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Le 05/07/2019
En ce qui nous concerne, nous avons vécu quelque temps en Afrique, au Mozambique précisément, où nous effectuions une mission en tant que logisticien, pour Médecins sans frontières. Le pays était toujours déchiré par la guerre civile et sa pauvreté, comme son malheur, étaient vertigineux! Une femme, par exemple, va récolter de quoi manger et a soudain le pied arraché par une mine!
Nous la découvrons couchée à même le sol, dans un hôpital de campagne, qui n'a au fond plus que les murs... Elle gémit doucement, tandis que ses os brisés hérissent sa chair brûlée... Il faut la transporter jusqu'à la ville et elle est placée dans l'avion MSF, un vieux coucou, sous les sièges des autres passagers: ce sera son baptême de l'air!
Est-elle sauvée pour autant? Rien n'est moins sûr... L'hôpital de la ville est certes vaste, mais nous découvrons ses cuisines et nous avons l'impression d'être dans une grotte, tant elles sont nues et sombres! Près d'une ouverture, qui est la seule source de lumière, deux hommes préparent le repas de midi, en tranchant à la hache un morceau de viande, dont ils jettent les lambeaux dans un sceau d'eau... La scène est si misérable qu'on dirait deux fantômes!
Mais le Mozambique, on s'en doute, n'est pas seulement un pays triste... Là comme ailleurs, la vie ne demande qu'à se développer et les Mozambicains vont et viennent, dans leurs habits colorés, avec leurs rêves, pour faire leurs courses ou travailler... Ils sont si enthousiastes qu'ils rient facilement et qu'ils ne perdent jamais une occasion de danser! Mais, si nous racontons ces souvenirs, qui datent déjà d'une autre époque, puisque les ONG engageaient toujours volontiers les bonnes volontés, c'est parce que nous avions la garde d'un petit macaque et que son comportement va nous aider à mieux comprendre le nôtre aujourd'hui!
Ce petit singe était surprenant, tant il paraissait proche des humains et nous nous rappelons encore comment il nous accueillait, pareil à un parent qui dans la joie lève les bras! Nous n'oublions pas non plus sa chaleur contre notre joue, ni que nous l'affrontions à la boxe! Assis sur une dalle de béton, nous n'utilisions qu'un seul poing, quand notre ami restait debout et plus vif nous débordait, si bien que nous faisions parler notre puissance, au-delà de ce qui était correct et à chaque fois une morsure venait dénoncer notre tricherie!
Mais le plus intéressant ici, c'est un voyage en voiture... Notre ami est sur le siège passager et la route devenant bonne, nous commençons à accélérer, quand soudain c'est la panique! Le petit animal saute d'une fenêtre à l'autre; il crie; il se prend la tête entre les mains comme s'il était la proie d'un cauchemar épouvantable! Il est tellement effrayé qu'il souille éperdument l'intérieur!
Alors que nous nous efforçons de le calmer, nous ne comprenons pas sa réaction, puisque certains chiens, dans la même situation et par la fenêtre, vont jusqu'à transmettre le mépris de leurs propriétaires aux véhicules dépassés! Mais peut-être que notre ami comprend-il mieux pourquoi il peut sembler anormal que les arbres défilent aussi vite, cependant que le chien, lui, ne voit le monde qu'à travers la confiance qu'il voue à son maître? Il faudrait sans doute demander à un spécialiste de nous éclairer...
Mais, au fond, la peur du macaque ne devrait-elle pas être la nôtre au quotidien? Certes, nous n'éprouvons pas la vitesse de la Terre autour du Soleil, bien qu'elle soit en moyenne de 106 000 km/h! Certes encore, nous ne sommes pas écrasés par l'infini de l'espace, quoique nous ne soyons guère plus, en comparaison, qu'un grain de sable au fond du Pacifique! Certes toujours, nous côtoyons sereinement les morts, bien qu'ils fussent tout comme nous pleins d'eux-mêmes! Mais nous pouvons nous représenter mentalement ces éléments, pour ne citer qu'eux, et être facilement bouleversés par l'étrangeté de notre condition!
Mais ce qui nous sauve, nous protège, c'est notre racine animale! Nous sommes tellement préoccupés par notre domination que nous trouvons notre fonctionnement parfaitement normal! Nous fonçons dans l'espace, mais nous ne supportons pas la moindre file d'attente! Mais cela veut aussi dire que les plus ambitieux sont les plus aveugles, ou les moins éloignés de la bête! Ainsi, ceux qui se voient tels des élites, qui sortent des grandes écoles comme l'ENA ou HEC, qui accaparent les postes de commandement et qui bientôt s'y sucrent; ceux-là ont peut-être effectivement un QI exceptionnel, mais surtout la clairvoyance du bousier, d'où notamment la bassesse des politiques!
En fait, nous n'examinons jamais assez les conséquences de l'Evolution et même les scientifiques ne profitent pas pleinement de leurs découvertes! En voici un bel exemple... Il y a peu nous avons acheté Premiers hommes de Pascal Picq, chez Flammarion. Nous voulions nous retremper dans les sources de l'humanité, pour mieux retrouver son cours... Mais nous ne cherchions qu'une description des faits, car le sujet est essentiel, délicat et on a tôt fait de l'accompagner de beaucoup de bêtises... Pour tout vous dire, un scientifique qui pense, ce n'est jamais très bon!
Pourtant, Pascal Picq dans son introduction nous rassurait... Page 14, il dit: "Voilà un énorme paradoxe: il existe une fascination universelle pour la question de nos origines, mais un refus absolu de ce qu'elle est dans presque tous les champs de la pensée, même au sein de la science!" Nous sommes d'accord avec l'auteur: mettons cartes sur table, pour rafler la mise sans coups de feu! Fi du regard borgne du plus grand nombre!
Cependant, à la page précédente, nous avions déjà tiqué en lisant: "A cette ignorance s'ajoute la puissante tradition anthropocentrique de la Bible et de la philosophie grecque..." Cette phrase ne choque même pas Pascal Picq, qui devrait pourtant se demander d'où vient cette tradition, d'autant qu'elle se retrouve chez la plupart des peuples! Le sujet est bien ce que nous sommes, mais indulgent, nous avons passé outre!
Mais page 24 nous avons de nouveau fait la grimace! Nos craintes se sont malheureusement confirmées! Il n'était plus possible d'aller plus loin! Un problème avec les porteurs? Mais pas du tout, c'est cette méchante sciatique qui reprend du service! Sur le panneau, c'est écrit:" C'est une vieille manie de la pensée hiérarchique occidentale qui, jusqu'au début du vingt-et-unième siècle, a toujours classé les populations humaines selon ses propres critères..." "Et alors, où est le problème?
_ On reparle bien de l'anthropocentrisme, non, l'Europe ramenant tout à elle?
_ Ben oui...
_ Alors l'anthropocentrisme est d'abord une tradition et maintenant, c'est une manie! C'est pas très scientifique tout ça! J'vous l'avais dit: "Un scientifique qui pense, c'est jamais très bon!"
_ Comprends pas!
_ C'est pourtant simple... Comment ne pas voir que cet anthropocentrisme nous est naturel, tant il est récurrent! qu'il n'est qu'un corollaire de notre domination! qu'une manifestation de notre égoïsme! qu'il n'est qu'une suite logique de l'individualisation des espèces! Autrement dit, Pascal Picq lui-même ne prend pas toute la mesure de l'Evolution et ne s'applique pas sa remarque de la page 14! Et savez-vous pourquoi?
_ Non, mais vous allez m'le dire!
_ Mais c'est parce que Pascal Picq fait partie de ces chercheurs matérialistes, qui fuient comme la peste notre anthropocentrisme, ce qui fait qu'ils ne comprennent ni celui-ci, ni ce que nous sommes!
_ Je ne vous aime pas, vous savez...
_ J'm'en doute! C'est que je menace votre propre anthropocentrisme!
_ Assez! Partez, je vous en supplie!
_ Très bien, mais vous avez blessé Ours d'argent... et tôt ou tard il attaquera!"
Toujours est-il que nous avons dû abandonner Pascal Picq, car la lecture doit rester un plaisir, nullement une cause de polypes! Et puis à dix euros le livre, nous pouvions nous refaire! Tout de même, nous ne pouvons vivre impunément comme des animaux! Notre conscience influe sur nous, telle la lune au-dessus des marées! Notre angoisse transparaît malgré la fixité des murs! Notre liberté nous inquiète bien plus que nous ne voudrions le montrer! Notre destinée est la connaissance, mais nous la fuyons parce qu'elle nous dérange! Nous préférons l'instinct à la découverte, l'égoïsme au raisonnement, l'irritation à la patience!
Mais c'est peut-être le matin qui nous révèle le plus, parce que la nuit nous a fragilisés... L'anxiété nous conseille quand nous nous habillons... Les hommes mettent volontiers les habits de la veille et leur credo est apparemment qu'il faut passer inaperçu! Ainsi, ils ne risquent pas grand-chose, mais la lâcheté n'a jamais empêché la haine; bien au contraire, on veut mordre d'autant qu'on est inconsistant!
Cela veut-il dire que les femmes sont plus courageuses, puisqu'elles font attention à leur toilette? Nullement, car leur but est autre... Elles se repèrent par la séduction! Elles dominent grâce à celle-ci et donc leur premier réflexe, face à la peur, est d'attirer sexuellement! Regarder les femmes le matin, c'est comme écouter une symphonie: on vit toutes les nuances, toutes les intensités!
Il y a celles qui ont renoncé et qui avancent comme des sacs! Il y a les élégantes qui sont matures et qui plaisent avec retenue, quoique d'une façon pénétrante... Mais il y a encore celles qui frappent comme la foudre! dont une partie du corps cingle l'esprit! Les seins sont mis en avant ou les fesses parfaitement moulées! Ce sont ces femmes qui inquiètent le plus le monde islamiste, mais leur attitude ne témoigne pas d'une liberté outrancière, ne relève pas de la provocation: c'est à l'opposé un appel au secours, comme une antenne tâtonne éperdument!
Mais que vaudrait une relation avec une personne qui se sert de l'autre, pour soulager toute son angoisse? Cette dernière ne cessant de ronger, elle pousserait à dévorer!
Curieusement, certains hommes font valoir aussi le renflement qu'ils ont entre les jambes, mais, comme ils adoptent une pratique plutôt féminine, nul doute que leur sexe ne doit pas être souvent utilisé et qu'il est plutôt un totem destiné au culte de leur personnalité! Les choses qu'on vénère restent immobiles et si, dans le cas qui nous intéresse, elles trouvent des adorateurs, c'est qu'ils sont perdus, car il n'est pas normal de vouloir être dominé!
Cependant, l'été est bien entendu synonyme de moissons, de récoltes et pour le sage particulièrement, c'est une période magnifique qui commence! Attention! Vous êtes prêt? Non? Vous vous sentez légèrement faible sur vos jambes, en proie au doute, un peu fragile? Qu'à cela ne tienne! Ouvrez grand la porte et sortez dans la rue! Le spectacle commence! Et d'emblée ce qui frappe, c'est l'extrême agitation qui règne: les gens sont empressés et les voitures font un bruit d'enfer!
Mais vous savez pourquoi... Tout cet énervement n'est que le reflet de notre inquiétude; il est le fruit de l'hypocrisie, de la tyrannie, de notre conduite animale; ou de notre ignorance, de notre paresse ou de notre égoïsme! Il ne doit pas vous impressionner, puisqu'il est mensonger! Tout au contraire, vous voilà savant, conforté dans votre raisonnement: vous n'étiez pas très solide, les autres le sont encore moins! Cela ne pouvait pas être autrement!
Vous vous détendez donc, car vous êtes encore le plus calme, le plus clairvoyant! Vous prenez même un malin plaisir à vous sentir tel un rocher dans le courant; vous devenez de plus en plus serein et les réactions ne se font pas attendre! Certains enragent en faisant rugir leur moteur; d'autres vous suivent d'un air glacial... S'ils pouvaient, ils vous écraserait chaque doigt dans un étau! D'autres encore s'arrêtent, comme si vous veniez d'une autre planète! Ils se demandent quel Berlitz serait nécessaire, pour vous approcher!
Mais tout cela ne vous fait ni chaud, ni froid! C'est la suite logique! Vous êtes hors de l'agitation ambiante! Vous n'êtes pas sous son pouvoir superficiel! Vous êtes dense et vrai, alors qu'autour ils ne sont que haine et vent! Vous vous amusez bien!
Plus on veut vous détruire ou vous séduire, et plus on apporte de l'eau à votre moulin! plus vous comprenez que vous avez raison, que vous êtes sur la bonne voie, et vous vous mettez à siffloter! La vie paraît radieuse! Vos efforts ne sont pas vains! Tout cela a un sens! C'est un plaisir ineffable! Il n'y en a pas de plus fort, ni de plus riche!
Votre personnalité se teinte d'éternité! Vous marchez dans les pas de Dieu! Vous êtes un ange souriant! Le ciel bleu vous illumine! Vous êtes libre parce que vous ne voulez pas dominer! Même la mort vous devient aimable... Vous êtes une créature infinie!
Le 29/06/2019
Il nous faut combattre tous les jours, c'est une évidence! Rappelons les faits, puisque le monde apparemment les ignore complètement! Les animaux se vouent une lutte sans merci, pour se nourrir, défendre leur territoire et se reproduire. Les hommes, quant à eux, grâce à leur conscience, qui leur permet de s'affranchir de leurs instincts, ce qui veut dire qu'ils sont capables de nouveautés, ont pu régler un certains nombre de leurs problèmes... Par exemple, nous n'avons plus besoin de chasser, pour nous procurer de la viande... La notion de combat de ce côté-là a pratiquement disparu.
