Des repères

  • Le 31/03/2018
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Des reperes

 

 

 

 

 

 

    Il est des jours gouvernés par la peur, l'anxiété! Et nous sommes tous alors sous le joug de ce sentiment dès notre réveil! Pourquoi en est-il ainsi? Il nous faut admettre qu'il y a des conditions favorables et d'autres non...; car la personnalité de chacun ici n'est pas en cause; c'est un effet de la nature qui nous échappe et qui est général! On peut s'en rendre compte en observant les individus dans la rue, ce qui demande bien sûr d'avoir les yeux ouverts et non d'être fixé sur soi!

    Mais ces jours où règne l'angoisse sont peut-être plus intéressants que les autres, car ils nous permettent de voir si nous sommes solides ou non; un peu comme on apprend à connaître la valeur d'un bateau, quand il est éprouvé par une tempête! Inutile de vous dire que ce qui n'est pas vrai, ce qui est hypocrite ne résiste pas et est emporté sous le souffle de la panique! En fin de compte, il ne reste plus que le tuf; nos viscères pour ainsi dire, et c'est pourquoi j'ai intitulé cet article Des repères, car nos réactions face à l'anxiété vont nous situer, vont dire qui nous sommes et quel est notre degré d'évolution (n'ayons pas peur des mots!)!

    Précisons d'abord que les hommes et les femmes ont eu une manière différente d'affronter leur angoisse! Les hommes ont volontiers recours au rapport de force, tandis que les femmes font appel à la séduction: à chacun ses armes, pourrait-on dire!

    Mais examinons en détail ces attitudes... Elles sont simples à comprendre du moment qu'on regarde dans la bonne direction, et en l'occurrence vers le règne animal! Comment se comportent en effet les animaux dès que les conditions deviennent difficiles, quand la survie est menacée? La réponse est claire: ils sont sans pitié, ils se battent et c'est le plus fort qui triomphe! C'est lui qu'on voit reparaître au round suivant!

    J'ai déjà cité ailleurs l'exemple des crocodiles dans le marigot qui s'assèche et c'est à qui profitera le plus longtemps d'une place dans l'eau; la chaleur, la sécheresse, le manque de nourriture tuant les vaincus! Pour les humains, les choses ne sont pas très différentes: plus la situation est troublante, sentie comme âpre, et plus la majorité cherche à s'imposer! D'une manière générale, moins un individu est évolué et plus il voudra satisfaire son égoïsme! C'est sa domination qui comptera et qui voudra s'exercer!

    Chez les hommes, cela se traduit par des airs de défi, des regards chargés de haine, à l'égard d'autres hommes! Il s'agit de montrer qu'on est supérieur! C'est instinctif et c'est une réaction produite par l'inquiétude! Cela révèle aussi malheureusement un degré d'évolution voisin de zéro! Et s'il n'y avait pas de lois, un code social, une éducation; l'angoisse nous conduirait d'abord à l'agressivité et très vite à la pire des violences; comme si nous étions nous-mêmes dans ce marigot réduit à une peau de chagrin, à nous donner des coups de dents!

    Le sage sera d'ailleurs volontiers pris pour cible, car par son calme il sera vu comme dominant! Or, vaincre un enfant, pour un homme, n'a rien de gratifiant! Il faut donc que celui qu'on défie ait apparemment de l'importance; ainsi la victoire (et il suffit que l'adversaire baisse les yeux) créera un sentiment de confiance, revigorera l'amour-propre, donnera du baume au cœur, mettra en veilleuse l'anxiété! Rien ne vaut, pour le primate que nous sommes, une belle petite haine bien distillée! Evidemment, ce n'est pas le cri du gorille mâle qui est le plus fort; il y a moins d'ampleur, mais il ne faut pas non plus alerter la police! Pour durer, sachons rester humbles!

    Mais le sage donc doit s'attendre à des coups d'œil mauvais, à des provocations feutrés, fugitives, et il saura à quoi s'en tenir! Il pourra se dire: "Tiens, il pleut de l'angoisse! Et les singes sont de sortie!" Il veillera bien évidemment à ne pas les imiter; le sage ne travaille pas pour rien; toute son énergie lui sert pour comprendre et évoluer; ce qui l'amène bien entendu à se détacher de la haine et d'autres fariboles du même genre! Le sage essaiera d'être un ouvrier de paix et sa lutte contre l'angoisse ressemblera à une lutte de titans! Pas question de prendre un autre pour paillasson, afin de régler le problème! Nous sommes ici entre gens courageux et de bonne volonté!

