LA GUERRE PSYCHIQUE

R155

 

        "Je n'oublie ni un nom, ni un visage!"

                         Rendez-vous avec la mort

 

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     Au sommet de la tour du Pouvoir, Dominator, son éternel cigare au bec, contemple la brume qui se lève peut à peu sur Domopolis ! Derrière lui attend l’équipage de retour d’Ultima ! « Messieurs, dit Dominator, je dois vous féliciter ! Vous avez ramené tout le monde sain et sauf !

_ Hem ! Hum ! fait Ratamor. Pas tout le monde ! Paschic est resté là-bas !

_ Ah ! C’est vrai ! Et qu’est-ce qui lui est arrivé à celui-là ?

_ Eh bien, à vrai dire, nous l’ignorons ! répond Patz. Nous avons attendu son arrivée jusqu’à la dernière limite, car, comme vous le savez, la station était menacée par une sorte de faille temporelle… ou spatiale !

_ Oui, cet étrange incident…, dont on ne comprend pas encore la nature ! Mais c’est aussi par cette faille que s’est échappé le fils de la Machine, à bord d’une de nos navettes !

_ Exact !

_ Mais bon sang ! Pourquoi s’est-il échappé ? De quoi se sentait-il coupable ?

_ Hem ! Hum ! fait Ratamor. Il est possible qu’il ait pensé avoir des ennuis, à cause de ses fausses accusations de pédophilie !

_ A condition qu’elles soient fausses ! coupe Karoc.

_ Elles le sont ! réplique Ratamor. Mon ami Mox a été injustement accusé et condamné !

_ Bon, bon ! admet Dominator. Et la Machine, comment elle va ?

_ Elle ne dit rien, répond Patz. Elle semble hébétée et diminuée, ce qui n’est pas anormale pour quelqu’un qui sort du coma…

_ Lapsie ?

_ Elle s’en remettra !

_ Bon ben, je le répète, félicitations messieurs ! Votre mission de secours a été un succès !

_ Vous ne comptez pas essayer de savoir ce qu’est devenu Paschic ? demande Web. Qu’allez-vous faire de la station ?

_ Mais, à l’heure qu’il est, la station n’existe plus ! Pas vrai, Patz ?

_ Non, nous avions enclenché son système d’autodestruction, avant de partir ! Elle a dû exploser une heure après !

_ Bande de salauds ! s’écrie Web.

_ Oh ! Eh ! Un ton en dessous, Web ! fait Dominator. D’ailleurs, Paschic était un élément menaçant pour le Cube…

_ Sûr ! approuve Karoc.

_ Mais bon ! reprend Dominator. J’ai à discuter avec Patz et Karoc ! Les autres, vous dégagez ! »

Qu’est-il arrivé à Paschic ? Il a bien découvert le système d’autodestruction, mais il était trop tard ! D’ailleurs, il n’aurait pas su l’arrêter ! Le résultat : il a été pulvérisé dans l’espace, ainsi que la station ! Et pourtant il est toujours conscient ! Il est toujours là, quelque part, avec son esprit ! Il n’est pas mort totalement, il le constate ! Il continue d’exister par sa conscience !

Il ne devrait pas en être étonné ! N’a-t-il pas cherché toute sa vie du sens ? N’a-t-il pas passé tout son temps à développer sa conscience, comme si elle était l’aboutissement ? Elle est maintenant séparée de son corps, comme un fruit lâché dans l’espace ! ou comme un pollen voyageant sans sa fleur !

Mais une autre vérité se fait jour dans l’esprit de Paschic : plus la conscience a été étendue pendant la vie et plus elle est libre après la mort ! Au contraire, plus elle a gardé son égoïsme et ses privilèges, à l’abri de ses peurs et plus elle est maintenue dans une prison qu’elle a construite elle-même !

Cela apparaît comme une évidence, d’autant que Paschic sent un souffle infini monter en lui ! En effet, il a consacré sa vie à la beauté et le voilà partout chez lui en somme, car la beauté est elle-même partout ! D’autre part, le temps de la Chose lui a appris les lois qui régissent les Doms et il a donc appris à les connaître, aussi bien que lui-même ! Le voilà donc aussi capables d’atteindre toutes les consciences, un peu comme un joueur de piano fait vibrer toutes ses notes !

La connaissance universelle de Paschic, son amour constant pour la beauté de la Chose, et donc son respect pour tout ce qui vit, le font désormais infiniment libre et rayonnant ! Et il décide d’abord d’aller voir maître Sol, de communiquer avec lui, de conscience à conscience et se rendre sur la planète Kaar ne pose évidemment aucun problème, puisqu’elle est toute dévouée à la beauté !

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     Il suffit à Paschic de penser à Kaar pour s’y rendre ! Il y est parce que son esprit la matérialise et il n’existe pas non plus de limites au champ de la conscience, si ce n’est celles que l’on n’a pas voulu franchir durant son existence et qui demeurent par-delà !