Aujourd'hui encore, dans nos pays riches, la défense du territoire n'est plus une nécessité, même si nous savons que nous avons des ennemis... Pourtant, à l'autre bout de la planète, en Iran, les choses recommencent..., comme si on n'apprenait jamais rien et que la guerre était fatale! A ce propos, la manière dont les médias traitent les événements est stupéfiante: pour eux, il n'y a pas d'agresseur, mais deux pays ont une querelle et la tension monte... Trump n'est pas le Liberty Valance du secteur! Et le silence de la Communauté internationale est assourdissant! L'inaction de Macron incompréhensible, comme celle même de Poutine (quoique dans ce cas cela vaut peut-être mieux...)! Mais apparemment tout le monde est débiteur de l'Oncle Sam... et on ne s'emporte pas contre son créancier...; à moins que nous ne soyons pas dans le secret des dieux et que tout se passe entre chancelleries!
Toujours est-il que nous ne combattons pas instamment chez nous une menace étrangère... (Plaisanterie: "Le diable est-il allemand? Vous avez quatre heures!") Mais alors de quelle petite guerre au quotidien parlons-nous? Cela n'est pas non plus au sujet de la reproduction... Nous n'avons pas les suées du mâle de la mante religieuse ou de la veuve noire... Pourtant, notre lutte est bien issue du règne animal, puisque faire valoir notre individualité est bien la suite des efforts des autres créatures, pour pouvoir s'imposer et donc survivre. Mais la conscience fait que chez nous la domination est un combat complexe entre les identités... Dans le cadre de la loi, c'est même un affrontement souterrain, non dit, au point que la psychanalyse et tous les savoirs qui en découlent sont passés à côté, ce qui montre l'incroyable naïveté (ou cécité) du monde scientifique!
Car il ne suffit pas de vaincre ses complexes, pour espérer être heureux, il faut encore comprendre l'enjeu général et qu'a priori chacun veut dominer, blesser, écraser l'autre! Ceci est essentiel, car plus vous serez libre et épanoui et plus vous susciterez de haine, de jalousie et l'envie qu'on vous détruise! Nul besoin d'avoir fait HEC pour comprendre cela! d'autant que dans la domination nous avons tous les degrés et c'est de nouveau ce qui va intéresser notre chronique!
Mais d'abord un principe... et c'est sans doute le seul dont nous devrions tenir compte! Soit nous dominons, en ne suivant que nos instincts, et nous faisons le mal, avec un scénario aussi prévisible qu'une messe, qui est: plus vous dominez et plus vous créez un monde égoïste et angoissant; et plus vous dominerez pour échapper à l'angoisse! C'est le serpent qui se mord la queue et cette logique n'a qu'une seule issue: la guerre (notez que la crise financière en est une, mais "civilisée")! C'est l'affrontement qui libère, puisqu'il permet une domination exponentielle, d'où l'agressivité contre l'Iran! On tue donc des millions de personnes ou moins (apparemment Trump considère le nombre de morts, il reste un homme d'affaires...), puis on se calme, on se demande: "Pourquoi tout ça?" et pour un temps nous voilà plus solidaires, juste heureux d'être encore en vie!
Soit, et c'est la voie intéressante, on échappe à la chaîne de la domination, en trouvant pour la satisfaction de son identité un autre sentiment que celui de sa supériorité; ou plutôt celle-ci ne fait plus aucune victime, car elle se nourrit des lois de la sagesse, de la compréhension intime du monde! Cela inclue bien entendu de reconnaître la beauté, de la saluer avec admiration et c'est pour ainsi dire la base... Ceci peut s'adresser particulièrement à tous les thuriféraires de Ben Laden, puisqu'il pêchait la truite à la grenade pour se détendre, ce qui montre de toute évidence un profond respect pour la création d'Allah!
Mais on l'aura compris, pour être sûr de faire le bien, il ne faut plus chercher à dominer, à être "ruisselant" de réussite, comme par exemple la plupart des personnages qui animent le petit écran... Mais c'est dur, convenons-en, car notre amour-propre est piqué par toute cette société qui s'affiche et qui crée une sorte de monde doré, avec ses fêtes, ses rires, sa facilité, son aisance! On voudrait également y participer, rejoindre la lumière, trouver un sens à la vie dans cette direction, puisqu'on serait alors consistant, quelqu'un; notre importance serait évidente!
Mais surtout c'est le désert qui effraie! Il est plein de cauchemars, de doutes, d'empoisonnement; l'eau y est rare, le quotidien laborieux; les bonnes nouvelles tiennent du miracle! Des pierres, rien que des pierres forment l'horizon... On s'interroge forcément sur cet état... Quelle est notre erreur? On devait tourner à droite au kilomètres 250, mais on a tourné à gauche sans même savoir pourquoi! Oh si! On le sait, parce qu'on est têtu, parce qu'on se croit supérieur, meilleur que les autres! Il en a toujours été ainsi et voilà le résultat! On est en plein dans cette mer de misère! On bout chaque jour! On crève à cause de l'injustice! Mais il faut cesser de rêver! Il n'y aura pas de rencontres! Une soucoupe ne va pas atterrir et des aliens, beaux comme des dieux, ne vont pas en sortir, pour nous offrir la médaille du mérite; en riant, parce qu'on aura pris au sérieux notre isolement, notre souffrance! Ah! C'était une mauvaise plaisanterie! Ah! ah! Elle est bien bonne! Mais, je savais que vous viendrez, je n'en ai jamais douté! L'ombre de la mort ne pouvait pas apparaître sans cette reconnaissance, cette fête! Bande de salauds, vous en avez mis du temps!
Hein? Eh! Mais ne partez pas! Oh! Mais je deviens fou, je suis seul ici! Il n'y a rien... et il n'y aura jamais rien! La haine... la haine contre tous ceux qui se goinfrent! Rejoindre les gilets jaunes! Réclamer moi aussi justice, contre ce monde pourri! Si seulement je pouvais croire que c'est aussi simple! Maudite soit mon intelligence! Maudit soit Dieu de nous avoir mis dans un tel cirque! Si seulement celui-là bougeait une seule fois son cul! Toujours se calmer! prendre sur soi! alors que tant d'autres ont tout le temps la gueule ouverte, sans même s'en rendre compte! Oh mon Dieu, qu'est-ce qui ne va pas chez moi?
Pourtant, la réalité est bien différente: ce qui brille est rarement or! Mais voici un exemple bien explicite, à même d'obscurcir n'importe quelle fausse étoile! Nous sommes à photographier des épaves, le corps dans l'eau grâce à des waders. Nous ressentons à la fois de l'excitation et de la sérénité! Nous traquons la lumière sur de vieux morceaux de bois et c'est notre univers, depuis l'enfance!
Nous avons en effet été bercé par la beauté merveilleuse et discrète de la nature; c'est elle au fond qui nous a tout appris! Sur le plan technique, nous travaillons avec un objectif de 200mm, ouvert constamment à f2,8, et l'exposition est réglée sur la mesure spot! Un vrai régal! Notre fantaisie, notre rêve ou notre créativité s'exprime dans un rayon laser! De plus, l'heure est tardive (22 heures!), car il faut attendre l'heure dorée, quand la lumière est rasante... Mais ainsi nous ne dérangeons personne; le rivage est désert et nous disparaissons presque derrière les carcasses!
Pourtant, à force, un bruit vient nous gêner... Quelqu'un bat bruyamment des couvercles de poubelles, comme si on essayait de nous transmettre une exaspération; ici, où il y a seulement deux ou trois maisons en bordure; alors qu'on peut considérer les épaves tels des déchets qui meurent dans de la vase... Mais ce n'est pas grave, nous en avons fini et nous sortons de l'eau... C'est à ce moment qu'une femme, suivie par son mari, vient brutalement se planter sous notre nez... C'est elle qui depuis tout à l'heure ne va pas bien... et que fait-elle? Elle prend en photo l'une des épaves, avec son téléphone portable! Son mari, en la voyant, a un haut-le-cœur; ce qui veut dire que le geste de la femme n'est pas innocent!
D'abord, il n'y a plus de lumière; la photographie n'est donc plus de mise. Ensuite, un cliché du bord et donc lointain ne donnera rien! Enfin, le matériel utilisé, un téléphone portable, est au reflex ce qu'une Twingo est à une Féfé (une Ferrari dans la bouche des demi-truands!) Alors pourquoi cette femme agit-elle de cette manière? Que veut-elle nous dire? Mais qu'elle est là! et combien elle est importante! Sa prise de photos nous montre qu'il n'y a chez nous nulle particularité, que notre bonheur, notre passion n'a nul secret, nulle magie, nul savoir-faire! C'est une forme de mépris, qui rappelle encore que nous sommes sur le territoire d'un autre!
Car cette femme n'accepte pas l'indépendance, la liberté et même la joie qui lui échappent, qui ne sont pas sous son contrôle, dont elle n'est pas la source, le point de mire! C'est un tyran, vous l'aurez compris, et à un haut degré! Tout ce qui n'est pas elle lui est odieux et doit être détruit! Seule sa personne peut exister! Mais son exemple, comme vous le savez, n'est en rien exceptionnel, nous pourrions le multiplier par dix, par vingt, chaque jour! La majorité des hommes et des femmes sont des tyrans; il n'y a que l'intensité de leur oppression qui change!
Nous sommes donc ici à des années lumières d'une vision psychologique du monde, qui voudrait nous faire croire que notre bonheur ne dépend que de nous! Il n'est pas possible, écoutez bien, il n'est pas possible que le contact des autres ne nous soit pas au quotidien éprouvant, usant et destructeur! Les tyrans nous dévorent la vie! Tant que la société ne comprendra pas ce phénomène, ne le prendra pas en compte, nous retomberons immanquablement dans les mêmes erreurs et donc les mêmes malheurs! Ceci est aussi fondamental qu'indispensable!
Si le doute vous atteint, ce qui arrivera de toute façon, et que vous recommencez à vous tourmentez sur vous-même, de sorte que vous voilà de nouveau dans la peine, rappelez-vous ce que nous disons ici; à savoir que les autres en général vont vous haïr, vous mépriser et vouloir vous anéantir, d'autant que vous paraîtrez libre et détendu, hors de leur pouvoir! Ce que la plupart cherchent, avec plus ou moins de férocité, c'est vous asservir! que vous les considériez comme des dieux! Ainsi s'explique votre doute, votre tristesse, à cause d'un environnement hostile! Et nous ne clamons pas bêtement: "L'enfer, c'est les autres!", mais nous décrivons un fonctionnement et nous donnons les remèdes pour qu'il change!
Mais revenons au monde doré, celui qui s'affiche dans les médias et que nous sommes enclins à envier, puisqu'il symbolise la réussite de la personnalité, la preuve du talent! Des gilets jaunes ont essayé de l'atteindre, voire de le détruire, dans le but naïf d'installer un système plus juste, moins élitiste; mais le révolté bedonnant, qui défie les caméras devant des palettes qui brûlent, ne veut au fond que montrer qu'il est l'égal de ceux qui le méprisent...; il n'est pas au bout du compte différent d'eux!
Il nous faut donc voir les choses autrement et d'abord comprendre que le monde doré, aussi séduisant qu'il puisse paraître, est incapable de connaître la paix! L'énervement, le trouble de la femme de notre exemple est artisanal, provincial, osons-nous dire... Imaginez cet appétit, cette haine à la mesure de Paris, là où les places sont si capiteuses!
Le monde doré est fatalement constitué de cadavres; il y faut un cœur de pierre, autant pour s'aveugler que pour gravir les échelons! La meilleure preuve de cette errance est donnée par Trump! Il est au sommet de la pyramide; il a tout ce que peut désirer le monde doré! Son pouvoir est quasiment illimité et que fait-il? Il cherche des noises à l'Iran, qui est comme un vendeur de journaux, qui a ses combines, à côté des requins de Wall Street!
Trump ne peut pas être heureux, ni tranquille... Il est comme l'homme à moustache qui a conquis la France en 40. En effet, Hitler aurait pu à ce moment-là consolider sa position et il aurait été quasiment indélogeable! Mais la domination, pour ne pas céder à l'angoisse, doit incessamment ressentir son pouvoir et l'armée allemande signe sa perte en reprenant les traces de Napoléon, dans la steppe sans fin!
L'instabilité et même la folie du monde doré s'expriment notamment par sa production littéraire... Il suffit d'entrer dans une librairie pour voir tout ce fatras d'inquiétudes et d'amours-propres! Il faut produire sans cesse, pour tenir le haut du pavé, et ainsi on ne comprend rien, on écrit des ouvrages vains et même on plagie, à bout de souffle! Tous les spécialistes, tous les penseurs du monde doré n'ont jamais vu les crises financières arriver, ni le Printemps arabe! Ils sont comme des bouchons que la mer emporte, tandis que le sage, lui, est assis sur une dorsale!
Ainsi, où que vous soyez et qui que vous soyez, nous voudrions vous dire, tout en essayant de ne pas trop copier une parole célèbre: "Réjouissez-vous de votre peine, elle montre que vous n'êtes pas aveugle! Réjouissez-vous de voir le tyran, car vous n'êtes pas comme lui! Réjouissez-vous de votre chemin difficile, car c'est le seul qui mène à la paix! Réjouissez-vous de votre solitude, même si elle est pénible, car elle permet de comprendre! Réjouissez-vous de la haine que l'on vous porte, car elle témoigne de votre liberté, de votre individualité!!"
