On rêve!

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  • Le 21/12/2019

On reve

 

 

 

 

 

    Vents de folie et la société matérialiste se dévoile! Ordures jonchant les rues, que des employés ramassent dignement; poubelles surchargées, comme de gros ventres qui n'en ont jamais assez! mobilier abandonné, pour que d'autres s'en chargent, parce que l'égoïsme est seulement pressé de jouir et que la moindre contrainte provoque sa haine!

    La société matérialiste n'a qu'une raison d'être, c'est la satisfaction de l'individu; autrement dit, c'est la domination qui règne; c'est le nombril assis sur la ville! On ne cherche qu'à s'imposer à l'autre, qu'il nous remarque, nous admire, nous craint! Narcisse à chaque coin de rue! pendant que les déchets roulent, dans des odeurs de bière et d'urine!

    On rêve! On croit vraiment que la vie est un bal, qu'il s'agit d'y briller; qu'il est normal que nous en soyons les vedettes! Nous nous pomponnons ou nous marchons comme des officiers de cavalerie! Il ne nous manque plus que les carrosses et les gants blancs!

    Nous tapons du poing sur la table! Nous crions notre colère, que nous ne céderons pas! Mais de quoi s'agit-il? On nous fait chauffer les pieds, pour trouver nos économies? Nous prend-on le pain de la bouche? Non, c'est encore notre amour-propre, notre fierté, notre égoïsme qui refusent d'être lésés!

    Nous sommes irresponsables, alors que la nuit avance! Nous occupons les forces de l'ordre, nous donnons le mauvais exemple, nous incitons au chaos, alors que la nuit progresse et devient de plus en plus dangereuse!

    La société matérialiste a créé son serpent, son monstre, et il commence tout juste à nous étreindre! Malheur à vous gens de gauche, qui, par votre fureur, avez chassé toute spiritualité! Malheur à vous gens de droite, qui, pour vos privilèges, avez rendu maudite toute spiritualité! Malheur à vous scientifiques imbus de vous-mêmes, qui vous croyez esclaves de la vérité! L'homme sans dieu est né! L'homme animal! Celui qui ne voit que lui, qui est malade de lui!

    La Terre appartient à Dieu, mais il n'est présent nulle part!

    Violences dans les écoles! Guet-apens tendus à la police! Rite initiatique par le combat! Attaques sur les professeurs! Menaces sur les familles des policiers! Les loups s'organisent, délimitent leur territoire, s'affûtent, se préparent, attendent les bonnes conditions!

    Autre jeunesse, davantage aisée, ancrée à son Smartphone, autiste! L'œuf d'acier, à force d'être vicieux, du matérialisme, sans âme! Un assassin à sa manière, plus mesuré et prudent que le précédent! Plus vénéneux, car moins visible, mais tout aussi dur, peut-être plus même! 

    Autres violences: supermarchés occupés, barrages agressifs contre la consommation! Elevages incendiés, couverts d'injures; terreurs dans les campagnes! Haine à l'ONU! C'est toujours la domination qui étend sa main de fer! C'est toujours l'égoïsme qui parle, même s'il se croit juste et bon!

    La nuit arrive, mais nous paradons! Nous demandons des comptes... et qu'ils soient exacts; tellement nous sommes vides et nous nous ennuyons! Nous sommes inquiets maintenant, et nous le serons demain, quelles que soient les conditions! Qu'on se rassure, nous aurons de quoi payer le cimetière! Enfin la sécurité!

    Nous ne voyons pas pourquoi nous devrions perdre, ni même faire des efforts, puisque nous sommes la fin de nous-mêmes, qu'il n'y a que nous! Nous avons la mâchoire serrée sur notre bien, comme des crocodiles! Nous nous défions, nous menaçons, nous voulons des "ronds", par désœuvrement, par manque d'imagination!

   L'horreur de la violence finira sans doute par nous réveiller! Nos querelles cesseront devant l'hydre qui s'avance! Quand nous verrons le nouveau nazisme, nous serons interloqués! Il faudra néanmoins beaucoup de sang, pour nous arracher à notre égoïsme! Cependant, nous  entendons une autre voix...

    "Bonjour, je m'appelle Candina; je suis Mozambicaine et j'habite Chimoio, une ville moyenne à l'ouest du pays! Ma maison est en pisé et il y fait très sombre, mais pourtant on y est très propre! Les toilettes sont dehors et elles ne sont pas très agréables, car ce n'est qu'un trou! On a aussi une petite cour, avec des poules et nos chiens. Il n'y a pas d'eau courante; on doit aller la chercher à la fontaine, à la pompe! Puis, on la transporte sur nos têtes, dans un seau qui fuit! L'eau coule un peu sur mon visage, ce qui éclaire mon sourire!

