
"Non mais regarde-nous!"
Touche pas au grisby
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Pendant ce temps-là, une affaire secoue le Cube ! Des scrollers disparaissent ! On les voit le nez sur leur smartphone, puis leurs familles les attendent en vain ! Pire, ils ne sont plus dans leur chambre, alors qu’ils ne sont pas sortis de la maison ? Où sont-ils passés ? « Nos enfants ! On nous a pris nos enfants ! » crie une mère. La police est dans l’impuissance et ne trouve aucune trace matérielle ! Le mystère est total ! La panique gagne la population !
Enfin, on tombe sur le docteur Web ! Sa dégaine de clown vieillissant, teintée de morgue, fait penser à quelque monstrueux pédophile ! N’est-ce pas lui que les ados consultent quand ils scrollent ? Ne leur tend-il pas un piège, pour assouvir ses appétits ? Web est arrêté et inculpé ! « Rends-nous nos enfants ! » crie la foule, alors que Web est conduit au tribunal. Un procès gigantesque commence !
Le procureur dit : « Docteur Web, les accusations portées contre vous sont graves, très graves ! Inutile de vous préciser que si déjà on pouvait retrouver les enfants, grâce à votre aide, vous pourriez bénéficier de la mansuétude du jury ! » Mais Web garde un silence obstiné ! « Très bien ! réplique le procureur. Vous méprisez la cour, mais sachez que celle-ci ira jusqu’au bout ! »
Le juge laisse venir le premier témoin… C’est une petite vieille, avec un déambulateur, et elle est si lente que même le procureur s’impatiente ! « Madame Lascar, lui dit-il cependant. Vous êtes l’une des seules personnes à avoir vu l’un de nos enfants disparaître ! Racontez-nous !
_ Eh bien, j’avançais sur le trottoir…
_ Oui…
_ Et là, le gosse, qui…
_ Scrollait !
_ Oui, c’est ça, qui crollait… Pouf, il a disparu !
_ Comme ça, devant vos yeux !
_ Y a peut-être eu un p’tit éclair… de la part de son téléphone !
_ De son smartphone…
_ Madame Lascar, coupe l’avocat de la défense, avez-vous vu mon client sur les lieux !
_ Mais on voit bien que votre client est le coupable…
_ Répondez par oui ou par non à la question s’il vous plaît !
_ Non !
_ Mais le docteur Web n’avait pas besoin d’être sur les lieux, coupe le procureur, puisqu’il est dans chaque smartphone !
_ Salaud ! crie un père de famille dans la salle.
_ Silence ! » réplique le juge.
On « enlève » madame Lascar,, pour laisser la place à d’autres témoins, dont les récits sont terrifiants, sans pour autant condamner Web ! Un vide juridique semble se dessiner… Devant une telle confusion, Web parle à son avocat, qui annonce : « Mon client voudrait faire une déclaration !
_ Enfin ! font le juge et le procureur ensemble.
_ Mesdames, messieurs, j’ai effectivement enlevé ces enfants, fait Web .
_ Fumier !
_ Silence !
_ Mais si je les ai enlevés, c’est pour leur bien ! En effet, je les voyais malheureux, angoissés, empêtrés dans le monde des adultes ! J’ai voulu leur donner de l’espoir…, en souvenir de mon ami Paschic…
_ Paschic ? Qui c’est ça, Paschic ?
_ Un ami lâchement assassiné par le gouvernement !
_ Quoi ?
_ Paschic a toujours tenu à montrer que la beauté mène au rêve et à la confiance, que loin d’être secondaire, elle est au contraire essentielle ! C’est à cette vérité que je conduis les enfants, afin qu’ils trouvent la paix et la joie ! Le bonheur est de s’enchanter du monde !
_ Ah ! Ah ! éclate le procureur. Vous n’êtes pas sérieux ! Il faut que les enfants obtiennent des diplômes, s’ils veulent réussir ! La vie n’est pas une partie de plaisir !
_ Qui va payer les retraites ? crie quelqu’un.
_ Et les factures ?
_ C’est insensé !
_ Vous avez vos idées, fait le juge, mais les enfants doivent retourner à leurs familles !
_ Mais les enfants n’ont jamais été enlevés ! Ils sont toujours là !
_ Comment ça ?
_ Mais fermez les yeux, détendez-vous, respirez et vous les verrez ! »
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A l’observatoire du Cube, on est à la fois soulagé et atterré ! Soulagé, car la masse sidérale, provenant d’Ultima, a bien touché la planète, mais ne l’a pas fait exploser ! Atterré, car des témoignages parlent d’une zone d’impact transformée et de phénomènes étranges, voire effrayants ! Est-ce que le mal d’Ultima vient de frapper les Doms ?
