ULTIMA (60-64)

Le 05/09/2026

R154

 

   "Non, ça c'est pas un couteau, mon garçon!"

                                Crocodile dundee

 

 

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     « Salut Paschic ! fait Trancheur. On est avec ta mère à 200 %!

_ Ça ne m’étonne pas !

_ J’ai là un lourd dossier ! coupe Farfouilleur. aussi lourd qu’un sac de pommes de terre ! Il porte le titre suivant : « Relations entre l’artiste et le narcissisme ou les risques de la schizophrénie » ! Va falloir qu’on s’ penche là-dessus, mon garçon !  

_ L’anxiété t’assèche déjà la bouche ? demande avide Étrangleur.

_ Les gars, les gars, répond Paschic, c’est fini tout ça ! J’ m’arrange pour ne plus avoir peur !

_ Mais moi, j’ suis encore là ! réplique la Machine, qui se dresse dans une armure dorée !

_ Non, tu n’es plus là, toi non plus ! lâche Paschic. Tu n’as pas voulu voir et tu es restée dans ton monde ! C’est ta consolation ! Mais ce n’est pas la mienne ! »

Paschic marche vers la Machine et lui passe au travers, comme si elle était immatérielle !

« Mais qu’est-ce que… ? s’écrie-t-elle, alors qu’elle était prête à frapper.

_ Comme je te l’ai dit, celui qui refuse la lumière ne s’éveille pas ! Il en paye les conséquences !

_ Je ne comprends pas...

_ Tu n’as pas voulu quitter le port, ma chère mère ! Tu as tenu conserver tes privilèges et ta sécurité ! La résultat : ta foi est petite, entièrement dépendante de ta domination ! Tu crois suivant le pouvoir que tu exerces sur les autres, ce qui n’est pas mon cas ! Le temps infini de la Chose me remplit et ça me suffit !

_ Mais… Mais…

_ Je te traverse car ta réalité est en fait nulle !

_ Mais... Mais…

_ Je te traverse et je danse !

_ Mais… Mais…

_ Je danse dans la lumière, car je me réjouis qu’elle existe ! J’ai cette simplicité là ! »

A cet instant, le regard de Paschic s’illumine tel un vitrail ! Ce qu’il a dans les yeux, ce sont des branches de sapins, qui découpent le ciel bleu ! « J’ai toujours pensé que tu étais un con prétentieux ! » aboie la Machine, mais déjà Paschic s’éloigne et il commence à croiser des gens sombres ! On dirait des zombies ! L’un d’eux accroche Paschic au passage, sans raison, sans s’excuser !

Un autre lui jette : « Bientôt la fin du capitalisme, la fin des exploiteurs ! » Une femme se fâche : « Pourquoi tu n’ me regardes pas ! fait-elle à Paschic. Je le mérite ! Je suis l’une des plus jolies ici.. ! » Paschic hausse les épaules et continue d’avancer… Il sent chez tous une tension pesante… Qu’ont-ils donc ? Que cherchent-ils ? Que veulent-ils ?

On s’étonne de Paschic ! On le fixe avec animosité ou envie ! « Ils sont perdus, se dit Paschic, et c’est pourquoi ma lumière les attire ! Ils ont soif et ne sont pas satisfaits ! ce qui est naturel, mais ils désirent la lumière pour eux-mêmes, pour leur bonheur personnel ! Or, ce que je reflète est plus grand que moi et n’est pas destiné à un nombril ! Pourtant, ils pourraient devenir comme moi ! Eux aussi pourraient faire cette impression et dégager cette puissance ! Il suffit de prendre le chemin ! En tout cas, pour le moment, ils me masquent le fils de la Machine et ses Doms mutants ! Où sont-ils ceux-là ? »

Soudain, Paschic est violemment frappé à la tête ! Il a l’impression qu’on lui arrache le cerveau et c’est tellement violent que le reste de son corps semble aussi se dissoudre ! « Voilà j’ai trouvé le nid de guêpes ! » pense-t-il, car ce n’est pas la première fois qu’il affronte des Doms mutants, de catégorie 3 !

