi, ce qui fait notre maladresse!

    L'égoïsme de certains pourtant éclate déjà! C'est leur tyrannie qui fleurit! Et elle fatigue dès à présent le monde!

    La vigueur du sage va au contraire servir les autres... Son travail dans la solitude l'a rendu disponible!

Des reperes

Des repères

Le 31/03/2018

Des reperes

 

 

 

 

 

 

    Il est des jours gouvernés par la peur, l'anxiété! Et nous sommes tous alors sous le joug de ce sentiment dès notre réveil! Pourquoi en est-il ainsi? Il nous faut admettre qu'il y a des conditions favorables et d'autres non...; car la personnalité de chacun ici n'est pas en cause; c'est un effet de la nature qui nous échappe et qui est général! On peut s'en rendre compte en observant les individus dans la rue, ce qui demande bien sûr d'avoir les yeux ouverts et non d'être fixé sur soi!

    Mais ces jours où règne l'angoisse sont peut-être plus intéressants que les autres, car ils nous permettent de voir si nous sommes solides ou non; un peu comme on apprend à connaître la valeur d'un bateau, quand il est éprouvé par une tempête! Inutile de vous dire que ce qui n'est pas vrai, ce qui est hypocrite ne résiste pas et est emporté sous le souffle de la panique! En fin de compte, il ne reste plus que le tuf; nos viscères pour ainsi dire, et c'est pourquoi j'ai intitulé cet article Des repères, car nos réactions face à l'anxiété vont nous situer, vont dire qui nous sommes et quel est notre degré d'évolution (n'ayons pas peur des mots!)!

    Précisons d'abord que les hommes et les femmes ont eu une manière différente d'affronter leur angoisse! Les hommes ont volontiers recours au rapport de force, tandis que les femmes font appel à la séduction: à chacun ses armes, pourrait-on dire!

    Mais examinons en détail ces attitudes... Elles sont simples à comprendre du moment qu'on regarde dans la bonne direction, et en l'occurrence vers le règne animal! Comment se comportent en effet les animaux dès que les conditions deviennent difficiles, quand la survie est menacée? La réponse est claire: ils sont sans pitié, ils se battent et c'est le plus fort qui triomphe! C'est lui qu'on voit reparaître au round suivant!

    J'ai déjà cité ailleurs l'exemple des crocodiles dans le marigot qui s'assèche et c'est à qui profitera le plus longtemps d'une place dans l'eau; la chaleur, la sécheresse, le manque de nourriture tuant les vaincus! Pour les humains, les choses ne sont pas très différentes: plus la situation est troublante, sentie comme âpre, et plus la majorité cherche à s'imposer! D'une manière générale, moins un individu est évolué et plus il voudra satisfaire son égoïsme! C'est sa domination qui comptera et qui voudra s'exercer!

    Chez les hommes, cela se traduit par des airs de défi, des regards chargés de haine, à l'égard d'autres hommes! Il s'agit de montrer qu'on est supérieur! C'est instinctif et c'est une réaction produite par l'inquiétude! Cela révèle aussi malheureusement un degré d'évolution voisin de zéro! Et s'il n'y avait pas de lois, un code social, une éducation; l'angoisse nous conduirait d'abord à l'agressivité et très vite à la pire des violences; comme si nous étions nous-mêmes dans ce marigot réduit à une peau de chagrin, à nous donner des coups de dents!

    Le sage sera d'ailleurs volontiers pris pour cible, car par son calme il sera vu comme dominant! Or, vaincre un enfant, pour un homme, n'a rien de gratifiant! Il faut donc que celui qu'on défie ait apparemment de l'importance; ainsi la victoire (et il suffit que l'adversaire baisse les yeux) créera un sentiment de confiance, revigorera l'amour-propre, donnera du baume au cœur, mettra en veilleuse l'anxiété! Rien ne vaut, pour le primate que nous sommes, une belle petite haine bien distillée! Evidemment, ce n'est pas le cri du gorille mâle qui est le plus fort; il y a moins d'ampleur, mais il ne faut pas non plus alerter la police! Pour durer, sachons rester humbles!