    Pendant la journée, je vais à l'école et ma maman, elle, prépare les repas. Pour cela, elle commence par allumer un feu: on n'a ni gazinière, ni frigo! Maintenant que la guerre est finie, un supermarché a ouvert en ville... Avec mes copines, nous passons souvent devant! Dans la vitrine, il y a des lavabos, des toilettes, des cafetières, des télévisions! Beaucoup de choses pour nous sont des mystères!

    Mon rêve, c'est de pouvoir acheter un ordinateur et de travailler à Beira, la seconde ville du pays! Je veux une vie indépendante, dynamique, avec mon appartement! Comme ça, je pourrais aider ma maman, quand elle sera vieille ou malade! Si je comprends les Français? Oh là, là, c'est un grand pays riche... et moderne! Ils sont pourtant mécontents? Ils cassent tout dans les rues? Comme si c'était la guerre? Ils sont inquiets pour leur retraite? Ah! Mais, ici, on vit au jour le jour! Eh ben, non, je ne comprends pas! J'ajoute que j'adore danser!"

    "Pauvre Candina! Mais je ne me suis pas présenté: je suis le professeur Martin et j'enseigne l'énergie cinétique, à Sorbonne A! Bon, tout le monde sait que tout mouvement se définit par rapport à un référentiel! Oh! Là haut! Si ça vous intéresse pas, vous quittez l'amphi, s'il vous plaît! Bon, qu'est-ce que je disais? Soit x issu de l'évolution... X est individualisé par la domination! Notamment pour défendre le territoire et courir le guilledou! C'est pourquoi l'énergie cinétique s'exprime en Jules! Oh! Les filles devant! Faudrait tout de même pas noter toutes mes conneries! On parle bien de joules et non de Jules! "Ah bon!" fait-elle! Eh oui! C'est comme ça!

    Bon, qu'est-ce que je disais? Soit x individualisé par la domination! Donc x veut dominer, ou autrement dit, x veut devenir x! L'énergie de x est donc d'abord celle de son égoïsme! Jusque-là, ça va? "Oui!" disent-ils tous en chœur! Souhaitons qu' ça dure!

    L'énergie E de x pousse x à être supérieur à y! Y est alors le référentiel, le dominé! On peut écrire ceci... Evidemment, pas d'craie... Voilà, bon, on écrit donc: E(x) = n y; où n représente le nombre de y! C'est notre première formule! Ne la perdez jamais de vue, car elle indique que x est dépendant de y, évidemment!

    Pas de dominants sans dominés! D'où la faiblesse de x, qui est conduit à la tyrannie ou à la violence, si y ne veut plus être dominé! "Alors, y, on s'promène? Paraît qu' t'aurais dit dans l' quartier que t'en n'avais rien à faire de x! qu'il y en avait marre de x! qu'il était fini! Tu connais le jeu des briques y? On les casse sur la tête avec une masse! Paraît que, jusqu'à la fin d' sa vie, on a un rictus! T'as pas envie d'ressembler à un ouistiti, hein, y?"

    On redevient sérieux, s'il vous plaît! Evidemment, la violence est improductive: elle diminue l'énergie de y, ce qui entraîne la diminution de celle de x! Pour avoir du bon lait, il faut donner de la bonne herbe à ses vaches! Ce n'est pas cynique, c'est simplement logique! Un peu d' silence..., merci! Il faut ménager le ou les dominés, mais nous allons voir que nous ne sommes pas seulement gouvernés par la raison!

    Cependant, x doit aussi se nourrir, se loger, s'habiller, etc. Autrement dit, il doit travailler! T est le travail! T doit être utile et est donc un service! Par conséquent, il existe un rapport conflictuel entre x et T, puisqu'a priori T fait de x un dominé! Celui qui rend service n'est pas le chef!

    Tout le monde suit toujours? Bon! Mais T donne aussi de la valeur V à x! En effet, le travail offre des responsabilités, le sentiment d'être nécessaire, d'être important! Comment allons-nous exprimer cet apparent paradoxe dans une formule? Eh bien, nous dirons que: E (x) = V (t) - C (t); la ou les valeurs V du travail moins la ou les contraintes C du travail! C'est clair?