    Du moment qu'on évolue, on s'écarte du troupeau et tout devient alors difficile! Il faut parfois soutenir tout un monde tout seul, comme un Atlas perdu dans la foule; alors qu'autour la plupart se croit à la fête foraine et si on veut se moquer du monsieur, eh bien, on le fait!

    Le tyran croit à ses aises, et qui le lui reprochera! Il n'a pas la moindre idée de ce qu'est un effort! Le monde doit tourner autour de lui! "Heureuses les taupes!" pourrait-on dire... Mais non, les aveugles et les égoïstes ne connaissent pas vraiment la paix! Comme les animaux, ils sont toujours sur le qui-vive! Sont-ils assez hauts? Dominent-ils absolument? Ne cherche-t-on pas à les remplacer? Ne veut-on pas les voler? Le tyran vit dans une ménagerie, avec des voisins en costume!

    La lutte du sage, elle, est profitable; elle conduit à des progrès durables et bienfaisants! Mais si les hommes se grattent toujours sous les aisselles, les femmes, pour répondre à l'angoisse, font usage de leurs charmes! Ah! (Nous voilà soudain tel le loup de Tex Avery!)

    Cependant, la réaction des femmes n'est pas plus constructive que celle des hommes... Elles sont tellement inquiètes qu'elles essaient d'attirer l'attention sur elles de toutes les manières! C'est souvent grossier, voire vulgaire et parfois pathétique! L'homme doit alors marcher sur des œufs, s'il ne veut pas blesser! Mais certaines réactions peuvent être méprisantes, haineuses, injurieuses, car des femmes ne supportent pas de voir leurs avances repoussées et par là elles montrent tout leur orgueil, toute leur sécheresse, leur pauvreté d'âme, et on se dit qu'on l'a effectivement échappé belle!

    Car quelle serait une relation avec ce genre de personnes? Poussé par la peur, on aurait dit oui et on n'aurait vu que le masque! Quelques mois plus tard, on serait dressé à la baguette; on serait le Marines de madame! Les femmes tyrans ne sont pas moins nombreuses que les tyrans masculins; un sexe n'est pas plus évolué que l'autre!

    En tout cas, on voit bien que la solution féminine, qui cherche encore à satisfaire l'égoïsme ou l'amour-propre, que cette solution instinctive n'est pas meilleure que celle des hommes, car ce qui permet justement de comprendre et vaincre l'angoisse est un effort de la conscience, de la raison! C'est un changement en profondeur, et d'une manière générale, là où il y a ressentiment et violence, ce n'est pas le bon chemin!

    Tout être qui veut évoluer doit s'armer de patience! Et celui qui se lève ne doit pas compter sur les autres! La facilité, c'est, face à l'angoisse, défier les autres, ou vouloir les séduire! C'est encore dominer! L'homme fort passe hautain; la femme belle méprise dans son sillage, ou bien la mère de famille joue au yoyo avec ses enfants! Ce sont tous des comportement qui rassurent, mais qui au fond ne résolvent rien! Il faudra les répéter à chaque fois qu'on sera dans la même situation, comme les animaux qui chaque jour refont la même chose, parce qu'ils n'ont pas la capacité de vraiment inventer! Et avec le temps, ce sera de plus en plus difficile: les forces diminuent, la beauté se flétrit et les enfants grandissent!

    Le tyran ne peut que le devenir encore plus! Autre repère! A moins de croire au miracle... Et si vous allez mal, ce sera encore pire dehors, car la majorité refuse d'évoluer!

    Evidemment, la famille semble un remède idéal contre l'angoisse... Elle forme comme un tissu qui protège du monde extérieur... On fait partie d'un clan qui s'entraide; les uns prêtant l'oreille aux autres et les rassérénant!

    Mais la famille entraîne aussi une certaine cécité, comme si on restait enfermé dans des langes... La mort coupe en morceaux celles-ci et semble pousser chacun à se "mettre debout"; les affections ayant été détruites. Chacun doit faire face à son destin et c'est ce qu'apprennent sans doute trop tôt celui ou celle qui jouent le rôle de la brebis galeuse dans la famille, car apparemment il en y a toujours une!