    Mais le sage donc doit s'attendre à des coups d'œil mauvais, à des provocations feutrés, fugitives, et il saura à quoi s'en tenir! Il pourra se dire: "Tiens, il pleut de l'angoisse! Et les singes sont de sortie!" Il veillera bien évidemment à ne pas les imiter; le sage ne travaille pas pour rien; toute son énergie lui sert pour comprendre et évoluer; ce qui l'amène bien entendu à se détacher de la haine et d'autres fariboles du même genre! Le sage essaiera d'être un ouvrier de paix et sa lutte contre l'angoisse ressemblera à une lutte de titans! Pas question de prendre un autre pour paillasson, afin de régler le problème! Nous sommes ici entre gens courageux et de bonne volonté!

    Du moment qu'on évolue, on s'écarte du troupeau et tout devient alors difficile! Il faut parfois soutenir tout un monde tout seul, comme un Atlas perdu dans la foule; alors qu'autour la plupart se croit à la fête foraine et si on veut se moquer du monsieur, eh bien, on le fait!

    Le tyran croit à ses aises, et qui le lui reprochera! Il n'a pas la moindre idée de ce qu'est un effort! Le monde doit tourner autour de lui! "Heureuses les taupes!" pourrait-on dire... Mais non, les aveugles et les égoïstes ne connaissent pas vraiment la paix! Comme les animaux, ils sont toujours sur le qui-vive! Sont-ils assez hauts? Dominent-ils absolument? Ne cherche-t-on pas à les remplacer? Ne veut-on pas les voler? Le tyran vit dans une ménagerie, avec des voisins en costume!

    La lutte du sage, elle, est profitable; elle conduit à des progrès durables et bienfaisants! Mais si les hommes se grattent toujours sous les aisselles, les femmes, pour répondre à l'angoisse, font usage de leurs charmes! Ah! (Nous voilà soudain tel le loup de Tex Avery!)

    Cependant, la réaction des femmes n'est pas plus constructive que celle des hommes... Elles sont tellement inquiètes qu'elles essaient d'attirer l'attention sur elles de toutes les manières! C'est souvent grossier, voire vulgaire et parfois pathétique! L'homme doit alors marcher sur des œufs, s'il ne veut pas blesser! Mais certaines réactions peuvent être méprisantes, haineuses, injurieuses, car des femmes ne supportent pas de voir leurs avances repoussées et par là elles montrent tout leur orgueil, toute leur sécheresse, leur pauvreté d'âme, et on se dit qu'on l'a effectivement échappé belle!

    Car quelle serait une relation avec ce genre de personnes? Poussé par la peur, on aurait dit oui et on n'aurait vu que le masque! Quelques mois plus tard, on serait dressé à la baguette; on serait le Marines de madame! Les femmes tyrans ne sont pas moins nombreuses que les tyrans masculins; un sexe n'est pas plus évolué que l'autre!

    En tout cas, on voit bien que la solution féminine, qui cherche encore à satisfaire l'égoïsme ou l'amour-propre, que cette solution instinctive n'est pas meilleure que celle des hommes, car ce qui permet justement de comprendre et vaincre l'angoisse est un effort de la conscience, de la raison! C'est un changement en profondeur, et d'une manière générale, là où il y a ressentiment et violence, ce n'est pas le bon chemin!

    Tout être qui veut évoluer doit s'armer de patience! Et celui qui se lève ne doit pas compter sur les autres! La facilité, c'est, face à l'angoisse, défier les autres, ou vouloir les séduire! C'est encore dominer! L'homme fort passe hautain; la femme belle méprise dans son sillage, ou bien la mère de famille joue au yoyo avec ses enfants! Ce sont tous des comportement qui rassurent, mais qui au fond ne résolvent rien! Il faudra les répéter à chaque fois qu'on sera dans la même situation, comme les animaux qui chaque jour refont la même chose, parce qu'ils n'ont pas la capacité de vraiment inventer! Et avec le temps, ce sera de plus en plus difficile: les forces diminuent, la beauté se flétrit et les enfants grandissent!

    Le tyran ne peut que le devenir encore plus! Autre repère! A moins de croire au miracle... Et si vous allez mal, ce sera encore pire dehors, car la majorité refuse d'évoluer!

    Evidemment, la famille semble un remède idéal contre l'angoisse... Elle forme comme un tissu qui protège du monde extérieur... On fait partie d'un clan qui s'entraide; les uns prêtant l'oreille aux autres et les rassérénant!