Paschic a toujours aimé retrouver Kaar et son respect, voire son culte, pour la beauté de la Chose ! La nature y est bien sûr infiniment préservée et dans les bois, on a l’impression de visiter un temple, dont les piliers seraient formés par les troncs et les vitraux par la lumière sur les feuillages !

Ici, nul individu qui court avec un casque sur les oreilles, indifférent au monde qui l’entoure ! Ici, nulle conversation bruyante, qui ressasse des ennuis ou des convictions personnelles, à grand renfort d’égoïsme !

Ceux qui empruntent ces sentiers se recueillent, écoutent le silence, s’enchantent de l’oiseau, du champignon ou de la mousse ! Ils sont admiratifs et respectueux ! Ils respirent et apprennent à se dominer eux-mêmes et non les autres ! Le temps de la Chose les aide et les pénètre, ce qui n’a rien d’austère, au contraire !

Les oiseaux ne sont pas effrayés et chantent à tue-tête ! Les petits rongeurs passent entre les pieds des promeneurs ! Les écureuils donnent l’impression d’avoir installé une scierie dans les cimes ! Ici, chacun peut vivre, sans craindre l’homme ou le Dom ! Nul souci de rentabilité habite ces lieux ! Nulle folie ne les menace de béton ! Les habitations des Kaariens sont elles aussi en harmonie avec la nature : elles se fondent dans le paysage et ne se dressent aucunement hors de lui, comme si elles lui faisaient la guerre !

Toute la philosophie kaar est dirigée contre la domination, grâce au message de la beauté ! On y apprend avant tout à ne plus avoir peur, car c’est bien la crainte qui pousse à dominer, pour se rassurer ! Ici, on affronte le réel, pour mieux le connaître ! On ne le fuit pas, dans une bulle dominatrice ! Il s’agit d’ouvrir les yeux, pour trouver de l’espoir, s’il existe ! En résumé, la planète Kaar est à l’opposé du Cube !

Paschic choisit de rejoindre maître Sol dans un endroit qu’ils aiment tous les deux ! Là, des houx ont l’air de candélabres triomphants, avec une lumière d’une pureté inouïe sur les feuilles ! Mais dés son approche, Paschic sent que maître Sol est dans le même état que lui, qu’il est mort lui aussi ! « Te voilà, Paschic ! dit la conscience de maître Sol. Je vois que tu as rejoint entièrement la dimension psychique !

_ Oui, j’ai péri dans la destruction de la station Ultima… Certains Doms n’ont pas voulu que je m’en sorte !

_ Hélas, je n’ai pas connu meilleur sort… Peu après avoir essayé de te joindre, j’ai été assassiné… par un Kaarien, figure-toi !

_ Je ne comprends pas… Comment un Kaar peut-il commettre un tel acte ?

_ C’est que la lutte contre la domination est toujours difficile, tu le sais ! Bien souvent, on en désespère, on se dit que rien ne change et qu’on n’évolue pas ! On voudrait tout de même être connu, avoir du pouvoir, être quelqu’un ! La tentation est toujours là et on finit par y céder !

_ Mais pourquoi vous assassiner ?

_ C’est justement pour cela que je voulais te parler… J’ai compris, à certains signes, qu’il se passe quelque chose sur le Cube… Il se pourrait que celui-ci essaie d’attaquer Kaar…, grâce sans doute à la complicité de quelques uns ici, qui ont fini par me voir comme une menace...

_ Je vois… Mais à votre avis que veut le Cube ? Pourquoi attaquer Kaar ?

_ Je n’en sais rien, à vrai dire… Mais une expression m’est tombée dans l’oreille… Je crois que le Cube prépare une guerre psychique contre nous !

_ Une guerre psychique ?

_ Oui, une autre guerre serait inefficace et même très impopulaire ! tandis qu’une guerre psychique nous toucherait directement et resterait invisible !

_ Serait-il possible de l’empêcher ?

_ Je pense que nos consciences ont encore un rôle à jouer, puisque nous connaissons les Doms et que nous pouvons toujours communiquer avec eux ! D’autre part, s’il s’agit bien d’une guerre psychique, la conscience sera essentiellement concernée et ce sera notre terrain !

_ Bon, mais ce n’est pas seulement le Cube qui est en cause... Ici la situation se dégrade, avec votre assassinat !

_ Oui, allons voir ce qui se passe réellement ! »

                                                                                                        3

     Que devient le fils de la Machine ? Inquiet pour son avenir, amer d’avoir perdu contre Paschic, il n’a pas voulu retourner sur le Cube et il a profité d’un phénomène étrange, une faille dans l’espace, pour s’enfuir ! Il a pris une navette de la station Ultima, pour foncer dans la déchirure du cosmos ! Que s’est-il passé ensuite ? Il a tourbillonné dans une nébuleuse environnée d’étoiles, jusqu’à en perdre connaissance !