Pour en avoir le cœur net, le professeur Antimat monte une expédition, à laquelle il demande à Ratamor de se joindre… On prépare deux véhicules tout terrain, car la zone d’impact est dans une région isolée, quasi désertique, trop montagneuse pour que le Cube y déverse son béton !
On part, on embrasse les familles, alors que les moteurs tournent déjà, on vérifie encore les équipements, puis on prend l’autoroute interminable, qui symbolise la victoire sur la Chose ! Après deux jours, le GPS indique qu’on y est et qu’à partir de là, on entre dans un milieu sauvage, inconnu ! On rigole, on plaisante, tant les nerfs sont tendus ! Puis, les véhicules s’engagent sur un piste boueuse, qui les fait déraper ! La conduite devient laborieuse, épuisante !
C’est le premier bivouac ! Mais on s’aperçoit qu’on ne sait plus camper ! Déjà, on a oublié les allumettes ! Heureusement qu’il y a un fumeur avec son briquet ! Mais où est l’ouvre-boîte ou le thermos ? On fouille et une fine pluie se met à tomber ! Certains se réfugient dans les véhicules, mais d’autres ont des équipements très spéciaux ! Par exemple, un sac de couchage en lévitation ! Le plus dur, c’est de s’y installer ! Il est tout de même équipé d’une sorte de Wi-Fi anti-moustique ! On rigole dans les tout-terrain, avant d’avoir le dos cassé !
Le lendemain, tous ont une sale tête ! On limite sa parole, car parler fatigue ! On surprend un couple en pleine copulation ! Il voulait se soulager de sa mauvaise nuit ! On comprend, jalouse et on repart ! De nouveau on avance dans un bourbier, environné de grosses touffes d’herbe ! Chacun se tait, vaincu par les cahots ! Puis on est face à une forêt épaisse ! Il faut abandonner les véhicules ! On est inquiet !
« C’est quand même curieux, dit Antimat, cette masse, en frappant le sol, aurait dû détruire tous les arbres !
_ Cela prouve que nous avons affaire à quelque chose qui nous est parfaitement inconnu ! réplique Ratamor.
_ Mais… Où allez-vous ? » crie Antimat.
L’un de ses collaborateurs s’en va en effet avec un sac sur le dos ! Il prend le chemin du retour ! Il se retourne tout de même, pour répondre à Antimat : « J’ vais pas plus loin ! C’est pas pour moi tout ça ! J’ai besoin du Cube, vous comprenez ! Y a plus d’réseaux ici !
_ Mais vous pourriez rester veiller sur les voitures au moins ! »
Mais seul le vent se fait entendre et le Dom s’enfuit presque ! On se regarde plus sombre, mais il faut y aller, ne pas se décourager ! L’une des plus grandes avancées scientifiques se cache peut-être derrière ces arbres ! On s’équipe du nécessaire et en file indienne, on marche sur un tapis de feuilles mortes, encombré de souches, de branches ou de ronces !
On n’ose parler, car on est méfiant ! Dieu sait quelle créature pourrait surgir brusquement, de derrière ces troncs ! Elle pourrait avoir un vieux drap sur le visage et une tronçonneuse entre les mains ! Ou bien cela pourrait être un sanglier géant, crachant du feu par les naseaux ! En tout cas, l’ennemi serait inexorable, sourd à la pitié et il tuerait tout le monde, sauf la plus jolie, protégée par le sacrifice de son amant, afin d’assurer la survie de l’espèce !
Quelqu’un éternue ! « L’imbécile ! jette entre ses dents Antimat.
_ J’en peux plus ! lâche une Dom, en laissant tomber son sac.
_ Ca n’ m’éton… Bon ! On va bivouaquer ici ! » indique Antimat, qui a failli révéler son sexisme.
Le moral est cependant au plus bas, mais le plus courageux fait un feu et bientôt l’odeur appétissante d’un cassoulet vient embaumer les narines ! Les joues redeviennent rubicondes et les regards brillants ! « Ça m’ rappelle 48 ! dit Antimat. Quand on est allé chercher l’astéroïde Chacal ! On avait de la boue jusqu’aux genoux et on mangeait du rat, qu’on tuait au couteau ! Ah ! En c’ temps-là, on savait endurer ! »
Tout le monde sourit à ces propos, car la faim apaisée rend indulgent, même si on comprend que le « patron » est sur la voie de la sénilité ! Bonne ambiance chez les Scientifs pourrait être le titre de la soirée !