    Mais la famille entraîne aussi une certaine cécité, comme si on restait enfermé dans des langes... La mort coupe en morceaux celles-ci et semble pousser chacun à se "mettre debout"; les affections ayant été détruites. Chacun doit faire face à son destin et c'est ce qu'apprennent sans doute trop tôt celui ou celle qui jouent le rôle de la brebis galeuse dans la famille, car apparemment il en y a toujours une!

    Le "paria" ouvre les yeux sur l'égoïsme du clan et du monde; il en souffre certainement et à bien des égards, il est plus vite mûr que ses frères et ses sœurs!

    Pourtant, la solitude n'est pas à envier...; mais entre faire le mal, même par ignorance, et elle, il n'y a pas à choisir!

    Je me rends souvent à un supermarché Bio, mais à peine y suis-je entré qu'il m'est impossible de faire mes courses d'une manière convenable, agréable! Je voudrais me laisser inspirer par la richesse et la nouveauté des produits, mais c'est impossible! Les clients et le personnel sont si énervés, si immatures, si égoïstes, si pleins de tensions, qu'ils pressent tant que me voilà décervelé, incapable de la moindre imagination, contraint d'acheter à peu près toujours les mêmes choses, afin de n'être pas venu pour rien; alors que c'est normalement un magasin destiné à augmenter la qualité de la vie!

    Imaginez un monde où on arriverait à expliquer logiquement aux gens que la domination, qui leur est instinctive, est une impasse, puisqu'elle ne peut que conduire à la tyrannie! Imaginez les gens ne cherchant plus à se faire valoir, à attirer l'attention sur eux, mais au contraire tournés sincèrement vers le monde extérieur, vers les autres!

    Mais nous serions alors respectueux et même solidaires sans efforts! Comme la vie nous deviendrait légère! L'angoisse n'aurait aucune prise sur nous!

    Ce qui crée l'abîme, le chaos et par là même la méfiance, le trouble, la peur; mais c'est la tyrannie! C'est elle qui produit le déséquilibre! Comment pourrait-on être à l'aise dans un monde où majoritaires sont ceux qui demandent de l'admiration, sous la menace qu'on devienne la cible de leur haine ou de leur colère!

    De quel droit se conduit-on ainsi à l'égard des autres? Vaut-on plus qu'eux? Sont-ils voués à la condition d'esclaves?

    Cependant, c'est le printemps (viendra-t-il jamais?) et nos comportements devraient s'adoucir... A l'instar des animaux, nous sentons que la vie va devenir plus facile, la lutte sera moins pénible...; ne serait-ce qu'au niveau des températures... Le soleil nous rend plus patients, plus aimables, mais c'est aussi le moment de faire le bilan de l'hiver, et ici on a droit à quelques surprises!

    Si on veut progresser, il faut savoir regarder et si on fait le tour de son entourage, même en comptant les personnes que l'on connaît seulement de vue, il y a de quoi frémir!

    D'abord, certaines sont parties avec le mystère de la mort! D'autres sont à l'hôpital, victimes d'un accident, mais en réalité de leur angoisse! D'autres encore sont plâtrées, handicapées pour le printemps; leur blessure a été l'ultime moyen pour que leurs tourments s'arrêtent!

    Et puis il y a ces individus qui font peur! Ils ont subitement vieillis de dix ans! Leur cheveux à présent sont blancs ou tombent en masse! Ils sont à peine reconnaissables! Ceux-là ont trouvé plus forts qu'eux! Ils se sont voulus eux-mêmes tyrans et ils ont croisé plus méchant et plus cruel! comme dans la mer où il y a toujours un poisson plus gros et plus vorace!

    On note enfin quelques êtres en mutation, avec des têtes de boxeur ou un gros bouton sur la joue, ou déformés par une surcharge pondérale qui fait pitié!

    Enfin, en attendant des jours meilleurs, je vous ai retrouvé un vieux 45 tours, qui s'intitule: "La chanson du tyran"! Il grésille un peu, mais attention, je le mets sur le pick-up!

"C'est moi l'tyran!

Yak moi qui compte!

J'vais m'empirant!

Mais appelle-moi comte!

 

D'après Darwin,

C'est moi qui "win"!

D'après Sigmund,

Chuis Paramount!

Comme un p'tit poids,

J'vois le monde!

J'l'avale et quoi?

Chuis toujours immonde!

 

Refrain:

C'est moi l'tyran!

Yak moi qui compte!

J'vais m'empirant!

Mais appelle-moi comte! Etc."