Il va falloir qu’il respire, qu’il reprenne son souffle sous l’étau qui l’enserre ! C’est vertigineux ! S’il lâchait prise, il irait se pulvériser contre le Dom mutant et il deviendrait inévitablement son jouet ! Gare à la casse ! Mais non seulement il est nécessaire de résister, mais encore il est impérieux de construire, en vue d’une contre-attaque ! Dans un premier temps, il s’agit de neutraliser, de rendre inoffensif le Dom mutant et en l’occurrence, très certainement, le fils de la Machine ! Puis, on lui rendra la monnaie de sa pièce, afin qu’il comprenne un peu le mal qu’il fait, mais surtout pour rétablir la vérité : la domination exponentielle est battue par le temps de la Chose !

Ceci étant, ce n’est pas le Dom mutant qui va comprendre vraiment de quoi il retourne : il est trop près du stade animal ! Ce qu’il va constater, c’est qu’on peut le vaincre et cela n’ira guère plus loin ! Si déjà les Doms « normaux » restent dans leur nuit, ô combien les Doms mutants !

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     Paschic se concentre sur des feuilles de châtaigniers, vertes, jaunes, oranges… Elles forment de larges teintes vives, quand la lumière les traverse ! C’est une palette naturelle ! Entraîné par maître Sol, Paschic donne à ses feuilles des gouttes de pluie, qui brillent telles des perles translucides ! Bientôt, Paschic se meut sur un tapis élastique et doux de terre humide, de sorte qu’il s’y sent la souplesse d’un chat ! Il y a tout autour une odeur d’humus, de bois pourri et de champignons ! Paschic respire à pleins poumons et sent la paix l’envahir !

Mais une griffe de feu déchire tout ce décor et la tête épouvantable de quelque diable apparaît ! Le fils de la Machine ! Il rit ! Il tend sa patte pour prendre Paschic, qui recule et sue à grosses gouttes ! Normalement, il suffit de se remplir entièrement du temps de la Chose, pour contrer le Dom mutant, mais le fils de la Machine semble hors norme, extrêmement puissant et ce qui inquiète Paschic, c’est que lui fait déjà des efforts, alors que son adversaire a l’air de s’amuser !

Vite, il faut retrouver le temps de la Chose, sa protection, sa solidité ! Mais peut-être que Paschic devrait se porter vers une vision plus ouverte, avec plus de force ! La mer ! Paschic monte sur une vague verte, qui crache de l’écume et qui fonce vers la côte ! Sur son dos, Paschic n’entend plus qu’un grondement fou ! Ça siffle aussi ! Puis, les tonnes d’eau se déversent ! Impossible d’y résister ! Où est le fils de la Machine ? Dans la salle d’attente d’un médecin ? Ah ! Ah !

Mais Paschic vient d’être renversé par un surfeur d’acier ! une espèce de bombe humaine ! avec un masque impénétrable ! Le surfeur revient menaçant de couper Paschic en deux, sous son aileron ! Aussitôt Paschic plonge dans un bouillonnement de petites bulles ! C’est la panique ! Il se force à rouvrir les yeux, malgré l’eau trouble, car il faut trouver une autre solution, en même temps qu’un nouveau souffle !

L’élève de maître Sol se concentre, reprend de l’énergie et le voilà sur un voilier, dont les voiles immaculées sont pleines de soleil ! En fait, Paschic participe à une régate de scintillements, qui illumine l’eau bleue ! Mais il est à l’aise à la barre de son voilier ! Il se met à siffloter, car il va pas mal ! Il gagne des places sur ses concurrents ! Au passage de la prochaine bouée, nul doute que sa manœuvre, parfaitement réussie, lui permettra de prendre la tête de la course !

Paschic règle sa voile, en se disant qu’il a bien semé le fils de la Machine ! Le surfeur métallique, c’est du passé ! Qui sait ? Tout penaud, il prend actuellement une douche d’acide sulfurique ! Paschic sourit à cette image, mais un pied gigantesque de robot s’écrase au milieu de la régate, coulant des dizaines de bateaux ! Paschic est lui-même projeté sur le pont et encore choqué, il lève la tête, pour voir le fils de la Machine à la hauteur des nuages, l’air mauvais !

Bon sang ! Ce n’est pas possible ! Ce mutant a une force comme Paschic n’en a jamais vue ! Maintenant, c’est un duel à mort ! Un combat titanesque commence ! Celui qui perdra perdra tout ! D’habitude, Paschic se contente de montrer au mutant que la partie ne sera pas facile et c’est suffisant ! Le « prédateur » abandonne sa proie, car le « coût » pour la posséder lui paraît trop élevé ! Mais le fils de la Machine ne l’entend pas de cette oreille ! Une fois qu’il a mordu, il ne desserre pas les mâchoires, tel le bouledogue ! Il veut anéantir Paschic, ni plus ni moins !