C’est l’alarme de la navette qui l’a réveillé : on approchait du sol ! D’un coup la navette a percé un plafond de nuages et les reliefs d’une planète sont apparus ! Il a fallu reprendre les commandes et effectuer un atterrissage en catastrophe ! La navette s’est à moitié écrasée sur une terre noire et désolée !

La fils de la Machine a pu s’en extirper sans trop de dommages et juste un peu assommé, il a commencé à regarder où il était ! Mais aussi loin que portaient les yeux, il n’y avait que cet aspect aride et noirâtre, typique des terrains volcaniques !

Le fils de la Machine s’est mis en marche, avec sa faible réserve d’eau et sa combinaison sale et déchirée ! Il entend son pas sur le gravier et monte et descend au fil des reliefs, le front en sueur ! Le ciel est gris, juste traversé par un faible soleil et le fils de la Machine à l’impression de n’être plus qu’une marionnette, dans les mains du désespoir !

Il arrive cependant à un promontoire, qui donne sur la mer ! Celle-ci immense déroule ses rouleaux et elle a la même couleur que le ciel : grise de sorte qu’elle paraît triste et sans vie ! Morne est le mot qui s’impose à l’esprit du fils de la Machine, car il n’ a pas encore vu de végétation, ni d’animaux !

Le fils de la Machine s’assoit et pleure… La solitude est trop dure pour lui !

Dans le même temps, sur le Cube, les choses vont tout autrement, avec une chanson bien différente ! Dominator fait part de ses plans à Patz et Karoc ! « Messieurs, dit-il, comme vous le savez sans doute, la planète est foutue ! Elle ne sert plus à rien ! Peut-être que nous l’avons trop exploitée, mais le fait est qu’elle est sans avenir ! Soit on va y griller, soit y mourir de faim ! Ou les deux ! En tout cas, il nous faut maintenant songer à un plan B !

_ Cela paraît difficile…, glisse Patz.

_ Oui et non… Il y a une planète qui regorge de richesses naturelles et dont le climat est le plus sain du monde ! Je veux parler de Kaar, messieurs !

_ Les Kaariens ne nous laisseront pas faire ! rajoute Patz.

_ Certes non ! Ce sont des illuminés, des mystiques qui n’ont aucun sens des réalités, mais qui sont très attachés à leur planète et à leur façon de vivre !

_ Quels égoïstes !

_ On va les frapper au coeur ! les balayer ! Autrement dit, c’est la guerre ! Nous n’aurons pas leur planète sans cela !

_ Eh bien, où est le problème ? Nous sommes bien supérieurs en armement !

_ Ce n’est pas aussi simple… Les Kaars ont développé leurs forces psychiques anormalement ! Il faut bien leur reconnaître ça : ils sont bien en avance sur nous dans ce domaine et ils sont capables de véritables tours de passe-passe ! Par exemple, ils pourraient retourner nos soldats contre nous ou nous faire attaquer une planète, qui ne serait qu’une illusion ! Ils en ont sous le chapeau !

_ Mais alors que proposez-vous ?

_ Mais qu’on les batte, qu’on arrive à les vaincre sur leur propre terrain, sur celui qui fait leur essence, à savoir le pouvoir psychique ! Outre que j’ai déjà sur place des sympathisants, il nous faut créer une armée psychique, si je puis dire ! Je veux des guerriers psychiques, des cerveaux capables de vaincre d’autres cerveaux ! Vous voyez à quoi je pense ?

_ Euh…

_ Vous allez me rassembler autant d’enfants mutants que vous pouvez… et vous allez les former au combat psychique ! Je veux des fils de la Machine en veux-tu en voilà et je veux qu’ils deviennent les cauchemars des Kaariens !

_ Entendu !

_ Quand vous serez prêts, un instructeur kaarien, dévoué à notre cause, viendra vous aider ! C’est un domaine nouveau pour nous ! Messieurs, la guerre de papa, c’est terminé ! Maintenant, nous nous battons pour faire plier les esprits, les rendre esclaves ! »

                                                                                                           4

     L’univers dans lequel évoluent maintenant Paschic et Sol est nouveau pour eux et ils le découvrent ! Mais, en fin de compte, c’est le domaine de la conscience, tel qu’ils le connaissent sans les corps ! Ils rencontrent au passage directement d’autres consciences, qui sont dans un état qu’elles ont elles-mêmes créé durant leur vie matérielle ! Paschic et Sol ne sont donc pas devant un total inconnu, mais les situations leur apparaissent sans ambiguïtés, sans le masque des civilités, sans le doute qu’impose la crainte de l’autre, comme s’il n’y avait plus que des symboles, des leçons liées au comportement de chacun !