    Formidable! On verra plus tard! Mais si C > V, évidemment E (x) est négative et x est mécontent! Que se passe-t-il quand c'est y qui augmente C? Y bien entendu devient dominant, ce qui exaspère d'autant plus x, qui associe C à y! Mais un couple (C, y) ayant de l'autorité, qu'est-ce qu'il peut être dans la société? Je vous écoute!

    Y, le patron? Ah? X peut-il raisonnablement rêver de dominer son propre employeur? "Entrez!

    _ Bonjour patron, je viens vous mettre dehors!

    _ Mais qu'est-ce que?

    _ Ce sont vos cigares? Fameux! Vous êtes encore là? C'est moi le nouveau boss!

    _ Très bien! Mais de qui allez-vous pouvoir vous plaindre maintenant?

    _ Mais..."

    Bon, on voit que c'est pas vraiment ce qu'on cherche... Oui! J'ai entendu la bonne réponse! Le gouvernement! Il a le pouvoir, mais chacun peut prétendre avoir une certaine autorité sur lui! Voilà notre affaire! Y peut-il réformer x? Oui, seulement si V augmente plus que C! Ainsi E (x) demeure positive!

    Est-ce possible? Non, puisque y, en faisant croître C, laisse entendre que V n'est pas importante! On arrive à l'équation aberrante suivante: E (y) = n x! X trépigne! Il se sent méprisé! C'est inévitable! Et pourtant il sait aussi que les choses doivent changer, mais sans qu'il y perde rien!

    J'en vois certains qui décrochent... et on aurait bien envie de les imiter, à vrai dire! "Mais on a un job à faire... et on va le faire!" Slogan phare des candidats à la présidence américaine! Le royaume de l'efficacité! où nos équations auraient l'air absurdes! Mais nous sommes en France, pays de l'ambiguïté!

    Alors une solution... Non? Pourtant, elle est là sous vos yeux! Il faut simplement que V (x) soit indépendante de y; autrement dit que le sens de notre valeur ne soit pas le résultat de notre domination! Comment? Vous verrez ça pour la semaine prochaine, car c'est la sonnerie!"

   Aujourd'hui, la situation est bien étrange! Le pays, déjà en proie à la tempête, est comme paralysé! Nous sommes dans une impasse! D'un côté, il y a un gouvernement sûr de son analyse et de sa réforme, encouragé par Bruxelles; et de l'autre, il y a des salariés sûrs de leurs droits, de leurs revendications, de leur colère!

   Apparemment donc, nous donnons le spectacle de gens raisonnables, qui semblent savoir vivre et qui acceptent de mourir, après leur retraite! Magnifique responsabilité! Celui qui a des sentiments est complètement perdu! Voilà que de nouveau il ne comprend pas le monde! qu'il redoute d'en être exclu! comme au temps où il n'était pas encore un adulte, mais un être immature, romantique, écervelé, fautif!

    Tout se passe comme si la domination n'existait pas! comme si elle n'était pas la base de nos comportements,; comme si ce n'était pas elle qui nous faisait tenir debout! Quel paravent que ces grèves, où on se targue même de courage! Mais c'est justement parce qu'il n'y a plus que la domination qu'on ne la voit pas! C'est parce qu'elle règne en maître qu'elle devient invisible!

    C'est pourquoi nous sommes incapables de perdre quoi que ce soit; ni de l'argent, ni de l'amour-propre! Toute tentative de réforme est sentie comme une menace; tout changement est voué à l'échec! Ce n'est pas qu'une mesure soit juste ou injuste! C'est qu'on ne "lâche rien", parce qu'il n'y a rien d'autre! Nous sommes enfermés dans notre mensonge!

    Pourquoi ne pas reconnaître sa peur? Pourquoi jouer toujours son personnage? Pourquoi encore haïr? Pourquoi rester dans la nuit, avec son chagrin? Pourquoi ne pas venir à la lumière, pour se reposer, s'abandonner? Pourquoi refuser la simple joie d'exister?

    La domination est comme une machine! Elle ne s'arrête jamais! Elle ne peut pas s'empêcher de mordre, de blesser; elle allume des feux, elle se nourrit du mal! Seule sa supériorité compte! Même la mort ne la brise pas! C'est le triomphe de la haine!

    Elle crie que Dieu n'existe pas! Elle s'agrippe à elle-même! Mystère de l'orgueil et de l'obstination! C'est l'être terrorisé qui n'a pas voulu naître!