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On s’enfonce toujours plus profondément dans la forêt ! Le silence succède au silence, le tronc moussu au tronc moussu, la feuille humide à la feuille humide ! « Peut-être qu’on tourne en rond ! » s’écrie l’un.
_ C’est un piège ! lâche un autre.
_ Venez voir ! »
Tout le monde se précipite, en quêtes de nouvelles, et on découvre un vaste champ de champignons ! Ils sont trop nombreux, pour qu’ils viennent d’une cause naturelle ! Ils sont bien trop étranges également ! D’un bleu lumineux, ils ont de singuliers points jaunes, ainsi qu’ils auraient des visages souriants ! On est comme devant une marée sympathique !
« Un piège, comme je l’ai dit ! répète le Dom soupçonneux.
_ Peut-être, peut-être ! réplique Antimat. En tout cas, ne laissons pas notre imagination vagabonder ! Nous sommes des Scientifs, pas des artistes !
_ Nous sommes équilibrés sexuellement ! jette celle qui avait été surprise en plein accouplement.
_ Exact… ! Évitons aussi les jugements hâtifs !
_ Je voulais seulement dire que nous, nous n’encombrons pas l’espace de nos névroses ! Pouah !
_ Ouais, ouais… Gardons la tête froide, car seule l’objectivité doit nous guider !
_ Ils ont quand même l’air accueillant, ces champignons ! fait un autre Dom. On dirait des lutins espiègles !
_ Et voilà la névrose ! coupe la Dom équilibrée sexuellement.
_ Si c’est bien là le résultat de l’impact avec la masse sidérale, glisse Ratamor, nous pourrions avoir affaire à une vie extraterrestre, peut-être plus intelligente que nous !
_ Hum ! Ils sont tout de même immobiles !
_ Et alors ?
_ Alors ? Alors ? L’immobilité ne favorise pas le développement cérébral !
_ Êtes-vous en train de nous dire que les handicapés sont tartes ?
_ Loin de moi de me moquer des victimes de la vie !
_ Ouais, moi, j’ dirais au contraire que l’immobilité peut contraindre au développement cérébral ! Puisqu’on ne peut pas bouger, on doit réfléchir plus !
_ C’est un point de vue !
_ Eh ! Les champignons, est-ce que vous comprenez notre langage ? demande à côté un Dom.
_ Mais qu’est-ce que vous faites ? s’inquiète Antimat.
_ Ben, vous voyez, j’essaie d’établir le contact !
_ Hum, les champignons ne savent peut-être pas qu’on les appelle des champignons !
_ Qui n’essaie rien n’a rien !
_ Voyons voir…
_ C’est tout vu ! s’écrie un Dom jusqu’à présent silencieux. Il est où le ruissellement promis ? Ils sont où les crédits ? Nulle part !
_ Hein ?
_ Minute ! reprend la Dom équilibrée sexuellement. Minute ! Combien de femmes nous sommes dans l’équipe ? Deux… pour six hommes ! Le patriarcat est évident !
_ Mais…
_ On n’écoute pas la jeunesse ! Il est là le problème !
_ Et l’éducation ?
_ Quoi l’éducation ?
_ Ben, les parents ont démissionné !
_ A qui la faute ? Quand on est exploité, on n’ peut pas être disponible !
_ Ah oui ! Le « fameux » ruissellement !
_ Pourquoi « fameux » ! Il est juste que les profiteurs donnent leur part !
_ Part que vous attendez la bouche ouverte, comme les oies !
_ Salopard !
_ Feignasse !
_ Messieurs, messieurs !
_ Le patriarcat éclate dans ses coqs !
_ Mesdames, mesdames !
_ Professeur, glisse Ratamor à Antimat, il est possible que ces champignons nous empoisonnent, en lâchant des spores invisibles ! Car notre agressivité est anormale !
_ J’ crois plutôt qu’ils se foutent de not’ gueule ! Et j’ peux pas leur donner tort ! »
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Dans le camp d’entraînement, le fils de la Machine regarde les mutants et se demande comment les changer ! Ils sont animés par leur haine et ils ne sont donc pas lucides ! Au fond, on dirait une couvée d’oiseaux, qui ne cesse de réclamer à manger ! On a l’impression qu’on ne peut pas les atteindre et d’abord parce qu’ils ont un discours répétitif, hargneux, fait d’un bloc, qui ressort comme une litanie abrutissante ! Quand la domination est aussi élevée, elle ne peut être que psychorigide ! Le mutant doit avoir raison, sinon sa bulle se fissure et il « explose » !