A ce propos, pour notre part, nous nous habillons avec des vêtements qui sont le reflet de notre force et qui ont donc des couleurs vives... Ce n'est pas pour provoquer, mais il n'est pas question de porter des jeans, qui ne nous dissocieraient pas des murs! C'est une forme de respect pour nous-même, mais évidemment, comme de cette façon notre personnalité est remarquable, nous essuyons la haine des tyrans! Mais savez-vous ce que fait celle-ci, lorsqu'elle ne peut vaincre physiquement? Elle gronde, elle grince des dents et l'écouter est l'un des charmes du combat!
Le 22/06/2019
Nous avons vu que notre époque a ses monstres et qu'ils n'ont pas fini de nous faire pleurer! Mais nous allons expliquer maintenant beaucoup plus précisément leur origine, ce qui ne nous renverra pas à la psychanalyse, Dieu merci, pourrait-on dire! Nous serons bien plus efficace et bien plus lucide, car "nos" monstres sont d'abord produits par le comportement des adultes et nous remettons donc naturellement nos sociétés sur la sellette!
En septembre 2008, le patron de la banque Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, appelle son prédécesseur, Henry Paulson, qui est devenu le ministre des finances du président Bush: "Je t'en supplie, Hank, fais quelque chose!" La situation est en effet très grave... Lehman Brothers, une autre banque géante américaine, vient de faire faillite et les bourses du monde entier sont en proie à la panique! Le colosse de l'assurance, AIG, menace lui aussi de s'effondrer, alors qu'il doit à Goldman Sachs près de vingt milliards de dollars!
En fait, c'est toute la planète monétaire qui connaît un séisme de magnitude 12, ce qui place l'humanité au bord d'un gouffre, car il est impossible de mesurer toutes les conséquences de cette situation inédite! Mais comment en est-on arrivé là?
Les plus grosses banques mondiales sont loin de la traditionnelle banque de dépôt! Elles n'investissent pas avec l'argent de leurs clients, mais elles agissent sur les marchés financiers, ce qui rend abstraite leur activité aux yeux du profane... Leurs opérations peuvent s'emparer des entreprises les plus puissantes et elles menacent même des gouvernements!
En 2002, la Grèce fait appel à Goldman Sachs, pour entrer dans la zone euro... Il s'agit pour la banque de masquer le montant réel de la dette du pays, de sorte que son économie soit en accord avec les critères du traité de Maastricht! Ce n'est apparemment pas illégal, mais en 2010 le scandale éclate, les abîmes sont révélés, c'est la crise de l'euro!
Elle est d'autant plus violente qu'on apprend que Goldman Sachs a entre-temps spéculé sur la baisse de la nouvelle monnaie, puisque la banque, elle, savait parfaitement à quoi s'en tenir! Tout le monde a suivi les efforts énormes de l'Union européenne, pour sauver sa création... La tension qui s'est alors installée entre l'Allemagne et la Grèce a été extraordinaire, jusqu'à ce que le président Tsipras rappelle la période nazie!
Goldman Sachs se croit le maître du jeu, sur la scène internationale, et en 2005, l'un de ses employés, le Français Fabrice Tourre, invente un produit financier séduisant et complexe, appelé Abacus; nom qui désignait à l'origine le bâton de commandement du grand maître des Templiers! (Le trader ne se surnomme-t-il pas dans ses mails: "Fab le fabuleux"!)
En fait, Abacus n'est qu'un CDO spécialisé... Il est essentiellement constitué par des titrisations de créances, celles des Subprimes; les banques mettant même sur le marché l'argent qu'on leur doit, car ainsi elles se remboursent plus facilement! Quant aux Subprimes, ce sont ces crédits, majoritairement immobiliers, que l'on propose sans exiger de l'emprunteur une solvabilité sérieuse... Ils sont à risques, mais d'un très haut rendement, à cause de leur taux d'intérêt très élevé!
Toujours est-il que les produits tel Abacus sont la manne du moment; ils permettent de s'enrichir vite et de nombreuses banques, quelle que soit leur nationalité, en achètent! Tout cela circule à travers des fonds d'investissements, dans une sphère réservée aux initiés... Mais en 2007, près de trois millions de foyers américains ne peuvent plus rembourser leur crédit... Qu'à cela ne tienne, leurs maisons sont saisies, pour être revendues... Comme on pouvait le prévoir, le marché de l'immobilier s'engorge et des sociétés de crédits, après avoir dépouillé leurs clients, font elles-mêmes faillite: les produits financiers, liés aux Subprimes, deviennent subitement un poison mortel!
Les pertes sont colossales, elles se chiffrent en centaines de milliards de dollars! Goldman Sachs voit le danger et s'empresse de vendre ses titres, notamment auprès de banques européennes, fascinées pas la puissance anglo-saxonne et qui ignorent encore la réalité du marché américain! Par contre, Lehman Brothers ne peut éviter la faillite, car Washington refuse de lui venir en aide... Goldman Sachs pense être à l'abri, mais la menace qui pèse sur AIG fragilise la plus grande banque du monde, qui est prise elle-même pour cible par des spéculateurs... C'est une curée de requins ivres et c'est à ce moment que Lloyd Blankfein appelle au secours les anciens de Goldman Sachs, qui travaillent au gouvernement!
Question: peut-on laisser le marché financier partir à vau-l'eau? Chacun a vu, en 2007, cette file de clients pressés de récupérer leur argent à la banque Northern Rock, qui sera nationalisée par le Royaume-Uni, afin d'éviter la panique! Qui voudrait voir ce genre de comportements multiplié par mille? La rue ne s'embraserait-elle pas? Est-ce que ce ne serait pas le chaos? Washington se décide donc à agir et le groupe AIG est placé sous perfusion... On accorde à Goldman Sachs le statut de banque de dépôt, afin qu'elle puisse bénéficier des aides publiques...
La place boursière internationale ressemble à une vaste salle d'hôpital, après un bombardement! On panse les plaies, on rassure les uns, on opère les autres parmi les gémissements... En France, en Allemagne, en Angleterre, les états sont devenus des urgentistes, alors que les ambulanciers ne cessent d'amener de nouveaux blessés! Et tout ça parce que de sales gosses, qui se croyaient des hommes, ont joué avec les allumettes, jusqu'à provoquer un incendie!
A force de manœuvrer avec de l'argent, les gouvernements stabilisent la crise et nous voilà comme des sous-mariniers, qui guettent les structures de leur bâtiment, qui a cessé de s'enfoncer! On entend des craquements, mais ça tient! On va pouvoir refaire surface; le monde est sauvé!
Mais, à peine un an plus tard, rien n'a changé! Goldman Sachs et AIG annoncent des bénéfices records et des bonus mirobolants, ce qui déclenche la colère, la haine de Main Street, de l'homme de la rue; car c'est bien l'argent du contribuable qui a permis ce redressement, tandis que le plus grand nombre continue sa vie laborieuse! Mais de nouveau on se sucre, sans même la reconnaissance du ventre!
Une inimitié particulière naîtra d'ailleurs entre le nouveau président Obama et Lloyd Blankfein; le premier voulant une réglementation stricte des marchés! Mais, aujourd'hui, on n'entend plus personne, ni les banques, ni les agences de notation, qui ont pourtant si longtemps défrayé la chronique! Nul doute que les mêmes activités continuent dans l'ombre, en amont de la prochaine catastrophe!
Goldman Sachs a voulu améliorer son image auprès de l'opinion et la banque a multiplié les dons, mais son président a toujours refusé de s'excuser et de reconnaître ses erreurs... Cela ne devrait pas nous étonner, car nous connaissons maintenant la logique de la domination!
En effet, en dehors de permettre d'acheter à manger, l'argent donne deux choses: le pouvoir et le sentiment de la sécurité! Mais nous savons encore que dominer est continuer la vie animale, ce qui constitue une fuite en avant, puisqu'il est impossible dans ces conditions d'apaiser fondamentalement l'angoisse qui nous est propre, à nous, les humains, et qui découle évidemment de l'existence de notre conscience!
Le tyran, qu'il soit un homme ou une femme, se tient en réalité dans une "bulle"... Il faut que partout et incessamment il se sente le centre d'intérêt, le personnage le plus important! Le but de sa vie est qu'il se voit supérieur aux autres; c'est la seule source de son soi-disant équilibre!
Il faut donc au tyran toujours plus d'argent! C'est la barrière qui le sépare des inférieurs! Vous pesez combien de dollars? Vous habitez dans quelle ville, dans quel quartier? Vous fréquentez qui? Appartenez-vous à tel club? Votre femme s'habille dans quels magasins? Dans quelle école vont vos enfants? Où allez-vous en vacances? Avez-vous un yacht? Si oui, à quel ponton est-il amarré? Est-ce qu'il y a un petit drapeau, avec un soleil souriant, à l'arrière..., à la poupe, pardon! Oui? Alors, bienvenue, nous sommes vraiment du même monde! Je vous avoue qu'à un moment j'ai cru avoir affaire à un imposteur, à un de ces bons à rien qui fouine sur le port! Mais, bon, me voilà rassuré! Martha! Martha! Viens voir qui est là; c'est les assurances Block!
On comprend que le mépris est nécessaire au tyran, puisqu'il rabaisse et même détruit ce qu'il y a autour! Il maintient donc la "bulle" du pouvoir! S'excuser paraît au tyran une chose impossible; c'est comme demander à un unijambiste de sauter! Les mots restent dans la bouche... S'il venait à reconnaître son erreur, le tyran verrait son monde s'écrouler! La réalité de l'autre est pour lui terrifiante! La mer s'engouffrant dans une coque lui ferait moins peur! Mais le mépris peut être tellement fort qu'il fait ignorer cette fragilité!
Un autre exemple de cette attitude nous est donné actuellement par Didier Lombard, l'ancien patron de France Télécom... En 2005, il rêve de faire la une de Forbes, d'être l'égal des patrons américains, qu'il admire tant, et même de susciter leur jalousie! France Télécom devient donc une usine à rendement, un modèle du genre, où les employés sont forcément considérés comme des suspects, avant d'être poussés dans leurs derniers retranchements!
Le résultat est que dix-neuf d'entre eux se suicident et que douze autres font une tentative! On ne peut pas changer brutalement la culture de quelqu'un, surtout quand on prend la pire face de celle qu'on veut imposer! Accusé de harcèlement moral, Didier Lombard nie absolument les faits, même s'il déplore bien entendu (base de la com.!) le départ de ceux qui ne reviendront jamais!
Au contraire, l'ancien patron, pour se défendre, se présente comme l'homme providentiel, qui a redressé l'entreprise: c'est dans la lignée de son personnage! S'il devait demander pardon, admettre ses torts, c'est toute sa vie qui partirait au gré du courant et plus rien n'endiguerait son angoisse!
A la même époque, 2007, Nicolas Sarkosy est le premier président de la République à croire que l'on peut gouverner un pays comme une grande entreprise! Lui aussi a les yeux qui brillent quand il regarde outre-Atlantique! Il gagne les élections et il va fêter sa victoire, avec ses amis, au Fouquet's, en pleine lumière! C'est normal, c'est le travail d'une équipe qui est récompensé!
Plus tard, Sarkosy est en vacances sur le yacht de Bolloré! Mais une nouvelle fois, c'est mérité! Il est comme un patron du CAC 40, qui se détend après de bons résultats... Mais il ne lui viendrait même pas à l'esprit qu'il y en a qui travaillent davantage et qui pourtant n'ont jamais pu prendre de vacances! Mais là encore, c'est le mépris qui aveugle!
En fait, l'argent et le pouvoir forment un monde à part! On s'y choie, s'y place, s'y caresse, s'y protège, s'y goinfre! Ce sont des passe-droits, des copinages, des carnets d'adresses, des listings, des comptes obscurs, des affaires, des non-lieux inexplicables, des secrets d'état!
Ce sont des fauves qui montent, des gens sans foi ni loi, prêts à tout pour réussir! des équilibristes, des rats d'égout! C'est une mafia politique, qui encaisse le montant de sa protection! C'est une nomenklatura avec ses valets! Ce sont des parvenus qui crient haro sur le baudet, en désignant les chômeurs et les bénéficiaires du RSA! C'est un Wall Street à la française! C'est une cour de Versailles en pleine république!
Voilà pourquoi les gilets jaunes dénoncent un monde des riches et son complot! Voilà pourquoi ils se comparent si volontiers aux sans-culottes!
Mais comment les adolescents, eux, perçoivent-ils tout cela? Qu'éprouvent-ils en découvrant toutes ces crises, cette violence, qui sont essentiellement les fruits de l'égoïsme? Que font-ils de l'angoisse dont les adultes se déchargent sur eux; d'autant qu'on leur murmure que la planète est perdue?
Nombreux sont ceux qui s'abrutissent avec de l'alcool, pour ne plus voir leur environnement! Nombreux encore sont ceux qui jouent à des jeux dangereux, mettant leur vie en péril! D'autres deviennent des délinquants précoces et notamment, à peine pubères, des violeurs!
Et puis il y a "nos" monstres, qui méprisent déjà le monde entier, qui se vouent un culte! Comment peuvent-ils sentir toute leur supériorité, s'ils ne veulent pas non plus jouer des coudes? Et s'ils allaient tuer leurs camarades de classe? Ils seraient d'un coup plus forts que leurs aînés! Et la mort pour eux? Mais elle est aimable, comme tout ce qui est extrême à cet âge!
N'est-ce pas aux Etats-Unis que les tueries de ce genre sont les plus nombreuses? Et les kamikazes du djihad n'ont pas d'autres raisonnements, même si leurs chefs leur font la promesse absurde qu'Allah aime les assassins!
Ah oui! Le joli monde que voilà!