    Le "paria" ouvre les yeux sur l'égoïsme du clan et du monde; il en souffre certainement et à bien des égards, il est plus vite mûr que ses frères et ses sœurs!

    Pourtant, la solitude n'est pas à envier...; mais entre faire le mal, même par ignorance, et elle, il n'y a pas à choisir!

    Je me rends souvent à un supermarché Bio, mais à peine y suis-je entré qu'il m'est impossible de faire mes courses d'une manière convenable, agréable! Je voudrais me laisser inspirer par la richesse et la nouveauté des produits, mais c'est impossible! Les clients et le personnel sont si énervés, si immatures, si égoïstes, si pleins de tensions, qu'ils pressent tant que me voilà décervelé, incapable de la moindre imagination, contraint d'acheter à peu près toujours les mêmes choses, afin de n'être pas venu pour rien; alors que c'est normalement un magasin destiné à augmenter la qualité de la vie!

    Imaginez un monde où on arriverait à expliquer logiquement aux gens que la domination, qui leur est instinctive, est une impasse, puisqu'elle ne peut que conduire à la tyrannie! Imaginez les gens ne cherchant plus à se faire valoir, à attirer l'attention sur eux, mais au contraire tournés sincèrement vers le monde extérieur, vers les autres!

    Mais nous serions alors respectueux et même solidaires sans efforts! Comme la vie nous deviendrait légère! L'angoisse n'aurait aucune prise sur nous!

    Ce qui crée l'abîme, le chaos et par là même la méfiance, le trouble, la peur; mais c'est la tyrannie! C'est elle qui produit le déséquilibre! Comment pourrait-on être à l'aise dans un monde où majoritaires sont ceux qui demandent de l'admiration, sous la menace qu'on devienne la cible de leur haine ou de leur colère!

    De quel droit se conduit-on ainsi à l'égard des autres? Vaut-on plus qu'eux? Sont-ils voués à la condition d'esclaves?

    Cependant, c'est le printemps (viendra-t-il jamais?) et nos comportements devraient s'adoucir... A l'instar des animaux, nous sentons que la vie va devenir plus facile, la lutte sera moins pénible...; ne serait-ce qu'au niveau des températures... Le soleil nous rend plus patients, plus aimables, mais c'est aussi le moment de faire le bilan de l'hiver, et ici on a droit à quelques surprises!

    Si on veut progresser, il faut savoir regarder et si on fait le tour de son entourage, même en comptant les personnes que l'on connaît seulement de vue, il y a de quoi frémir!

    D'abord, certaines sont parties avec le mystère de la mort! D'autres sont à l'hôpital, victimes d'un accident, mais en réalité de leur angoisse! D'autres encore sont plâtrées, handicapées pour le printemps; leur blessure a été l'ultime moyen pour que leurs tourments s'arrêtent!

    Et puis il y a ces individus qui font peur! Ils ont subitement vieillis de dix ans! Leur cheveux à présent sont blancs ou tombent en masse! Ils sont à peine reconnaissables! Ceux-là ont trouvé plus forts qu'eux! Ils se sont voulus eux-mêmes tyrans et ils ont croisé plus méchant et plus cruel! comme dans la mer où il y a toujours un poisson plus gros et plus vorace!

    On note enfin quelques êtres en mutation, avec des têtes de boxeur ou un gros bouton sur la joue, ou déformés par une surcharge pondérale qui fait pitié!

    Enfin, en attendant des jours meilleurs, je vous ai retrouvé un vieux 45 tours, qui s'intitule: "La chanson du tyran"! Il grésille un peu, mais attention, je le mets sur le pick-up!

"C'est moi l'tyran!

Yak moi qui compte!

J'vais m'empirant!

Mais appelle-moi comte!

 

D'après Darwin,

C'est moi qui "win"!

D'après Sigmund,

Chuis Paramount!

Comme un p'tit poids,

J'vois le monde!

J'l'avale et quoi?

Chuis toujours immonde!

 

Refrain:

C'est moi l'tyran!

Yak moi qui compte!

J'vais m'empirant!

Mais appelle-moi comte! Etc."

 

 

   

   

 
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