Après la mort, les consciences ne peuvent se tromper elles-mêmes, ni entre elles ! Ainsi, bientôt, Paschic et Sol traversent un champ de prisons flottant dans l’espace ! C’est du moins leur perception, car ils sentent autour d’eux de la rage, de la haine, venant du fait qu’ils se meuvent librement et non les consciences qui les entourent !

Le message est clair : pourquoi Paschic et Sol ont l’air heureux et non elles, qui sont enfermées ! Ne sont-elles pas importantes ? Qu’est-ce que Paschic et Sol ont de plus ? Dans son existence passée, Paschic se serait sans doute arrêté auprès de quelques unes, pour leur expliquer comment se libérer, mais, à présent, il glisse lui-même si facilement qu’il éprouve sans doute la plénitude de l’oiseau, quand il plane dans les hauteurs, et il laisse là toute cette colère, ces vociférations, cette bassesse qu’on cherche à lui transmettre ! Car c’est le résultat d’un travail qui n’a pas été effectué, ni voulu par ceux qui se plaignent ! L’ignorance n’explique pas tout !

« Attention ! » crie Sol, qui pousse sur le côté Paschic, pour ainsi dire ! Mais une étrange conscience déboule, menaçant d’écraser tout le monde ! C’est la conscience d’un agriculteur, enchaînée à son tracteur géant ! Par moments, on sent bien que cette conscience appelle au secours, mais la seconde suivante elle commande son véhicule, qui détruit tout sur son passage ! Puis, ce chaos dangereux disparaît dans la nuit !

Plus loin, une femme songe au milieu d’un cercle de visages… Elle dit à Paschic et Sol : « J’ai figé dans la pierre tous ceux qui me résistaient ! Et ils sont là maintenant à me regarder ! Mais ne le méritaient-ils pas ? Ne suis-je pas une reine ? N’étais-je la plus belle ! On me devait obéissance ! Mais ces statues ont l’air de me demander des comptes ! Que puis-je leur donner ? Je n’ai rien ! »

Paschic et Sol continuent leur chemin et se concentrent sur Kaar… Ils entrent bientôt dans la salle du Conseil, là où se prennent toutes les grandes décisions concernant la planète ! Même sur Kaar, qui lutte contre la domination, il faut un gouvernement ! Cependant, un orateur tient en haleine son auditoire… Il est vêtu d’une robe simple, comme tous les membres du Conseil, et sa voix résonne solennelle !

« Mes amis, mes amis, dit-il, l’heure est grave, car notre idéal est menacé ! Que voyons-nous ? Mais nos valeurs, celles qui ont bâti notre société, sont bafouées, traînées dans la boue et poussées vers l’oubli ! Ce sont pourtant elles qui nous font évoluer, qui font notre spécificité et qui nous permettent de vivre ensemble, en harmonie ! C’est notre histoire qu’on menace ! notre héritage ! Mais qui est à l’origine de nos craintes ? Mais tous ceux qui ont des manières brutales et irrespectueuses ! tous ceux qui croient que notre foi est dépassée ! tous ceux qui se moquent de nos croyances, de nos convictions ! tous ceux qui nous voient, nous les membres du Conseil, comme des privilégiés, des nantis, des parasites ! »

Une rumeur parcourt la salle ! « Je sais, reprend l’orateur, vous vous dites : « Ceux-là ne sont pas nombreux sur Kaar et bien vite notre éducation les fera revenir à la raison, leur montrera les bienfaits de la lutte contre la domination... Mais qui mieux que nous sait que cette lutte est sans fin, tant le cœur est naturellement inquiet et a soif de reconnaissance et de pouvoir ? Qui mieux que nous sait cela ? Nous connaissons les difficultés, les sacrifices pour devenir un Kaar accompli ! Mais toujours il y en a qui n’en ont jamais assez et qui font valoir leur mécontentement ! Et aujourd’hui ils tendent l’oreille vers quoi ? Mais vers une douce musique venue de l’étranger et qui chante que rien n’existe, sauf soi ! et qu’il faut prendre ce qu’on peut ! Et que le bonheur est dans la gloire et la notoriété ! que rien ne vaut l’admiration des autres, leur envie ! N’en déplaise aux vieilles barbes du Conseil ! »

De nouveau la salle s’anime, plus fortement que la fois précédente ! « Oui, Mesdames, Messieurs, clame l’orateur, nous avons cédé aux influences étrangères, au détriment de nos valeurs et de notre idéal ! Les sanctuaires ont été souillés ! Les pensées les plus sacrées ont été raillées et elles ne sont plus traitées que comme des points de vue, des opinions, comme si notre expérience, notre savoir n’avaient pas déjà fait leurs preuves ! C’est pourquoi il est temps de réagir ! »

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