(Nous vous invitons à découvrir les photos de la semaine!)
Le 15/06/2019
Demain, nous nous marierons. Nous ne serons plus seul et notre femme sera superbe! Nous suivrons avec plaisir ses jambes fuselées et ses hanches aussi sensuelles que puissantes, car elles sont encore destinées à la maternité! "Que regardes-tu?", nous demandera-t-elle de sa voix douce, tandis que le parfum de sa chevelure nous enveloppera... Qu'est-ce que nous regardons? Comme si elle ne le savait pas!
A l'instar de la plupart des autres femmes, la nôtre sera naturellement pratique! Elle nous écoutera avec respect, pour prendre notre mesure, et elle nous dira ce qu'il faut faire! Ne sommes-nous pas allé vers elle? N'avions-nous pas un manque? Ne cherchions-nous pas des réponses? Ne voulions-nous pas d'une autre vie? N'était-elle pas et n'est-elle pas toujours pour nous l'espoir, la solution, l'image du bonheur et celle de l'avenir?
Notre femme nous parlera et nous réveillera! Elle nous dira: "Il faut se battre! Il faut que tu t'investisses, parce que la beauté de ton œuvre, de ton travail, doit être diffusée, doit être connue! Il faut que tu t'imposes, car tu le mérites! Des choses laides ont du succès et ce n'est pas normal! Oui, il est nécessaire de jouer des coudes, de parfois taper du poing sur la table, si on veut un monde meilleur! Tu seras fort et je t'aimerai encore plus! Viens!"
Ce sera comme sortir d'un mauvais rêve, d'un cauchemar même! Nous n'étions rien et nous donnerons raison à notre femme! Nous nous mettrons en marche! Nous téléphonerons prêt à toutes les rebuffades! Nous serons enfin dans l'action, dans le mouvement des autres! Nous ne nous sentirons plus exclu et nous aurons l'impression d'être guidé par la bonté! Nous rayonnerons et à ce rythme, nous finirons par trouver une galerie, qui acceptera de nous exposer!
Les choses se passeront ainsi... Nous arrivons à l'adresse et nous faisons face à une femme... Nous fermons les yeux sur sa laideur, qui est plus intérieure que physique; la première entraînant de toute façon la seconde... Nous savons, dès le premier regard, que cette femme fait partie des tyrans, qu'elle ne voit pas plus loin que son égoïsme et que c'est justement là son drame!
Elle reste prisonnière de son amour-propre, de son orgueil! Mais nous passerons outre... De même, nous ne voulons pas voir la pauvreté, la médiocrité, la malhonnêteté, la suffisance des peintures qui sont déjà sur les murs et qui indiquent pourtant que la propriétaire des lieux est sans goût et qu'elle ne connaît rien à son métier! Nous oublions ces horreurs, car nous ne devons pas rater l'opportunité qui s'offre à nous! Il ne s'agit pas de rentrer les mains vides, penaud et amer, avant d'inquiéter notre aimée avec nos explications embarrassées!
Courage! Concentrons-nous tout au contraire sur la galeriste! Dévorons-la des yeux, comme si elle était une divinité irrésistible! Ecoutons-la comme un oracle! C'est elle le personnage important, la véritable créatrice... N'est-ce pas elle qui prend les principaux risques? Quel est le combat du peintre, d'un rêveur, auprès du sien? Soyons à son égard comme l'écrivain auprès de son éditeur: jouons les caniches!
Qu'elle nous coince entre deux dates, que nous devions encore nous occuper de la publicité, bien qu'elle profite aussi à la galerie, peu importe! Sourions! Plaignons même celle qui nous parle, car elle rencontre bien des difficultés! Puis, saluons et disparaissons, comme si nous quittions le grand vizir lui-même... Le principal est atteint, quoiqu'on nous déteste déjà, mais nous exposerons!
Nous rencontrerons aussi des journalistes... Ils viennent tels des nababs dérangés..., à la demande de la galerie, à cause d'un accord tacite, parce qu'ils ont besoin d'un sujet et nous d'un article! Ils flairent, ils sont maussades, il faut les séduire! Ce sont eux les héros du jour! Entre deux Watergate, ils sont là pour la corvée! Ils représentent le pouvoir, qui a les narines sensibles, le ventre délicat, sujet aux gaz!
Ils jettent à peine un coup d'œil! Ils cherchent en vain un intérêt, car au fond une seule chose les anime: eux-mêmes! Ils veulent se sentir importants, sur les marches de l'Olympe! Puis, soudain, ils ont des airs de Gestapo: avons-nous un CV, une fiche de renseignements? Bien sûr, nous savons qu'il faut leur mâcher le travail et qu'ils écriront leur article essentiellement à partir des documents que nous leur fournirons...
Mais c'est la traditionnelle photo et nous prenons la pose. Le journaliste baisse son appareil, découragé: ne pouvons-nous pas être plus photogénique? Il prend tout de même son cliché, avant d'afficher une légère grimace de dégoût, en contrôlant son exposition! Après leur départ, nous gardons l'impression d'avoir déçu, mais, malgré toute notre politesse, il nous est impossible de feindre l'admiration!
Cependant, viendra le jour du vernissage... Des dizaines de gens seront là et il faudra leur parler, paraître à l'aise, ouvert, disert, aimable... Nous ne convaincrons point toutefois: ce qui est forcé n'attache pas! et on nous quittera bientôt... Nous maudirons alors notre misanthropie, relent d'une époque passée! Nous nous interrogerons une nouvelle fois sur notre étrange handicap ou sur le secret de plaire! Comment font les autres, pour s'entendre aussi bien? Ils sont dans une autre dimension; une pellicule invisible nous en sépare!
Mais, entre-temps, nous aurons aussi beaucoup subi... Des têtes boursouflées, des yeux vides, des crânes difformes, des corps malingres, des êtres immenses et indifférents, toutes sortes d'animaux en somme, nous auront dit, au sujet de notre peinture: "C'est vraiment sympa!", "Moi, je peins surtout avec du blanc... et mes toiles sont plus grandes!", "Vous me rappelez... Comment il s'appelle déjà? Euh...", "C'est pas mal..., mais ça manque de portraits, c'est quand même l'homme le plus important... Enfin, je crois...", "Si seulement vous aviez mis une touche de bleu là! Hein? Armand, qu'est-ce que t'en penses!" "Tu as raison, ma chérie, comme toujours...", etc.
Où seront l'humilité, la véritable curiosité, la profondeur; le manque aussi, la souffrance qui conduisent à la recherche, au désir de comprendre? Nulle part! La beauté ne se donne pas aux égoïstes, car ils n'en ont pas réellement besoin! Et c'est peut-être cela qui finalement constitue le monde qui nous est étranger... Sa matière, son air sont produits par des égoïsmes qui s'abouchent, fusionnent; ainsi que des placentas tardifs! Seuls les êtres inaboutis, encore indistincts, peuvent se plaire à ce point, dans la même illusion! Seuls ceux-là aussi sont capables de haïr et de mépriser les autres sans états d'âme, de sorte qu'ils les rejettent totalement! L'injustice est enfantine!
La maturité, elle, a forcément des aspérités, comme toute construction; ce qui ne l'empêche pas d'être solidaire, bien au contraire, à cause de sa responsabilité! L'individualisation n'est pas de se concentrer plus sur soi-même, ni de se vouer un culte! Elle est un échange permanent entre ce qu'on peut saisir de soi et le monde extérieur... C'est un regard universel!
Elle est tout le contraire d'une fermeture, d'un repli, d'un refuge! C'est un pas en avant, c'est la véritable naissance, puisqu'on déchire l'enveloppe des conventions, pour explorer l'inconnu! C'est accepter sa peur et montrer du courage! Ce n'est pas se choyer, ni se croire important! C'est devenir unique, c'est se différencier, c'est entendu, mais pour l'avenir commun!
C'est l'homme qui est concerné, pas l'individu! L'individualisation permet la connaissance; elle dresse vers le ciel, donne les clés de la liberté! L'égoïsme, lui, s'enlise, s'enfonce dans la nuit! Il a soif, il veut mordre et le fiel lui vient à la bouche! Son rire est toujours moqueur! L'individualisation, elle, n'a pas d'autres issues que la paix et son corollaire, la douceur!
Mais nous reviendrons sur Terre et nous regarderons où est notre femme, parmi cette assemblée... Elle y sera si à l'aise que nous la verrons soudain telle une étrangère! Mais nous chasserons bien vite cette vision, c'est nous l'ours, le mal-léché, le perdant! C'est nous qui voulons en sortir! C'est nous qui sommes las de la solitude! C'est nous le paria, l'inadapté!
Avec le temps, nous nous ferons peut-être un nom... Nous commencerons à vendre, comme on dit... et notre femme et nous-même, nous déciderons de fonder une famille, tels les animaux quand ils jugent les conditions favorables! Pour notre femme d'ailleurs, ce sera un accomplissement supplémentaire... et d'après elle encore, il est bon d'être responsable d'un autre, pour cesser de ne penser qu'à soi!
Nous aurons donc des enfants et nous pénétrerons toujours davantage l'univers de notre femme! Nous suivrons sa grossesse, déchiffrerons ses échographies, serons dans son ventre! Nous créerons moins certainement, mais une nouvelle aventure sera là, peut-être la seule valable! Nous chaufferons les biberons, nous changerons les couches, nous ferons manger la bouillie, enfin humain!
Nous conduirons à l'école l'âme de notre âme! Nous écouterons ses professeurs, par peur des représailles! Nous aiderons aux devoirs, nous fêterons Noël, nous nous promènerons le dimanche! Nous aurons un chien et il ira devant, telle une étrave!
Nous saluerons quelques connaissances, des gens respectables, comme nous! Mais nous formerons un clan, avec ses règles et fier comme s'il était seul au monde et nullement infime dans le cosmos!
Les années passeront, idéales, sans être vues! Certes, il faudra parfois courir; les enfants causent du soucis, surtout quand ils commencent à être eux-mêmes (quelle idée!), mais ainsi l'angoisse ne nous rattrapera pas, ou plutôt son objet ne sera plus notre personne, mais la famille, qui bientôt rira de ses peurs! Notre ciel ne sera plus lancinant et sombre, à moins que le deuil ne nous frappe... et encore!
Nous aurons aussi des amis, ceux de notre femme s'entend! Nous nous réunirons entre couples, les enfants virevoltant! Nous ferons bonne chère, échangeant des regards complices, symboles de notre réussite!
Un jeunot fera du plat à notre épouse et nous serons fier et content pour elle! Les hommes parleront avec des voix chaudes, les femmes deviendront rêveuses, à cause d'un souvenir, d'un regret peut-être... Le soleil se couchera et nous serons comme dans une comédie du cinéma français... Nous nous sentirons mûrs et proches de la vérité, parce que le soir descendra, telle une petite mort!
Un homme, pour gravir les échelons, essaiera de détruire notre réputation de peintre... ou d'écrivain. Une polémique s'ensuivra... et toujours soutenu par notre femme et maintenant par nos enfants, nous nous battrons! Nous aurons notre ennemi, notre croquemitaine! Nous vaincrons et nous aurons même droit à une monographie!
Notre talent sera devenu sûr et il sera défini, puis classé par certains... Nous entrerons dans l'histoire, comme on étiquette un bocal, avant de le ranger! Notre devoir sera accompli et nous gonflerons les poitrines de notre famille, au point de trouver normal de partir, de tomber malade! L'usure sera chez nous en premier, pour correspondre aux statistiques, qui disent que les femmes vivent plus longtemps!
Nous déclinerons, nous deviendrons dépendant, mais ce sera encore l'occasion d'éprouver le dévouement de nos proches... Pourtant, plus nous serons faible, plus ils se rapprocheront et plus nous aurons l'impression qu'ils sont comme des vautours! La peur nous fera bien vite chasser cette pensée! L'héritage cependant...
Mais voilà notre mort! La regarderons-nous en face? Aurons-nous quelque idée de son sens, de sa nature; de Dieu? Aurons-nous encore de la foi? Serons-nous digne, avec une formule pour la postérité? Tiendrons-nous une dernière fois notre pinceau, tel le soldat tombant avec son fusil? L'épouvante nous donnera-t-elle des regrets? Les yeux doux de notre femme, l'attention de nos enfants ne seront-ils pas l'image de l'éternité, en ce que la descendance nous perpétue?
Ne nous dirons-nous pas que nous nous sommes laissé au bord de la route; que nous avons abandonné une part de nous-même; celle qui nous inquiétait le plus, nous paraissait la plus difforme, la plus bizarre, la plus scandaleuse, la plus dangereuse; celle qui voyait la laideur, le mal, le mensonge, la bêtise; celle qui ne supportait pas les psychologues, les psychanalystes, ces farceurs! celle qui honnissait les cadavres du pouvoir, les marionnettes de l'argent! celle qui vomissait devant les amoureux d'eux-mêmes et de leur sexe! celle qui se frottait au tyran chaque jour, qui lisait au plus profond des cœurs, qui avançait vers la vérité, qui cherchait de véritables solutions, qui avait une idée juste du progrès! celle qui était lucide, qui rafraîchirait les générations suivantes, qui serait un source d'espoir et de paix!
Celle qui aurait essayé de comprendre Dieu, de l'aimer et donc d'aimer les autres aussi! celle qui admirait la beauté infinie de la nature et trouvait fous les hommes! celle qui s'enchantait des lois de la sagesse!
Mais demain nous nous marierons... et ce sera comme se réveiller d'un mauvais rêve, d'un cauchemar!