Celui-ci se retrouve dans la nuit du cosmos, car plus la domination est forte et plus elle a besoin d’espace ! Cependant, pour un observateur extérieur, Paschic et le fils de la Machine sont parfaitement immobiles ! C’est un combat psychique, nullement physique ! C’est un combat invisible et pourtant très réel et d’une dureté, d’une sauvagerie extrêmes ! On stupéfierait les témoins, s’il y en avait et si on parvenait à leur faire comprendre ce qui se passe ! Eux ne verraient que deux individus, l’un plus âgé que l’autre, se tenant sagement et qui ne se feraient même pas face ! Cet affrontement se tient au-dessus des têtes, dans l’indifférence générale, bien que les protagonistes soient au supplice ! Mais on ne voit rien de significatif sur leur visage !

C’est une lutte sans merci, entre deux gravitations psychiques, dans le sens où chacune représente un pouvoir, qui peut faire s’effondrer l’autre ! C’est une attaque, qui met l’attaquant au centre de l’attention, afin qu’il fasse sentir sa puissance et son règne ! C’est pourquoi on peut parler d’enfants trous noirs ! Mais la grande différence entre Paschic et les mutants, c’est que lui n’est jamais l’agresseur ! Paschic n’a aucun intérêt à exercer sa domination sur les autres ; cela n’est pas nécessaire à son équilibre ! Il trouve sa valeur et sa sûreté dans son amour pour la beauté de la Chose ! C’est elle son guide et sa source ! Il ne fait que se défendre !

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     Pour l’instant, Paschic arrive à contenir le fils de la Machine ! Il étend un cosmos serein devant lui, où le fils de la Machine n’est plus qu’une petite planète sage, un élément inoffensif ! Cela marche quelques minutes, mais soudain le fils de la Machine fait voler en éclats cette dimension tranquille ! Il exerce à nouveau sur Paschic une pression « démentielle », car il veut être le chef, c’est vital pour lui : ou bien il est le roi du monde, ou bien il est perdu, au bord de la panique !

C’est une pile, une centrale à dominer ! Si Paschic lâche, le fils de la Machine le découpera en morceaux, avec jubilation, car c’est le psychisme qui commande les corps ! Celui qui a l’ascendant psychique peut ordonner à l’autre de faire ceci ou cela, comme ce qu’a connu Lapsie ! Cette vérité, cette logique a aussi été celle de la Machine à l’égard de Paschic, même si c’était d’une façon instinctive ! Que Paschic résistât psychiquement à la Machine, que son « esprit » n’ait pu être brisé la stupéfiait et la mettait dans une fureur folle et destructrice !

La seule manière de ne plus faire le mal, de ne plus blesser autrui, c’est donc de ne plus avoir besoin de dominer ! Mais pour l’heure Paschic est très mal à l’aise et c’est un euphémisme, car le fils de la Machine n’est pas loin de l’anéantir ! Le réflexe, dans cette situation, c’est la haine ! C’est que Paschic tourne les yeux vers le fils de la Machine, pour lui transmettre toute sa haine ! C’est le réflexe, né de l’impuissance et de la peur, et c’est bien la chose qu’il faut éviter à tout prix, ne pas avoir recours au réflexe, mais le dépasser !

Pourquoi ? Mais parce que jusqu’ici le combat est non-dit, invisible ! Si on se tourne vers son adversaire, c’est qu’on reconnaît son importance, sa valeur ! C’est comme si on lui disait qu’il est victorieux ! En tout cas, l’adversaire s’en nourrit, ainsi qu’un feu de locomotive reçoit du charbon ! Pensez, le mutant sort brusquement de l’anonymat, rien que par la force de son psychisme ! Il était un visage perdu parmi d’autres et voilà que vous le regardez avec toute la haine possible, ce qui est un aveu de faiblesse ! Mais vous donnez au mutant sa place centrale : il est maintenant l’affaire de votre vie ! Et il ne vous a même pas dit bonjour, et il n’y a même pas eu un échange, sauf cette lutte entre vos deux cerveaux ! Le mutant, l’enfant trou noir a gagné ! Il domine la sphère psychique ! Il danse sur votre dépouille, sur les lambeaux de votre esprit ! Vous avez beau le haïr, il goûte son sucre !