Comment l’amener à comprendre que les autres sont un autre nous-mêmes ? que nous sommes tous pareils, régis par les mêmes lois, que nous avons tous peur, que nous avons tous soif de reconnaissance, etc ? Non, pour le mutant l’autre est abstrait ! C’est un monstre, un ennemi, un profiteur ! Le mutant vit dans un monde obscur ! entouré d’ennemis ! Il a besoin que les choses soient simples : il y a les gentils, dont il fait partie, et les méchants, qui sont sans pitié ! Le mutant s’estime donc bon et ne se remet jamais en question ! Pour cela, il faudrait déjà qu’il respire !
Si le mutant est aussi serré sur lui-même, c’est qu’il a peur et croit vivre dans un milieu qui lui est hostile ! Ce n’est pas tout à fait faux, puisque chacun a priori fait valoir sa domination ! C’est en abaissant l’autre qu’on se sent supérieur ! Cela rassure, quoique bien entendu cela conduise à la haine et au chaos !
Comment alors rassurer sans humilier l’autre ? « Grâce à la beauté de la Chose ! » songe le fils de la Machine. Devant la beauté de la Chose, le mutant devrait comprendre qu’il est « chez lui » ! qu’il n’a pas de soucis à se faire, puisque dans une feuille mort ou dans un brin de mousse il y a déjà une beauté infinie ! Comment le mutant lui-même pourrait-il se sentir perdu, alors qu’il est lui-même plus qu’une flaque ou du bois mort ?
Seulement voilà, il faudrait déjà conduire le mutant à considérer la beauté, c’est-à-dire qu’il faudrait plus d’une minute lui tourner les yeux vers autre chose que lui-même ? Est-ce possible, quand il n’y a pas de « likes » à la clé ? quand c’est apparemment le silence, l’attente, la concentration qu’il faut accepter ? Le chemin vers la beauté passe d’abord par le respect de la différence ! Le milieu de la forêt n’est pas celui du Cube ! Les animaux et les plantes ont leur vie propre et il s’agit de la respecter ! Les oiseaux, par exemple, s’enfuient au moindre bruit ! Pour qu’ils se sentent à l’aise, il faut déjà soi-même devenir silencieux !
Il faut comprendre qu’on n’est pas tout seul, que nous cohabitons avec les autres espèces et que nous sommes pas le centre du monde ! Cela acquis, on peut alors développer sa curiosité, s’enchanter de la richesse de la vie et voir comment la lumière agit d’une manière magique sur tout ce qui existe ! Elle est comme de l’or liquide, qui illumine les couleurs ! Elle nourrit les plantes et elle est donc indispensable aux animaux, mais dans le même temps elle ne cesse pas de « diffuser » sa beauté, de la faire naître dans tout ce qu’elle « touche » ! d’où sa grandeur infinie ! Elle n’est pas seulement physique, avec une action chimique ou biologique, elle est aussi spirituelle, en révélant la beauté !
A partir de là, le Dom peut être rassuré, en comprenant qu’il n’est pas seul et qu’on s’adresse à lui, par la beauté ! Encore faut-il faire un pas vers la contemplation, vers cette simplicité attentive ! Inutile d’amener le mutant en forêt, il sera bientôt énervé ! Il y a bien l’art ! Celui-ci est un message ! L’artiste par son art transmet la beauté qu’il perçoit ! Les Doms peuvent alors mieux comprendre ce qu’on essaie de leur montrer, plutôt que de se retrouver au milieu de la Chose ! Le travail de l’un des leurs a plus de sens qu’un tronc tout nu ou qu’un oiseau craintif !
Mais est-ce adapté au mutants ? Est-ce qu’un tableau de maître va les intéresser ? Hum ! Le fils de la Machine arrive à une autre conclusion : pourquoi est-il devenu réceptif à la Chose ? Parce qu’il a été vaincu par Paschic, qui lui était présenté comme un magicien de la Chose ! Il faut donc au fils de la Machine vaincre les mutants, pour d’abord être respecté et ensuite pouvoir enseigner : « Hem ! Hum ! fait-il aux mutants. Je vais vous apprendre la technique de la mousse emperlée !
_ Hein ? Quoi ? Tu rigoles !
_ Ta mère !
_ Va jouer l’ancêtre !
_ Qui veut tester cette technique ? Qui veut me combattre ?
_ Moi ! répond bruyamment Boulos.