Le 08/06/2019
Observons! Observons! Comme les autres n'ont pas inventé l'eau chaude, ou plutôt comme ils ne savent pas ce que nous savons, car nous le saurions, ils n'ont qu'un équilibre, c'est celui de leur domination, et cela veut dire qu'ils ne "tiennent debout" que par rapport à l'impression qu'ils produisent... Ils ne peuvent être calmes et sûrs d'eux par leur seule richesse intérieure; ils croient qu'ils sont importants et même qu'on leur doit quelque chose!
Ils vivent somme toute dans un rêve, une illusion, car la vérité, ce n'est pas le travail, les gilets jaunes, Roland-Garros ou les maniaqueries de Trump! La vérité, c'est que nous sommes sur une planète perdue dans l'immense espace, qu'elle tourne plus vite autour de son soleil qu'une Formule 1 et qu'a priori la vie se termine par la mort! Voilà la vérité! A partir de là, la société n'est qu'une construction, destinée certes à nous faire vivre ensemble, dans les meilleures conditions, mais elle n'est rien de plus et certainement pas un but en soi!
Mais alors pourquoi les choses ne changent-elles pas? Pourquoi ne sommes-nous pas curieux de trouver des solutions, un sens à la vie? Pourquoi ne nous tenons-nous pas devant notre abîme, tels des gens raisonnables sur leur balcon, se demandant si celui-ci est bien solide ou si le point de vue mérite un intérêt? Pourquoi le monde paraît-il aussi irresponsable et aussi aveugle?
Il n'y a qu'une réponse à cela! La plupart ne veut que s'amuser, nullement se tracasser, ni encore moins avoir peur! Tout au contraire, être le centre d'intérêt, être aussi bête que l'animal qui triomphe sur un autre, est son souhait le plus cher!
La majorité veut le monde à son échelle et tient absolument au fonctionnement qui lui permet de gravir les échelons! Elle rêve de jouer les vedettes, les premiers rôles et ceci est même valable pour les gilets jaunes, car malgré leur révolte ils sont encore les bases de leur futur!
Mais notre quotidien est donc factice, puisqu' il ne prend pas en compte tout le réel! L'angoisse de notre situation notamment est là parmi nous, larvée, quoiqu'agissante, et il est incroyablement intéressant de la repérer chez chacun! C'est la vérité qui parle! Observons donc! Observons comment chacun se comporte, marche, parle, gesticule! Puisque nul apparemment ne cherche les bonnes réponses, nul n'a un équilibre vrai! Les manières, les attitudes trahissent le mensonge, le vide, l'ignorance!
Soyons comme des chiens, pour traquer la pose, le m'as-tu-vu, la plaisanterie! Ne nous laissons pas tromper par les artifices du gibier! La truffe frémissante, tenons-nous aux aguets, car le spectacle commence, les clowns font leur numéro sur la planète Terre! La rue est un théâtre, avec ses bourgeois, ses pauvres, ses soubrettes et même ses assassins! Ayons l'œil ouvert, non pour dominer, et c'est ça la nouveauté, mais pour comprendre, regarder l'autre dans son entier, pouvoir sincèrement respecter, être distinct, responsable, sans haine, n'écrasant a priori personne, pour devenir mature, c'est-à-dire quelqu'un qui travaille à faire évoluer la matière vers l'esprit, quelqu'un qui de l'animal passe peu à peu à l'homme! Grande nouveauté!
Tenir sur ses jambes, hors de la bulle de l'égoïsme, avec la conscience de l'Univers et de la mort, c'est pas beau ça? On ne fatigue plus personne! Par contre, que d'inimitiés on se crée! Que de haine on provoque! Que de mépris, que de regards meurtriers on suscite! Ben ouais, on n'est plus un esclave; on a quitté le rayon jouet! On n'est pas l'admirateur de ces messieurs-dames! On est le vent du Nord pour l'égocentrique, celui qui vit comme une araignée au milieu de sa toile! On est le ciel rayonnant pour le poids de fonte de l'égotisme! On échappe aux morts-vivants! Ils enragent, ils trépignent, ils suent et c'est de leur faute: ils ne cherchent pas!
Il faut lutter, sinon on finit par croire, comme les gilets jaunes, que c'est la société qui nous mène, qu'elle a les réponses, qu'elle est sérieuse, qu'elle est l'obstacle! Il faut lutter, sinon on finit par trouver normales toutes les calembredaines qu'on nous sert, tout le tapage de chaque jour, comme si les uns et les autres ne s'efforçaient pas de briller, comme si nous n'étions pas tous embarqués sur le navire Terre, comme si nous n'étions pas tous nos propres commandants, comme si la ville n'était pas au fond qu'un décor!
Il faut lutter pour rester soi-même, pour ne pas être endormi, englouti par le discours ambiant, le fonctionnement général, qui sont surtout créés par la peur de l'inconnu, l'étroitesse des privilèges, la paranoïa du pouvoir! Nous discutons avec véhémence au-dessus de la table, alors que nous dérivons au milieu de l'océan! Nous ne savons pas et nous martelons nos paroles! Nous sommes invités à être créateurs et nous ne quittons pas le troupeau! Nous refusons la nouveauté, quitte à détruire!
Il faut lutter pour ouvrir les yeux, voir toute sa situation, sa liberté, son indépendance! Peu ose l'aventure de l'individualisation! Règles, dogmes, sainteté et sacralisation mènent à la haine et à la violence! Il faut lutter pour s'affranchir de ses craintes et retrouver la souplesse, la confiance, la curiosité, l'enthousiasme de l'enfance! Il faut lutter pour ne pas perdre de vue le mal! Il est dans la folie, la maladie de ceux qui ne veulent pas s'éveiller, grandir... Il est dans les sangsues qui usent et pompent la vitalité des autres! Il est dans les cadavres qui appellent tout le monde dans leur tombeau!
Les oppresseurs sont légion! La prochaine génération en est pleine! Quoiqu'il y ait une jeunesse saine, elle a ses malades et en sera destructrice, car voici venu le temps des monstres! Ils sont seuls et inadaptés! Ils sont impuissants, puisqu'ils ne communiquent pas, n'échangent pas, ne donnent pas! Le monde les terrifie et c'est pourquoi ils veulent à tout prix le dominer! Ils ne respirent que quand les autres leur sont soumis et les considèrent tels des dieux! Ainsi leur angoisse disparaît seulement s'ils sont les maîtres! Comment pourraient-ils ne pas être dangereux?
Laids, ils brasillent à l'intérieur, comme le feu qui couve sous la bûche! Beaux, ils se dressent tels des pics enneigés et scintillants au soleil! Ils s'attendent à ce qu'on les admire, puisque eux-mêmes s'adorent! Ils ne comprennent pas qu'on leur résiste, d'où leur haine et leur mépris! Ils étouffent et fuient devant l'obstacle, car leur univers s'écroule! Mais qu'en sera-t-il quand ils auront la force des adultes? Au mieux, faute de moyens, ils seront sournois et feront le mal dans leur nuit, tels des rats! Au pire, avec du pouvoir, ils produiront des catastrophes et tueront des gens; car seul leur monde existe!
La psychologie parle d'individus narcissiques, qui seraient l'objet de leurs propres pulsions sexuelles... et il est vrai qu'ils veulent d'abord qu'on vénère leur corps! Ils ne peuvent jouir qu'à cette seule condition, que s'ils disposent d'esclaves, et c'est pourquoi le sexe opposé les rebute, car la différence est synonyme d'étrangeté, de difficultés, de découvertes, de remises en question!
Le confort est primordial chez "nos" monstres... et il est sans doute en rapport avec celui de nos sociétés, qui n'ont pas connu de guerre sur leur territoire depuis plus de soixante-dix ans! Suivons donc cette piste pour expliquer les choses, plutôt que de recourir à un tour de passe-passe psychanalytique, qui fait de toute façon référence à des événements improuvables ou faux; d'autant que la catégorie qui nous intéresse n'en est pas une véritablement, puisqu'elle nous englobe tous à des degrés divers!
Mais nos sociétés connaissent la sécurité et c'est une situation inédite! Quand il y a des guerres, nous retrouvons nos instincts et malgré l'horreur, nous nous adaptons, car nous comprenons la menace, le combat et la soif de vaincre... C'est l'histoire quotidienne des animaux et donc de nos origines!
De même, l'agression peut venir de l'intérieur, en temps de paix, si le régime en place empêche notre développement... et nous reprenons alors la lutte, jusqu'à ce que nous puissions jouir de notre liberté! Il nous faut bien des chefs, mais que leur pouvoir soit limité et que chacun ait les mêmes droits! Dans ce cas aussi, c'est notre instinct que nous suivons, c'est la domination qui pousse, c'est l'individualisation qui continue!
C'est toujours la même chose quand nous voulons le confort matériel, l'aisance! Car la richesse révèle notre réussite, notre force; elle est notre brame, l'éclat de notre plumage, notre corne!
Mais nous voilà aujourd'hui avec des frontières stables, en démocratie et disposant sans trop de peines d'un intérieur douillet! Le ventre ne crie pas famine et nous pouvons tous nous asseoir au soleil, pour regarder les autres et... nous en moquer! Nous devrions tous être pleinement heureux! Les difficultés que rencontrent les animaux, celles qui les mettent tout le temps sur le qui-vive, sont apparemment derrière nous! Et pourtant nous sommes tendus, nous faisons grise mine, des sirènes d'ambulances retentissent incessamment et certains en colère crient à la dictature!
Eh! c'est que la paix est pour nous une nouveauté et qu'elle nous place insensiblement, mais inévitablement, devant notre originalité! La conscience est une inconnue qui nous crée de l'angoisse! L'absence de réponses se distille en nous et nous fait réagir plus ou moins bien et plus ou moins sincèrement!
Nous pouvons, comme Trump et bien d'autres, nous empresser de retrouver la guerre, même si elle ne reste apparemment que commerciale! Nous voilà de nouveau "chez nous", pourrait-on dire! Nous pouvons aussi vouloir réaffirmer notre supériorité, en chantant cocorico! Le nationalisme, c'est comme de gros bras qui retroussent d'abord leurs manches, avant de "tabasser"!
Nous pouvons encore consommer et consommer, mais pour cela il faut beaucoup d'argent et donc beaucoup d'égoïsme et beaucoup de saletés! Mais enfin tout ceci ne concerne principalement que les adultes... Qu'en est-il du côté des jeunes, dans ce monde soudain étrange et inquiétant, à force d'être "paisible", sans heurts, confortable, facile? Quelles fleurs apparaissent dans cette atmosphère trouble, car hypocrite, et néanmoins quasi ouatée, feutrée, que ne violente pas le "vent de la nécessité"? Entrons dans la serre, à nos risques et périls, il faut bien le dire!
Qui se cache derrière les réseaux sociaux? Quelle chrysalide produit le ronronnement de l'ordinateur? Qui se mire dans son smartphone?
En fait, peut-on imaginer des adolescents mieux armés que leurs parents face à l'angoisse? Evidemment non, ils sont fragiles et doivent d'abord apprendre... Ils copient donc les adultes et ceux qui sont les plus isolés, parce que sans doute leurs parents les méprisent ou échangent peu avec eux, n'ont qu'une manière d'être pour affronter le monde: ils se font le centre de celui-ci! Dans leur milieu protégé, ils deviennent leur dieu et parmi la foule, ils sont tels des trous noirs anonymes!
Bien qu'ils veuillent incessamment asservir, ils n'ont pas le profil du chef! Ils n'en ont ni la puissance, ni les ambitions, ni le charisme! Ils ne cherchent pas à diriger les autres, mais à les dissoudre! C'est la peur qui les paralyse et c'est par défaut qu'ils sont monstrueux! Ce ne sont pas des acteurs, ni des bâtisseurs, mais des destructeurs, par leur incapacité même!
Cependant, leur "pathologie" n'est qu'un degré ultime ou particulier du comportement général et en réalité, ils ne sont que les fruits de la lâcheté et de l'égoïsme de nos sociétés!
Mais quels dangers présentent-ils? Nous en avons déjà quelques exemples... Un jour, des lycéens arrivent à leur école, armés, et font un massacre! On annonce encore à un pilote allemand qu'il ne sera jamais le pilote de ses rêves, parce que sa vue baisse...
Ce coup du sort, dont la plupart s'accommoderait, est vécu par le pilote comme une injure, une humiliation inacceptable! Il décide donc de se suicider, mais nullement dans une chambre d'hôtel obscure... Il faut que jusqu'au bout il ressente sa puissance, son caractère exceptionnel! Le monde entier doit se rappeler toute sa morgue, sa supériorité!
La suite, on la connaît... Il écrase son avion de ligne contre un versant des Pyrénées et chacun a vu ces sauveteurs, parmi les détritus, à la recherche de morceaux de corps!
Surveillons nos monstres, comme les Américains les communistes, durant la guerre froide! Soyons prêts à donner l'alerte, car tant que nous n'aurons pas le courage d'ouvrir les yeux, ils vont nous surprendre et nous plonger dans l'affliction!
Apprenons à les reconnaître, car ils se multiplient et nous dévorent déjà! Plus nous les verrons et plus nous serons nous-mêmes sains et lucides!
Ils sont sans scrupules, absolument fermés et nous craignons qu'une grande nuit se prépare, car ils ne seront jamais solidaires!
Le 01/06/2019
Nous l'avions dit: "Trump ne sera heureux qu'avec un casque sur la tête!", eh bien, ça y est! Le voilà tel un chef de guerre, déplaçant ses troupes: 1500 hommes déployés, pour soutenir les ennemis de l'Iran et donc les amis de l'Amérique! Attention, c'est un général d'opérette que nous avons sous les yeux! Trump est né avec une cuillère d'argent dans la bouche; l'adversité, "encaisser les coups", il ne connaît pas! Il a toujours dirigé, dominé, d'où sa folie! Au moment où ça tournera mal, on peut prévoir qu'il perde pieds!