Paschic doit donc refouler sa haine, ne pas y céder et conserver son impassibilité ! C’est à son cerveau de fournir un nouvel effort, nullement à son « cœur » ! Une parfaite maîtrise de soi est nécessaire ! Le seul « muscle » concerné est psychique ! Paschic y a été entraîné par le traitement que lui a fait subir la Machine, ce qui l’a conduit aux leçons de maître Sol ! C’est sans doute malheureux, car au détriment de la chaleur humaine et de la spontanéité ! Mais Paschic n’a pas eu le choix et le fait que les mutants existent montre que le problème est actuel, que nous allons vers une domination psychique et qu’elle sera sans doute l’enjeu du futur ! Le combat de demain sera entre les cerveaux, puisque toute guerre physique, traditionnelle aujourd’hui se solde par une impasse !

Dans un suprême effort, Paschic tend à nouveau devant lui son vaste espace, ce qui diminue d’autant la dimension, l’agressivité du fils de la Machine ! C’est un peu en désespoir de cause, car le fils de la Machine, d’après ce que peut en ressentir Paschic, n’a pas du tout l’air à bout de souffle ! Nul signe qu’il soit entamé, ni même qu’il peine ! Mais c’est un mensonge, une façade ! Car finalement il s’écroule, il commence à se tordre, asphyxié par la résistance de Paschic, qui le repousse toujours plus loin, qui le neutralise, lui enlève tous ses « crocs » !

Les rôles s’inversent ! C’est maintenant Paschic qui attaque et le fils de la Machine qui défend ! Cette victoire, même s’il en est soulagé, ne surprend pas Paschic ! Celui qui agresse, qui en a besoin, est forcément plus faible que celui qui est en paix avec lui-même et qui peut donc conserver son énergie ! Et il n’est pas possible d’être pacifié sans la vérité ! C’est pourquoi le mutant attaque, pour sentir sa supériorité, dans laquelle il trouve son équilibre ! C’est un sol instable, inquiet, une fuite en avant sans fin et qui vide ! Il n’y a pas de repos chez les mutants !

Paschic se détend : il a vaincu ! Pourtant, la colère l’envahit peu à peu, car on l’a poussé gratuitement dans ses derniers retranchements ! On l’a oppressé jusqu’à plus soif, alors qu’il ne demandait rien, qu’il était sans haine ! On l’a épuisé par jeu ! parce que le Dom mutant veut rester immature, bien qu’il ignore sans doute que d’autres vies sont possibles ! Mais Paschic ne pardonne pas, il est encore trop marqué par l’épreuve ! Il décide donc de donner une leçon au fils de la Machine ! Celui-ci est maintenant sans défenses et Paschic commence à l’acculer, à le « battre » psychiquement !

Le fils de la Machine, ne pouvant plus dominer, est gagné par la panique ! L’angoisse l’étreint aussi sûrement qu’un boa ! Paschic n’a aucun remord à vouloir le briser !

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     Alors que Paschic accule le fils de la Machine et qu’il goûte de le voir se noyer, celui-ci soudain s’échappe physiquement ! Il fuit et se met à courir, ce qui le met à l’abri de Paschic, car même pour le combat psychique, il faut que les corps soient présents ! Ce n’est pas de la télépathie ! Il est nécessaire que les deux adversaires se voient, bien qu’ils affectent tous deux l’indifférence ! La pensée est de toute façon le fruit de l’évolution de la matière et n’a pas de vie totalement indépendante !

En tout cas, le fils de la Machine bat en retraite et il trouve refuge auprès de deux silhouettes, celles de Karoc et Web ! Dès qu’il a atteint le droïde, le fils de la Machine redevient un enfant apeuré, d’autant plus convaincant qu’il serre les jambes de l’adulte ! « M’sieur, m’sieur ! crie-t-il. L’homme là-bas m’ veut du mal !

_ Hein ? Quoi ? Raconte-moi ça, mon garçon ! répond Karoc.

_ Il dit que je suis joli et qu’il veut me montrer des choses…

_ Quelles choses ? Oh ! Le salopard ! J’ savais bien que ce type n’était pas net ! »

Le droïde fonce sur Paschic : « Espèce de fumier ! éructe-t-il. Ordure ! Les pédophiles, moi, j’ les casse en deux !