_ Bien, mettons-nous en place... »
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Le duel psychique s’effectue toujours de la même façon… Les deux individus se font face, mais sans pour autant se regarder et ils peuvent même se tenir à une certaine distance ! Ce n’est pas le jeu de la barbichette, c’est invisible et sournois ! Chacun prend conscience de l’espace, avec son énergie psychique et sent celle des autres, d’autant que celle-ci est menaçante, agressive, dominatrice !
En quoi consiste une attaque ? L’énergie psychique va oppresser et essentiellement chercher les failles ! Malheur à celui qui a des choses non résolues en lui, surtout si elles concernent la sexualité, car la domination adolescente est aussi bien entendu sexuelle, c’est l’âge ! Mais l’individu fragile va voir ses peurs les plus profondes se réveiller, sous l’effet de la pression psychique de son adversaire !
Ce n’est pas que le mutant soit équilibré et qu’il ait lui-même traité ses doutes, mais comme il n’est que « pure » domination, il parait sûr de lui-même, comme une hache fait son travail ! Cela a un prix, on le sait : c’est une dépense d’énergie incessante, qui vide la « batterie » et produit la dépression, avec des insomnies et des sommeils subits, qui viennent compenser !
Il ne faut jamais perdre de vue que la domination du mutant n’est qu’une fuite en avant ! Il domine pour ne plus avoir peur ! Ce qui fait qu’il n’est pas libre ! On peut dire qu’il domine malgré lui, comme s’il était prisonnier de sa domination ! A certains moment d’ailleurs, on peut le voir se débattre avec elle ! C’est qu’il est devenu assez mûr pour se rendre compte combien son activité peut être fatigante et nuisible à son environnement ! Cependant, la paix ne vient qu’avec la disparition de la peur et long est le chemin !
Mais dés qu’une faille est trouvée par le mutant, il rit du trouble qu’il a provoqué ! Il voit déjà son adversaire comme un esclave sexuel ! Son ego triomphe et c’est sans surprise que le fils de la Machine voit se dresser devant lui l’entité psychique de Boulos ! C’est un guerrier géant, couvert d’une armure de samouraïs (peut-être issue de la lecture des mangas), qui surtout a le visage barré d’un sourire sadique ! Boulos s’imagine déjà le fils de la Machine sautant sur ses genoux ! Sacré papa Boulos !
En fait, la technique de la mousse emperlée n’en est pas vraiment une ! Elle est venue à l’esprit du fils de la Machine comme ça ! Il aurait pu très bien dire la technique de la feuille morte ou de la fleur de jonc ! Peu importe, même si à présent le fils de la Machine se concentre sur de la mousse emperlée par la pluie et qui brille sous un rayon ! Car le but c’est d’obtenir la puissance de la beauté et comme elle forme un tout, chacune de ses portes d’accès est reliée !
Cette puissance bien sûr dépasse largement le pouvoir d’un seul, la domination égoïste ! La confiance qu’elle engendre donne une force infinie comme elle ! Le fils de la Machine ne fait que la sentir à peine et déjà le guerrier japonais Boulos est propulsé violemment en arrière, sous le regard ébahi des autres mutants ! Ce n’est qu’une pichenette, mais elle a largement été suffisante ! Avec la beauté, on est loin des tripotages crasses du nombril ! C’est comme si on ouvrait largement la fenêtre !
Boulos donne l’impression d’avoir reçu une décharge électrique ! « Alors, demande le fils de la Machine aux autres mutants, qui est intéressé par la technique de la mousse emperlée ?
_ Moi !
_ Moi !
_ Moi ! »
Cependant, Patz et Kalos sont inquiets, au sujet de ce qui se passe dans le Cube ! En effet, la population manifeste sa colère de plus en plus ! La violence s’installe et le chaos ne demande qu’à émerger ! Cela n’est évidemment pas bon pour Dominator et ceux qui travaillent pour lui, comme Patz et Karoc !
Mais ils auraient été infiniment plus philosophes, s’ils avaient pu comprendre le sens vrai de cette contestation ! Certains veulent qu’ « on arrête tout » ! comme si l’existence elle-même était épuisante et que le monde allait trop vite et nous ne sommes pas loin là des mutants, avec leur tension permanente ! On souhaite une sorte d’« apocalypse » social, révélant que nous n’avons pas les clés de notre paix !
Il suffirait d’aller prendre l’air et d’admirer la Chose, pour être juste contents d’avoir à manger et un toit ! Car la beauté est matière à nourrir notre esprit ! Mais c’est sans compter sur la domination, qui veut ses coupables, des objets à vaincre et qui se dirige contre le gouvernement, rendu responsable de tout le mal-être ! Il remplace Dieu et le vide spirituel est compensé par la lutte sociale !