Mais donnons un contre-exemple, pour faire contraste, pour nous ramener sur Terre! En 1917, dans les tranchées, le général Patch a un affreux mal de dents et il fait chercher un dentiste... En vain, on ne trouve qu'un vétérinaire, auquel Patch demande: "Vous avez déjà arraché des dents?
_ Oui, à des chevaux...
_ Eh bien allez-y, continue Patch, en ouvrant la bouche et en tendant une tenaille au vétérinaire."
Hein! Là chapeau! Si on regarde une photo de Patch, on voit un cobra étoilé! C'est lui qui libéra la France en 44, par la Provence!
Pourtant, Trump n'est pas l'idiot que ses plus farouches détracteurs aiment à voir! Il est bien plus complexe et sensible qu'il n'y paraît et il peut certainement même être bon! Mais, comme Bush fils, il est entouré de conseillers avides, méprisants, ne rêvant que de puissance et qui ne méritent même plus le nom de faucons, mais de hyènes!
John R. Bolton, notamment, est un tyran avéré, c'est-à-dire qu'il ne comprend le monde que s'il le domine... Ainsi traite-t-il son angoisse, mais vous connaissez déjà cette logique! Après avoir connu un fiasco au Venezuela, Bolton "s'attaque" maintenant à l'Iran, qui d'après lui a une attitude agressive! Mais ce sont bien les Etats-Unis qui ont créé cette situation de toutes pièces! C'est bien la politique de Trump qui a poussé à bout le gouvernement iranien! Comment peut-on s'abuser au point de voir ce dernier comme le belliciste ou l'agresseur! Toutes les victimes futures, quelle que soit leur nationalité, pourront accuser Trump, lors du jugement dernier!
Au sujet de l'Iran, nous ne saurions trop vous conseiller le livre de Armin Arefi, Dentelles et tchadors, paru en 2009, aux Editions de l'Aube... Vous y découvrirez une jeunesse iranienne sensationnelle, incroyable, dont vous tomberez fatalement amoureux! C'est comme si on atterrissait sur une autre planète, après le rideau épouvantable des clichés!
Arefi a "récidivé" avec Un printemps à Téhéran, édité par Plon, en 2019, mais ce nouveau livre est moins bon et contient même des fautes de grammaire, ce qui laisse rêveur... Mais la magie de Dentelles et tchadors est encore là et on a quasiment envie de hurler devant la bêtise de Trump et consorts!
Evidemment, le régime des mollahs n'est pas démocratique et peut constituer une menace, mais c'est surtout celle de la différence! Il ne faut pas en avoir peur et l'attitude de Trump montre encore combien il est faible, sans consistance; car seuls les forts acceptent l'opposition et en sont même curieux! La différence est une source de richesse, à condition de la considérer évidemment! Mais ne faisons pas d'efforts, n'ayons aucun courage et détruisons! Quel aveuglement! Trump croit encore au triomphe, qu'il sera un jour fêté comme les cosmonautes, à leur retour de la lune!
Mais combien de morts sous les confettis? Combien d'anonymes tués dans l'indifférence? Le 15 août 1944, soixante-sept marins français, appartenant au Groupe Naval d'Assaut, aborde de nuit la pointe de l'Esquillon, dans le Sud de la France. Leur mission est du sabotage à l'intérieur des terres, pour éviter que des renforts allemands empêchent le débarquement allié. D'après leurs renseignements, la côte n'est pas minée, mais elle l'a été la veille! Les hommes sautent en nombre et meurent dans des souffrances qu'on imagine... Un peu plus tard, une jeune femme, Hélène Vagliano, est fusillée, après avoir été torturée par la Gestapo!
A Paris, à la libération, Guitry, accusé de collaboration, réclame le droit à la légèreté et dans des salons, des hommes disent, pour excuser leur lâcheté, qu'ils n'ont pas choisi la résistance, parce que c'était mettre en danger des innocents! Certes, chacun suit sa voie et a ses opinions, mais il faut ouvrir les yeux, ne pas oublier tous ceux qui ont donné leur vie, pour que nous soyons libres aujourd'hui, ni tous ceux qu'on écrase telles de vulgaires punaises, alors qu'ils sont comme nous, avec leur histoire!
Tant que la domination nous tient, nous sommes irresponsables! C'est l'échec, l'obstacle, le sentiment d'abandon, la peine qui déchirent la nuit, rendent humains, font comprendre, donnent de la patience, tandis que le pouvoir, les hommages, l'aisance, la facilité enchaînent dans l'enfance! Et le sage apaise, quand le tyran brûle!
Mais baste! poursuivons... Nous sommes chez le dentiste, dans sa salle d'attente, et nous n'échappons pas à la télévision, car elle couvre tout un mur! Mais cela fait très longtemps que nous ne l'avons pas regardée et nous redécouvrons ses images, à neuf heures du matin!
En l'occurrence, c'est un journal télévisé qui passe, sur une chaîne continue d'informations, et apparemment les choses n'ont pas changé: deux présentateurs tendus, aussi rigides que des tuteurs, étouffant presque, semblent commenter un événement extrêmement grave, au point que le studio a l'air d'un QG de guerre! Mais que se passe-t-il?
C'est la campagne de Macron, pour les élections européennes, qui est le sujet! Son investissement est vu comme un risque politique majeur! D'autres journalistes interviennent, comme des commandants d'unités, et on ne serait pas étonné de voir dans le fond des personnages, déplaçant de petites marques, sur une immense carte!
D'ailleurs, la gravité de la situation est encore accentuée par une "Une alerte info", en bas de l'image, et on redoute ce qu'elle annonce... Une centaine de morts dans une catastrophe ferroviaire? Macron assassiné? Les chars de Poutine à Kiev? Non, c'est un commentaire de Raffarin qui fait le texte défilant! Les cardiaques pourront porter plainte!
A vrai dire, dans cette salle d'attente, nous sommes épouvanté par ce que nous voyons! Comment des gens, qui vivent dans une telle agitation, une telle tension, pour si peu et c'est comme ça chaque jour, comment pourraient-ils comprendre un traître mot à la vie et même aux événements qu'ils semblent maîtriser? Comment discerner où va la rivière, quand on est emporté par le courant? Son tracé n'apparaît qu'avec de la hauteur! Il est nécessaire d'essayer d'atteindre un temps qui dépasse le nôtre, par la contemplation de la beauté et donc de la nature notamment! Car nous sommes également l'objet d'une maturation, comme tout ce qui existe! Nous ne pouvons pas avoir à tout instant une réponse à nos questions! Il nous faut de la patience pour comprendre!
D'ailleurs, quand le cerveau est trop jeune, il ne peut supporter le poids des réponses, du savoir... C'est la force de sa maturité qui lui permet de recueillir les meilleurs fruits, les plus denses! Puis, plus tard, le vieil homme abandonne la plupart de ses préoccupations, pour ne plus se préparer qu'à son crépuscule...
Si votre temps reste uniquement celui de votre agitation, de votre tourment; celui de votre plaisir, de votre égoïsme; s'il ne s'élargit pas, mais demeure à l'échelle de l'homme, vous ne grandissez pas, vous ne mûrissez pas et votre comportement ne varie pas... Vous n'évoluez pas et vous vous débattez au milieu des événements, tel un enfant qui aurait trop de jouets!
Le pire, c'est que quand Macron apparaît à l'écran, il est dans le même état que celui des journalistes! Il est aussi nerveux et agité qu'eux et il ne peut donc pas vraiment mieux comprendre la situation, le cours des choses et ainsi choisir la meilleure politique! Il est bon d'être engagé, mais pas au prix d'en devenir aveugle!
Toujours est-il qu'à cet instant nous mesurons encore davantage notre isolement, car la plupart des gens vivent sans se demander où ils sont, ni où ils vont... Il existe un abîme entre eux et ce que nous écrivons, mais ce n'est pas grave... Le bonheur ou l'équilibre que nous avons trouvé ne dépend pas de l'approbation, ni de la reconnaissance générales et c'est pourquoi notre expérience a de la valeur; même si, bien entendu, il est toujours agréable de recevoir une grande claque dans le dos, en se faisant traiter de vieille canaille!
Mais une bonne nouvelle vient éclaircir le ciel, c'est le vote Vert des Européennes! Malgré notre "clairvoyance" et comme tout le monde, nous avons été surpris par ce résultat; nous n'avions pas pris assez au sérieux les divers mouvements écologiques, qui avaient précédé les élections... Mais voilà, la jeunesse rappelle qu'elle est bien présente et sa générosité la place d'emblée au-dessus des intérêts particuliers! Cependant, ce n'est pas seulement une politique plus écologique qui pourra améliorer le sort de la planète, ainsi que le claironne le succès lugubre du RN!
A quoi est-il dû? On a retrouvé la moustache d'Hitler! Un Russe l'avait conservée! Plus sérieusement, c'est toujours la même pente... L'angoisse, l'ennui, les inquiétudes conduisent à la domination, à la réaffirmation de son importance, au contrôle des autres; ce qui entraîne, dans le désordre, de l 'égoïsme, de la jalousie, un repli sur soi, de la fermeture, de l'intransigeance, de la dureté, du mépris, de la haine, etc. Il en est ainsi car l'équilibre de la plupart n'est construit que par la victoire, la satisfaction de l'amour-propre!
C'est une conséquence inévitable de l'individualisation croissante des espèces et si ce comportement convient parfaitement aux animaux, pour la défense du territoire ou la sélection naturelle en particulier, il est sans issue pour l'homme, car la conscience ne peut seulement s'accommoder du triomphe du plus fort; ne serait-ce que parce nous sommes sensibles à la souffrance d'autrui! Mais nous ne cessons de décliner ce thème, n'est-ce pas?
Toujours est-il que la montée des nationalismes traduit nos inquiétudes, notre époque pleine d'incertitudes, et comme nous réagissons à l'instar des animaux, nous devons nous attendre à des défis, des affrontements, à des coups de dents et de griffes! Nous serons bientôt aussi secs que du bois mort! Notre air sera de plus en plus martial, ainsi que l'histoire ne nous aurait rien appris! Nous roulerons des muscles, tel Trump, à la recherche de l'injure, de l'outrage, du casus belli! Pourtant, les Européennes étaient pour nous l'occasion de penser aux Ukrainiens, aux Estoniens, aux Lithuaniens, à tous ceux qui sont petits face aux superpuissances! Mais la campagne des différents partis a été d'une grande médiocrité!
Macron a raison, il faut une armée européenne, pour rafraîchir le front de Trump, ou pour calmer Poutine, mais vu les finances et surtout la fermeture des uns et des autres, ce vœu n'est pas prêt de se réaliser! Et la jeunesse est naturellement trop tendre, pour lutter contre l'égoïsme mûr, satisfait de sa puanteur, comme le rat dans ses excréments! Notre horizon pourrait devenir de plus en plus noir, de plus en plus sanglant, à moins que les catastrophes naturelles ne "coiffent au poteau" nos désirs guerriers! Mais tout cela échappe au plus grand nombre, car il nie son angoisse!
Dans notre quartier, nous voyons au moins trois personnes, qui ne peuvent dormir sans la lumière allumée! Une revue féminine ne verrait là qu'un cas de claustrophobie et donnerait des conseils, comme de se frotter avec un oignon, avant de consacrer son article suivant aux tables basses! Mais l'angoisse ne touche pas seulement quelques uns, elle étend ses branches dans tous les cerveaux et si on ne la ressent pas, c'est parce qu'on prend le soleil pour un accessoire de théâtre!
Toujours par ici, il y a ceux qui ferment leurs volets dès huit heures du soir, tandis qu'il reste encore près de trois heures de lumière! Ils ne voient plus d'intérêt au jour et même celui-ci les ennuie et les indispose! Ils s'enferment donc, dans l'obscurité et sans doute devant la télévision!
S'ils avaient une passion, leur activité regretterait la venue trop soudaine du soir, mais une seule chose les mène: leur domination, leur importance! Ce n'est que quand ils brillent qu'ils aiment la vie; sinon ils dépriment! A ce compte-là, ils n'ont pas la solution de leur problème, parce que la plupart des autres sont comme eux! Si chacun tire la couverture à soi, chacun finit par avoir froid!
Comment alors ne pas comprendre que dans ces "terriers" naissent le ressentiment, l'incompréhension, la crainte; toutes les conditions favorables à un vote RN?
Pour un monde meilleur, il est nécessaire de "casser" ce réflexe, qui nous fait croire que notre bonheur ou notre réussite résident dans notre supériorité! Que l'on regarde autour de soi! Qu'on redevienne enfant, pour la curiosité, l'émerveillement, la douceur, la confiance tranquille; celle qui fait chanter sa joie et contempler les nuages comme une caresse!
Le 25/05/2019
Comme chaque jour, nous nous heurtons au tyran. Nous sommes à faire nos courses, à un étal ou à la boulangerie, et le voilà qui arrive, aussi précis qu'un train, aussi rapide qu'une mouche! Aussitôt, il pèse et l'image la meilleure qui pourrait le représenter est celle-ci... Einstein découvre que la gravitation, bien qu'elle obéisse aux lois de Newton, est en fait un champ gravitationnel, car la masse des astres déforme l'espace... La lumière elle-même est déviée et le tyran a une action similaire: il veut être le centre du monde, grâce à la tension qui l'habite!