_ Ah bon ? C’est une ligne rouge dans vot’ programme ! répond Paschic.

_ Grrr ! »

Karoc s’apprête à frapper Paschic, mais Web l’en empêche et dit : « Paschic a droit au bénéfice du doute, même si ça me coûte à moi aussi ! Mais on ne peut pas réagir seulement à chaud ! Je propose d’entendre le gamin plus tard ! Pour l’instant, il faut ramener tout le monde dans la salle de contrôle ! »

Karoc hésite, acquiesce et on aperçoit les autres enfants de la station ! Ils forment un petit groupe inquiet… Karoc, avec le fils de la Machine à ses côtés, s’adresse à eux : « Vous êtes maintenant en sécurité ! leur dit-il. Venez avec nous, nous allons vous ramener sur le Cube ! » Mais les enfants ne bougent pas et c’est au fils de la Machine de prendre la parole : « Allez, bougez-vous ! leur commande-t-il. On s’ taille d’ici ! »

Mais les enfants restent immobiles, toujours sur la défensive. Finalement, c’est Paschic qui les approche, les regarde au fond des yeux et leur tend les mains ! Ils les prennent, ferment les yeux et se blottissent contre Paschic ! C’est la stupéfaction sur les visages de Karoc et du fils de la Machine, mais cela ne surprend pas Paschic ! Même s’il n’est pas complètement à l’aise lui-même, il a tout de même le mérite d’être vrai et cela les enfants le sentent ! Ils sont soulagés comme s’ils avaient trouvé un rocher dans le torrent, auquel ils peuvent s’accrocher ! L’hypocrisie des adultes, leur attachement et leur intérêt de convention n’ont plus de prises sur eux ! Ils ont trop besoin de « souffler » et seule la présence de Paschic semble leur convenir !

Malgré son dépit, Karoc presse au départ et tout le monde se met en route ! « Il faut récupérer Lapsie en passant ! précise Paschic.

_ Et les autres habitants ? demande Web.

_ Ils vont nous suivre... »

Plus tard, dans la salle d’accueil, chacun a l’air de sortir d’un mauvais rêve et prend conscience que le séjour sur Ultima est terminé ! Patz dirige l’embarquement et il affronte le mécontentement retrouvé des habitants : « Le gouvernement nous a lâchés ! jette l’un.

_ Mais non, répond Patz, puisque nous sommes là !

_ Tout d’même, y en a que pour les riches !

_ Et les étrangers ! rétorque un autre.

_ Du calme, je vous en prie du calme ! intime Patz. Nous ne partirons pas dans le désordre !

_ A propos de désordre ! fait d’une voix basse Karoc. Le fils de la Machine accuse Paschic d’attouchements !

_ Comment ?

_ Ce n’est pas la première fois que le gamin agit ainsi ! coupe Ratamor désormais remis. Il a déjà fait mettre à mort l’un de mes collègues, avec les mêmes accusations !

_ Ah ! Euh… Il vaut mieux attendre notre retour sur le Cube, pour éclaircir ce genre d’affaires… D’ailleurs, cela me fait penser qu’il faut que je dise un mot à Paschic... »

Patz se tourne malgré lui vers Paschic et lui glisse : « Un certain Sol a essayé de vous joindre… Il faut que vous le rappeliez... »

Intrigué, Paschic opine, alors que Patz revient aux habitants… « Si maître Sol veut me voir, songe Paschic, c’est que c’est pas bon ! »  

                                                                                                        64

     Paschic se dirige vers sa cabine, pour communiquer avec maître Sol, grâce à sa propre harpe de Kaar ! « C’est le moyen le plus sûr... », pense Paschic et après avoir sorti l’instrument, il se met à en jouer ! Mais il s’avère impossible de joindre maître Sol et à la place a été laissé un message visuel… Il s’agit d’une mer en furie, puis de deux insectes qui se battent ! « Manifestement, songe Paschic, Sol veut me faire comprendre qu’une guerre se prépare ou a été déclenchée… Contre Kaar ? Et pourquoi Sol ne peut-il pas m’en parler lui-même ? Il faut que je me rende sur Kaar... »

Paschic prépare ses affaires, car lui aussi doit d’abord retourner dans le Cube et faire partie de l’embarquement en cours… Mais c’est sans compter sur Karoc, qui apparaît à la porte ! « Inutile de faire ton bagage, Paschic, dit Karoc, tu n’es pas du voyage !