Nous voudrions nous tourner vers lui, pour lui dire: "Si je comprends bien, dès que vous êtes là, il faut que les autres dégagent, c'est ça?" Le tyran montrerait d'abord de la surprise, de l'incompréhension, comme si nous étions nous-même l'impoli ou fou! Il faudrait alors lui expliquer que personne ne met de la mauvaise volonté, que c'est à chacun son tour et qu'il ne doit pas faire pression sur les autres, qu'il n'a pas à les serrer comme ça! (Qu'il se détende, bon sang!)
Face à ce discours, le tyran ne conviendrait de rien; il pourrait même se récrier et s'excuser, comme s'il s'agissait d'un malentendu; mais, dans le fond de son cœur, il vous haïrait, son orgueil étant piqué! Il reculerait néanmoins et vous laisserait plus d'espace, mais une telle explication vous aurait épuisé et vous ne la recommenceriez pas de sitôt!
Aussi l'attitude la plus courante face au tyran est-elle une résistance silencieuse, secrète pourrait-on dire! Sous la menace, on se relâche encore plus, on respire plus profondément, on se défend en devenant plus calme, plus dense; on prend son temps... Non par bravade, pour envenimer les choses, mais par respect pour soi, pour refuser l'égoïsme et la bêtise! Car ce n'est que cela: il n'y a pas de gens pressés, il n'y a que des bébés attardés, qui ne savent pas se contrôler!
Cependant, même si on résiste au tyran, il nous oblige à réagir et c'est encore une usure; alors qu'un autre monde est imaginable, où chacun respecterait l'autre! Mais, comme on ne cède pas au tyran, celui-ci enrage et peut faire valoir sa haine davantage! Il se campe par exemple près de nous, son air de dégoût nous analysant de la tête aux pieds! Il peut encore nous coller encore plus, de sorte qu'il nous semble, quand on se retourne, telle une matière molle, dont on aurait de la peine à se débarrasser... Il est possible enfin qu'il nous donne carrément un coup de coude au passage, qui serait mis, si on le relevait, sur le compte de l'étroitesse des lieux ou de la distraction... Mais c'est pourtant une véritable petite agression, qui laisse entrevoir au bord de quels abîmes nous vivons!
Mais nous croyons qu'il ne faut surtout pas croiser les yeux du tyran, le considérer, car la pire insulte pour lui, c'est l'indifférence! Non seulement celle-ci le blesse au plus profond, mais elle lui montre aussi le visage encore lointain de l'angoisse! En effet, le tyran ne voit qu'un monde, le sien, celui qu'il domine! Les autres n'y ont pas une existence vraiment réelle... ou plutôt ils ne sont pas les égaux du tyran, ils n'ont pas les mêmes droits que lui! Mais ils doivent lui obéir et reconnaître sa supériorité (ce qui est une plaisanterie, bien entendu...)! Tout élément qui résiste est une étrangeté, un univers inconnu, une réalité soudain détestable pour le tyran, dont nous allons essayer de comprendre encore mieux le phénomène!
Les scientifiques, pour expliquer le génie, le pouvoir créatif, émettent l'hypothèse d'une sorte d'autisme... et on comprend leur point de vue. Comme a priori nous naissons tous avec le même cerveau, il faut bien que l'idée originale, créatrice, vienne de quelque part et peut-être qu'elle est le fruit d'une maladie mentale, d'autant que le créateur semble en proie à une véritable obsession, ne serait-ce que parce qu'il doit lutter contre vents et marées!
Ce qui fait avancer l'humanité serait ainsi un accident, une anomalie, voire un parasite, comme le champignon sur une souche, ou la rouille sur une barre de fer! Mais nous laissons à la science la responsabilité de cette voie, qui peut se révéler extrêmement périlleuse, puisqu'il faudra tôt ou tard regarder Darwin ou Freud tels des malades!
Ceci étant, nous pouvons mieux parler des véritables artistes, qui sont plutôt de grands névrosés, et ce qui les caractérise le plus souvent sur le plan psychologique, c'est le doute, l'effacement devant le jugement des autres, la dépression, qui peut aller jusqu'au plus profond dégoût de soi-même! Nous n'expliquerons pas ici la raison de ce comportement, bien que l'analyse freudienne soit fausse, mais même si l'artiste croit en son talent, surtout s'il crée, il est très difficile pour lui de ne pas être à nouveau victime du découragement, de l'abattement, ce qui le mène à mépriser son œuvre et à souhaiter un autre travail, une autre tâche, qui lui permettrait de se sentir plus utile, plus aimable...
Il suffit de voir les atermoiements d'un Pissarro, les excuses d'un Baudelaire ou les souffrances d'un Van Gogh, pour s'en convaincre... Cézanne, dans son désespoir, croyait que le génie c'était son père, puisque celui-ci, grâce à sa fortune, lui assurait une rente... Mais, bref, il n'est pas rare que l'artiste finisse par regretter son exception et par envier la "normalité" des autres, et si nous avons pris le temps de dresser un peu de son portrait, c'est qu'il ne correspond pas à celui de l'autiste!
En effet, d'après nos propres observations, un élément essentiel qui caractérise l'autiste, c'est sa fermeture, sa psychorigidité... Tout le monde connaît certains dons exceptionnels des autistes: ils peuvent notamment être très précis, avoir une mémoire extraordinaire et relever des erreurs que personne ne voit! Mais c'est justement cette capacité qui constitue un handicap, car le monde de l'autiste repose sur des détails, sur une logique, ainsi que son cerveau serait tel un mécanisme d'horlogerie!
Si on fait obstacle à l'autiste, on a droit à sa colère ou à sa panique, et c'est pourquoi on parle de maladie, car les limites sont vite atteintes! Il n'y a pas chez l'autiste un véritable échange social, qui demande nécessairement une souplesse d'esprit, une capacité d'adaptation... On doit pouvoir reconnaître la supériorité de l'autre ou au contraire ne pas lui montrer son infériorité! Rien que les faits ou la stricte exactitude excluent toute relation! En tout cas, nous sommes très loin ici de l'artiste qui, à force d'échecs, est tout prêt à se désavouer et à suivre l'avis de ceux qui le critiquent, ce qu'il regrettera d'ailleurs amèrement plus tard!
Mais, si l'artiste n'échappe pas à la catégorie des "roseaux pensants", chère à Pascal, par contre on peut se demander très sérieusement si le tyran, lui, n'est pas beaucoup plus près du comportement de l'autiste; car comment regarder différemment sa façon de traiter les autres? Il ne les respecte pas lui-même! Il est également fermé, dur et sujet à la colère et à la haine, s'il est contrarié! Quand on sait qu'il forme la majorité, cela laisse rêveur! Certes, il est sociable et il est même vu par la science comme un modèle de bonne santé, car ce sont ses projets, ses ambitions, son égoïsme, qui a priori animent la société et la développent; et pourtant chaque jour il blesse autrui et empêche le bonheur... Mais si la science ignore le "phénomène du tyran", c'est parce qu'elle ne le voit pas, tout simplement! Tâchons donc d'aller encore plus avant, afin d'examiner celui-ci en plein soleil!
En ce qui nous concerne, nous fréquentons un bouquiniste, avec lequel nous aimons évoquer les guerres passées, les déclarations des uns, les erreurs des autres... Cela est plein d'enseignements et Vichy, en particulier, est un sujet qui redonne toujours le moral! Mais, durant la discussion, il est naturel que d'autres clients passent et nous voyons la haine de leur regard, quand ils découvrent qu'ils ne seront pas seuls avec le bouquiniste! Cette réaction ne nous surprend pas, bien au contraire, puisque nous l'avions nous-même, à une autre époque, il y a longtemps!
Mais d'où vient-elle? Nous sommes tous à l'origine impatients de nous sentir vivre, de montrer notre talent, notre richesse, notre importance, et cela est si fort que le moindre empêchement, que tout ce qui nous retarde, nous ralentit, cause notre énervement, notre dégoût, notre colère, notre irritation! C'est l'enfant qui est en nous qui continue de souffrir, dès qu'il n'est pas immédiatement satisfait!
En constatant ce processus et ses conséquences, la haine pour autrui et la douleur pour soi, nous avons décidé d'évoluer; nous avons appris à être patient, pour ne pas dire confiant; nous avons grandi, atteint une certaine maturité, qui nous permet de ne prendre nul ombrage, quand bien même nous n'aurions pas l'occasion de nous faire valoir! Au contraire, ce détachement, cette maîtrise nous donne liberté et légèreté! Nous ne souffrons presque plus et même nous sommes si fort, si disponible, qu'il nous arrive d'avoir de la compassion pour tous ceux qui se débattent encore avec leur amour-propre!
Mais une conclusion s'impose: le tyran, au fond, n'est rien d'autre qu'un enfant dans un corps d'adulte! Il refuse toute maturation, parce qu'il a l'impression que s'il faisait des efforts, s'il consentait à se diminuer, à reconnaître son ignorance, ce qui est nécessaire pour apprendre, il serait perdant, il n'aurait pas sa place; sa jouissance serait moindre! Il reste donc avec son avidité et sa fragilité d'enfant et son destin est souvent malheureux, voire tragique!
Par exemple, un patron de bar expatrié, en France, un Irlandais, se calme en s'emportant régulièrement contre sa femme! Quand celle-ci ne peut plus supporter la situation et demande le divorce, notre homme ressent soudain une telle solitude qu'il décède d'une attaque cérébrale! Rappelons que le tyran n'a pas d'autre équilibre que celui de l'enfant despotique! Autrement dit, s'il n'a plus de victimes, il est perdu!
Autre exemple... Un charcutier, tout en se plaignant tout le temps de son travail, se montre dur et intransigeant à l'égard des autres, mais il doit aussi prendre sa retraite et vendre sa charcuterie... Il meurt quelque temps après, d'un cancer foudroyant, car la peur n'avait plus aucun obstacle devant elle! Si le métier s'arrête, le vide apparaît, au point que le premier peut rendre esclave! Mais ceci révèle encore combien le sort du tyran est peu enviable, car il est dépourvu de paix!
Elargissons notre point de vue et considérons le conflit israélo-palestinien! S'il n'était pas lugubre et cruel, il ressemblerait à un match de tennis, entre Borg et Connors! Cela paraît sans fin, inextricable, et gagné par le découragement, on a envie de dire quelquefois: "Mais qu'on les laisse s'entretuer! Comme ça, ils seront moins et on sera plus tranquille!"
Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi... Les "pères fondateurs" de l'état d'Israël ont été plutôt de gauche, des travaillistes, et qu'ils s'appelassent Ben Gourion ou Mosche Dayan, ils n'ont jamais oublié qu'il faudrait traiter avec les Palestiniens! Ce sont les leaders de droite, du parti du Likoud, qui n'offrent qu'un dialogue de sourds, et parmi eux on citera Begin et Shamir, qui étaient tous deux des terroristes, du temps du protectorat britannique; c'est-à-dire qu'ils ont tué ou fait tuer au nom de leurs convictions. Shamir d'ailleurs a vraiment été le Mesrine des Anglais et la France a pu l'aider à leur échapper, car à cette époque notre pays avait à cœur d'empoisonner la situation! Mais ceci est une autre histoire...
Toujours est-il que la droite conservatrice est bien plus proche de l'attitude "autiste" du tyran! Elle refuse de prendre en compte l'existence de l'autre, ou de la différence, et elle vit dans l'illusion qu'elle finira par triompher, que ses ennemis disparaîtront! Evidemment, les partis extrémistes sont encore plus engagés dans cette voie et c'est pourquoi ils ont toujours veillé à ruiner les négociations pour la paix! Du côté palestinien, ce sont les attentats-suicides du Hamas et les fanatiques religieux juifs sont à l'origine de massacres... En 1995, le premier ministre israélien, Rabin, est même assassiné par un de ses compatriotes, parce qu'il était favorable aux accords d'Oslo, certainement la tentative la plus sérieuse pour aboutir à la paix!
Aujourd'hui, Netanyahou symbolise la droite gâtée et capricieuse, car les menaces pesant sur Israël sont de moins en moins lourdes; mais son sourire fait plutôt penser à celui d'un homme assis sur une caisse de dynamite!
De même, un ancien conseiller de Trump est venu en France, apporter son soutien à la liste européenne de Marine le Pen, parce que dit-il: "Il faut que les nationalismes s'internationalisent!" et effectivement, on a vu les présidents de la Hongrie ou du Brésil, pour ne citer qu'eux, se rendre aux Etats-Unis, pour saluer leur quasi cornac Trump!
Mais le but final d'un nationalisme, malgré les belles formules, c'est sa domination, sa supériorité sur les autres, ce qui mène au conflit et à la guerre! Ainsi, L'Iran essaie-t-elle déjà de répliquer à la politique écrasante et méprisante du président américain... Des missiles partent du Yemen, en direction de l'Arabie saoudite!
En fait, le tyran, qu'il soit un homme de la rue ou aux commandes d'un pays, met à bouillir l'humanité; c'est la fascination ou l'aveuglement de l'enfant, quand il brûle des criquets ou démembre sa poupée! Et nous n'avons donc pas fini de voir le faible se tordre de douleur!
PS: nous vous conseillons vivement les dernières photos de cette semaine, car ce sont de remarquables clichés d'épaves!
Le 18/05/2019
Reparlons de l'angoisse! Car c'est un sujet passionnant et auquel nous sommes confrontés chaque jour! Il nous est donc essentiel et il est vrai qu'on ne peut jouir de la vie, tant qu'on est la proie de l'angoisse! Cherchons donc son remède, examinons lequel d'entre eux est le meilleur; dénonçons les faux médecins, les savoirs impuissants; afin que nous puissions nous aussi, tel Jésus, marcher sur les flots de l'angoisse qui noient le monde!