_ Mais…

_ J’ai été chargé de t’éliminer, sitôt ta tâche accomplie ! D’ailleurs, je ne vois pas ce que tu as fait ! Tu étais d’ trop dès l’ départ, Paschic ! »

Karoc sort son arme et Paschic s’attend au pire, quand il lance : « Alors le droïde est bien le toutou de son maître !

_ Je t’es déjà dit que je ne suis pas un droïde !

_ Très bien ! Coupe-toi le petit doigt qu’on en ait le cœur net ! S’il y a bien de la chair et non des tissus synthétiques, on s’ra fixé !

_ Que je me coupe le… Ah ! Ah ! Bien essayé Paschic ! Tu as cherché à gagner du temps, mais c’est raté ! »

Karoc lève son arme, mais au même moment toute la station est ébranlée, au point que les deux hommes sont jetés au sol ! Que se passe-t-il ? Paschic n’en sait rien, mais il voit que Karoc a lâché son arme et il essaie de s’en saisir ! Mais Karoc aussi et il est le plus rapide et il ne reste plus à Paschic qu’à essayer de s’enfuir ! Une deuxième secousse renverse de nouveau les deux hommes et c’est en rampant que Paschic gagne l’ouverture ! Derrière, Karoc n’est pas en meilleure situation et le temps qu’il ajuste son tir, Paschic a gagné le couloir !

Apparemment, la station tourne sur elle-même, car on ne sait plus où est le bas, ni le haut ! Paschic sue à grosses gouttes dans sa fuite, mais sans ce « chaos » il serait de toute façon mort ! Il est maintenant dans un conduit, sans doute à l’abri, mais il veut aussi comprendre les événements ! Qu’est-ce qui met à mal la station ? Avec d’infinies précautions, il atteint un hublot et regarde l’espace et n’en croit pas ses yeux ! Le cosmos semble déchiré et présenter une autre dimension, absolument noire, comme si elle n’était que le néant !

Soudain, une navette de la station fonce vers cette déchirure et y disparaît, en laissant un faible sillage de lumière ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Qui était à bord de la navette ? Après quelques secondes de surprise, Paschic revient à ses propres problèmes… Que peut-il faire ? Rejoindre le plus grand nombre, s’y mêler, afin d’échapper à Karoc ? C’est apparemment la seule solution, mais elle est risquée : comment atteindre le point d’embarquement, sans être tué ? Karoc doit l’attendre au passage !

Cependant, un autre coup d’œil dans le hublot lui montre que la déchirure de l’espace n’existe plus ! Le cosmos a retrouvé sa sérénité et la station n’est plus secouée ! Paschic se met en mouvement, quand il entend une sirène d’alerte ! A quoi correspond-elle ? Et si elle signalait le départ imminent du vaisseau de secours ? Et si elle prévenait les retardataires qu’ils n’ont plus que quelques secondes ? Gagné par la peur, Paschic oublie toute prudence et il se met à courir dans les couloirs ! « Eh ! Eh ! crie-t-il. Ne m’oubliez pas ! »

La sirène brusquement cesse ! Paschic n’entend plus que le bruit de sa course, sa respiration courte ! Il est face à des débris, qui l’empêchent de passer et qu’il faut dégager ! Cela semble insurmontable et Paschic, énervé, lâche des objets, s’agace, se décourage, se reprend, se libère avec rage et crie de nouveau ! Puis, ce qu’il craignait le plus arrive ! Le vaisseau décolle, en faisant vibrer le sol où se trouve Paschic, qui voit par un hublot partir ses amis, les autres !

« Les salauds ! Les fumiers ! s’écrie-t-il. Ils m’ont eu ! Web va sans doute se rendre compte de mon absence, mais c’est trop tard ! Je suis seul ici ! » L’angoisse étreint Paschic, mais bientôt il se ressaisit : la solitude et même l’angoisse, il connaît, pas vrai ?

« D’abord vérifier que ces cons n’ont pas laissé un système d’autodestruction ! se dit Paschic. On va commencer par là, avant de s’organiser ! Car va y en avoir du taf ! Pas perdre la boule surtout ! Qui c’est le meilleur ? »

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