Mais d'abord rappelons ce qu'est l'angoisse et sa cause... Le mot vient du latin angustus, qui veut dire étroit! Nous avons déjà écrit cela ailleurs, mais on n'en finit pas d'"apprendre la vie"! Cependant, à chaque fois que nous sentons notre développement limité, inexistant, comme si nous étions prisonniers, nous éprouvons une impression d'étouffement, de malaise et très vite notre nervosité apparaît! Nos gestes deviennent mal assurés, distraits, car notre cerveau est préoccupé et c'est à ce moment que se produit l'incident, comme d'oublier son portefeuille sur la table du restaurant!
Nous sommes perdus, dès que nous n'avons plus le sentiment de notre valeur! Nous voilà comme un poisson hors de l'eau: nous cherchons désespérément de l'oxygène, du plaisir en fin de compte! Dans certains cas, quand le psychisme est déjà affaibli, l'espace autour peut paraître si écrasant qu'il déclenche une panique! Mais la plupart du temps, ce n'est qu'une gêne; "comme si l'angoisse voulait juste nous aider à aller encore plus mal"! Notre existence ainsi nous est à charge; elle est pleine de nuages noirs; et quelle différence avec nos moments heureux! Nous ne comprenons pas; le froid est venu subitement...
C'est que la situation de l'homme ne pose aucun problème, du moment que nous sommes à nos projets, à nos joies, à nos espérances! Le bonheur ou la réussite nous donnent comme un habit de cosmonaute: nous ne subissons pas l'hostilité de notre monde! Et pourtant les abîmes nous entourent! L'inconnu peut se dresser tel un dieu de glace, à l'infini! Il peut nous renverser d'un souffle! La différence, la contrainte, l'échec nous rendent peu à peu et plus ou moins perméables au trouble, à la peur! Notre gaine protectrice n'est pas immuable; bien au contraire, elle n'est jamais vraiment étanche!
Pour échapper à nos inquiétudes, nous cherchons naturellement à nous sentir de nouveau importants, utiles! Nous voulons de la force, que notre tâche avance, pour effacer le brouillard qui nous environne! La lumière, c'est le progrès, avons-nous envie de dire et comme c'est notre place qui se joue, la formule du remède pourrait être: "Vous êtes tip top, extra, sur la bonne voie; on ne peut pas faire mieux; cool, la classe, quoi!" "Les obstacles? Hop, ils sont derrière moi, dans la poudreuse!" "J'suis Killer crocodile! Mes mâchoires ne se ferment jamais sur du vide! Mon parfum? Nez de buffle!" "Non, mais j'suis à tomber! J'suis la bombe! Mes lignes rendraient jalouse une antilope! Ah! les pauvres mecs! Y bavent! Y savent faire que ça!" Oui, avec un tel remède, la mort et toute la bêtise de l'espace, la lèpre et les chaussures trop chères n'existeraient plus! Ce serait du printemps concentré... ou comme la potion d'Astérix! Mais est-ce vraiment possible? Peut-être!
Mais, on le voit, notre premier réflexe face à l'angoisse, c'est la domination! Issue du règne animal, c'est elle qui renforce d'abord le sentiment de notre pouvoir, de notre supériorité! Exemple: Trump!
Il est partout sur la scène internationale et même dans son propre pays! Il passe de l'avortement, à son mur; de la Corée du Nord à l'Iran, etc.! Il régit tout, condamne tout, encense qui il veut et bref il est omniprésent! A priori, c'est la bonne formule: l'économie des Etats-Unis n'a jamais été aussi florissante, pour reprendre une expression de son président; le taux de chômage est aussi bas que celui de l'année 69! L'Amérique se voit de nouveau forte; elle espère de nouveau, dans le sillage tumultueux de Trump; mais c'est l'égoïsme qui triomphe et ce ne sera qu'une victoire temporaire, qui mènera même à la catastrophe et à beaucoup de larmes!
Car vous ne pouvez pas vous imposer aux autres sans les blesser, sans les écraser, et donc sans susciter de la haine, de la vengeance, de la violence! L'un de ces premiers effets est la condamnation à mort en Iran de deux mineurs violeurs... Cela peut être une coïncidence, mais comment ne pas voir là une réaffirmation du régime qu'il sera intraitable, qu'il est dans son droit, qu'il est légitime, malgré les pressions de Trump (à l'heure où nous écrivons ces lignes, l'Iran vient de poser un ultimatum à l'Europe!)! Deux mineurs ont déjà fait les frais de la politique expansionniste américaine! Qui aura pensé à ces deux là? Leur famille ont sûrement de la peine et leur ressentiment vient s'ajouter à combien d'autres? La spirale de la souffrance et du mal n'a pas de limites, et tôt ou tard elle se retournera contre Trump!
La domination pour lutter contre l'angoisse est le pire remède qui soit! Outre qu'il fatigue, car il faut incessamment des projets, du mouvement, il ne résout au fond rien: il faut tout le temps dominer, encore et encore, pour échapper à l'angoisse, qui de toute façon revient! Combien de victimes ne laisse-t-on pas derrière soi! Mais est-ce à dire que plus l'angoisse est forte et plus la domination l'est également, ou encore, à l'inverse, plus l'orgueil est fort et plus la peur l'est aussi? Sans doute, mais ce n'est pas un processus fatal; l'intelligence est justement là pour comprendre et nous changer!
Cependant, l'angoisse crée aussi le rejet, le mépris! C'est très simple, car cela découle de ce qui vient d'être dit... En effet, ce qui menace une domination est forcément un facteur d'angoisse et quand on ne peut pas dominer cette menace elle-même ou la détruire, on lui oppose son mépris, comme si elle n'existait pas, n'avait pas de sens! On se protège donc par le mépris, on garde sa "réalité", son monde; on se convainc que ce qu'on a aperçu n'était qu'un mauvais rêve, une ineptie, un fantasme!
Pourtant, on devrait savoir que dès lors on a une vie artificielle et que l'angoisse qui est tenue dehors ne cessera de grandir! On évite la vérité ou l'élément étranger par faiblesse, parce qu'ils sont déjà épouvantables, et le mépris est un aveu d'impuissance! Ainsi, le slogan: "Macron dégage!", malgré toute sa violence, est une forme de mépris! Il nie tout le processus électoral, car s'il fallait vraiment le considérer, cela exigerait de la retenue, de la patience, de l'attention; ce qui permettrait à l'angoisse de réapparaître telle qu'elle est! On préfère donc croire à un "coup de baguette magique", comme le bébé crie plus fort, pour qu'on vienne le voir, et dans ces conditions bien entendu, le dialogue est au fond impossible!
Mais la domination peut encore être tournée contre soi-même et l'angoisse devient alors un maître exigeant, tyrannique, voire tortionnaire! On devient son propre esclave, on travaille au-dessus de ses forces et on finit par se blesser. Cela peut être de la dépression: on s'affaisse et on éclate en sanglots! On a des idées de suicide... Mais on peut aussi s'énerver, vouloir faire à tout prix le ménage et empoigner quelque chose de trop lourd, qui finalement nous tombe sur le pied, pour nous conduire à l'hôpital; où on rigole avec celui qui s'est brûlé au-dessus de son barbecue, ou avec celle qui s'est donné un coup de sécateur! Une sciatique carabinée nous montre encore tel un vieillard et nous apprend patiemment à prendre le temps!
Nous sommes prêts également à nous priver de notre liberté, pour ne plus souffrir de l'angoisse... Certains, pour ne pas dire la plupart, fondent une famille dans ce sens et deviennent bientôt malhonnêtes, à se plaindre de la lourdeur de leur charge, car les enfants ne sont pas seulement une source de devoirs, ils offrent aussi l'occasion aux parents d'être dominateurs et donc d'avoir de l'importance, ce qui chasse l'angoisse!
Par ailleurs, le sport est ordinairement un bon calmant (c'est encore une domination sur soi...), mais ses excès sont parfois mortels! Il y a peu un champion de snowboard, en voulant battre un record, a été hospitalisé dans un état grave et le clown Artemus Gordon est décédé en jouant au tennis! Le raid, l'exploit, l'aventure permettent d'explorer ses limites et seuls ceux qui ont survécu dans des conditions extrêmes sont riches de cette connaissance!
C'est parfois un peu loufoque et trop risqué... Dernièrement, un aveugle a traversé le Pacifique à bord d'un voilier... et ça c'est plutôt bien passé... En fait, c'est pour partir du port que tout le monde a pris une suée! Mais même la paix qui découle du dépassement de soi est éphémère; l'exploit finit par ne plus nourrir et la confiance disparaît! Ainsi, Mike Horn, dans sa nouvelle carrière à la télévision, se révèle dominateur et méprisant; car, malgré tous ses périples, l'obstacle de son angoisse demeure!
Autre exemple, Gérard d'Aboville qui commence son livre "Seul" par une blessure, une humiliation... Un quidam lui dit qu'il n'a pas vaincu avec ses rames le plus grand océan du monde, puisqu'à quelques kilomètres de l'arrivée il a préféré monter à bord du bateau venu l'assister! Bien que ce choix fût certainement le plus raisonnable, car une tempête sévissait sur la côte, et qu'il dût être éprouvé comme un crève-cœur, d'Aboville convient que les faits sont là et on voit alors comment la dépression fait son œuvre!
Car, imaginez-vous dans un caisson étanche, à l'écoute des vagues les plus monstrueuses, qui arrivent comme des trains! Plus elles vous soulèvent et plus durement elles vous font retomber, vous écrasant dans un fracas d'eau! Vous pensez à chaque fois que c'est la fin, mais le "toboggan de la mort" recommence! Comment pourriez-vous ne pas juger par la suite la plupart des préoccupations terriennes comme anodines?
Mais il faut toujours de l'action, pour repousser l'angoisse, et l'agitation constante et quasi frénétique de nos sociétés ne s'explique pas autrement! Ainsi naissent l'agressivité et les incivilités!
Vouloir aller vite est un symptôme d'angoisse! Quand le gouvernement montre son désir d'obtenir rapidement des résultats, il laisse voir son futur échec! Car l'angoisse ne permet pas de bien comprendre les choses et la greffe de la politique de Macron ne prendra pas!
Par ailleurs et n'en déplaise à la psychologie, mais la soif de sexe est aussi produite par l'angoisse! Mais baste, arrivons à la religion, qui nous préoccupe beaucoup, depuis qu'elle vient nous tuer dans nos contrées laïques! Est-elle un bon remède contre l'angoisse?
Dans la plupart des pays musulmans, la religion est le cadre, la loi, le sens! Allah y est vu comme une autorité suprême, à travers un fonctionnement rigide, notamment on doit prier cinq fois dans la journée, à des heures précises; sinon on n'est pas un bon musulman et on encourt tôt ou tard des sanctions! Mais on comprend facilement que, dans ces conditions qui restent somme toute scolaires, l'angoisse ne puisse franchir le portail de la religion et que, si elle insiste, elle ait affaire au directeur!
Cependant, un tel fonctionnement empêche l'individualisation, c'est-à-dire le développement des pays, et c'est pourquoi le monde musulman paraît s'éveiller aujourd'hui d'un long endormissement (la domination coloniale est une autre raison...)! C'est même un réveil extrêmement brutal, car la technologie et le confort de l'Occident n'ont jamais cessé de "cavaler", grâce à la liberté de la science, elle-même due à la laïcité!
Cela explique encore pourquoi la démocratie, le pouvoir accordé aux individus, que propose volontiers et principalement l'armée américaine est incompréhensible aux populations de pays détruits, comme l'Afghanistan ou l'Irak; même si elles sont débarrassées de leurs tyrans! L'individualisation est si soudaine qu'elle devient synonyme d'angoisse et la seule bouée de sauvetage reste encore l'ancien mode de vie, l'islam!
En fait, tant qu'elle est un pouvoir, la religion ne peut que conduire ses responsables à la domination, s'ils se sentent menacés! Ainsi, Dieu ou Allah apparaît comme un égoïste, un violent ou un assassin, et c'est bien l'islam qui dessert le plus l'islam, bien au-delà de toute caricature!
Cependant, de tout ce qui vient d'être dit, on peut conclure que la religion n'offre pas le bon remède, mais que reste-t-il alors? Mais la solution, nous l'avons sous les yeux! C'est la connaissance, le savoir! Imaginez-vous lisant sans difficultés tous les comportements que vous avez devant vous! Comment pourriez-vous vous sentir seuls et angoissés? Encore faut-il distinguer le savoir scientifique de celui de la sagesse!
La science, parce qu'elle croit que c'est nécessaire à son objectivité, regarde l'homme comme un étranger et elle ne peut pas entièrement le comprendre... A votre avis, pourquoi Freud a-t-il essayé de tout expliquer, l'alpha et l'oméga, par la seule psychanalyse, sinon pour lutter lui-même contre l'angoisse! Le savoir peut devenir aussi dominateur et aujourd'hui, la psychanalyse est une vaste cathédrale, avec ses prêtres qui, à l'occasion, se montrent aussi agressifs et hostiles que ceux de la religion! Mais il y a pire, car au fond le seul bien que la psychologie apporte à ses patients, c'est la restauration de leur égoïsme, ce que nous voulons justement éviter!
La sagesse, elle, voit d'emblée l'homme comme l'aboutissement de l'individualisation que connaît la vie et ainsi la conscience prend tout son sens! Le sage trouve sa place au-delà de toutes ses espérances et marche sur la voie de l'Illumination, qui n'est rien d'autre qu'une foi sans peur!







