
" Tes deux fils vont aller en prison!"
As Bestas
24
« Viens , papa, je vais te montrer quelque chose ! reprend le fils de la Machine, qui entraîne monsieur Nuit par un escalier et on arrive dans une vaste salle climatisée, blanche, avec des tuyaux partout… « Nous sommes au cœur de la station ! explique le fils de la Machine. Et voilà maman !
_ Comment ? Ta mère… Je veux dire la Machine, elle est toujours vivante ? Je croyais…
_ Qu’elle était morte ?
_ Oui, enfin, tu sais qu’elle est devenue une légende… Alors, on imagine des choses…
_ Mais c’est un peu vrai qu’elle n’est plus tout à fait en vie… Elle a eu une attaque cérébrale et depuis elle n’a pas repris conscience…
_ Oh ! »
Monsieur Nuit s’approche d’un corps dans une bulle… Il y a un respirateur, des tas d’autres appareils et des branchements qui tissent comme une immense toile d’araignée… « Son cerveau fonctionne encore, tu sais…, dit le fils de la Machine.
_ Vous espérez toujours un réveil ?
_ Je n’ose y croire… Mais, par moments, j’ai l’impression que si elle meure, je mourrai aussi !
_ Allons, allons, il n’y a aucune raison pour ça… Mais où vont tous ces tuyaux ? On dirait qu’ils quittent la salle…
_ Je ne sais pas… Nous n’avons fait que suivre les instructions de la Machine elle-même, comme si elle avait prévu ce qui allait lui arriver ! »
Prudemment, monsieur Nuit voit que la plupart des tuyaux partent par une cheminée et qu’ils se perdent dans les hauteurs ! « Mais à quoi sert tout cela ? » se demande monsieur Nuit. « Allez viens, on retourne près des autres ! » lui dit le fils de la Machine et monsieur Nuit quitte docilement cette salle étrange…
L’ambiance est tout autre pour le petit déjeuner du reste de l’équipe… Ratamor a mal dormi, Lapsie brûle d’agir et le duc est encore troublé par sa baignade aventureuse ! On se sert en café et de ce qui ressemble à du pain… « Mais enfin où est notre ami, monsieur Nuit ? » s’écrie le duc. Les deux autres haussent les épaules… « J’espère qu’il n’a pas disparu tout de même ? rajoute le duc.
_ Le voilà ! coupe Lapsie.
_ Ah ! Eh bien, on se demandait où vous étiez ! déclare le duc. On craignait même qu’il ne vous soit arrivé un accident !
_ J’ai revu le fils de la Machine !
_ Quoi ? s’écrie Lapsie.
_ Décidément, ça devient une habitude ! tranche Ratamor.
_ Non seulement, je l’ai revu…, mais j’ai aussi vu tous les autres de la station ! »
Le duc en laisse tomber sa tasse ! C’est comme si un éclair avait foudroyé la table ! « Qu’est-ce que vous dites ? parvient à articuler Ratamor.
_ Je dis que j’ai vu les habitants de la station !
_ Mais comment est-ce possible ? lâche Lapsie.
_ A vrai dire, je ne sais pas encore comment ça se passe… explique monsieur Nuit. Il y a peut-être en effet, comme vous le supposiez Ratamor, une dimension psychique, parallèle à la réalité que nous connaissons… En tout cas, il y a à chaque fois comme un passage, difficile à définir…
_ Mais comment vont les habitants ? demande le duc.
_ Eh bien, je ne sais pas trop… répond monsieur Nuit, qui frémit au souvenir de la « fosse ».
_ Vous ne pouvez pas être un peu plus clair ?
_ C’est que… ce que j’ai vu est difficilement compréhensible…
_ Essayez tout de même… Ces gens sont-ils en bonne santé ?
_ Apparemment oui… Mais il faut comprendre que le fils de la Machine les commande…
_ Comment ça ? Il les menace ?
_ Euh… C’est pas tout à fait ça…
_ Et quel est le message ? interroge Lapsie.
_ Hein ?
_ Vous êtes porteur d’un message, n’est-ce pas ? Le fils de la Machine vous invite dans sa dimension, il doit y avoir une raison !
_ En effet… Il voudrait aller sur le Cube, lui et sa bande…
_ Sa bande ?
_ Enfin, lui et les autres enfants de la station…
_ Et on laisserait là les habitants ? coupe le duc.
_ Non, non, on les prendrait aussi avec nous…
_ Vous n’avez pas l’air sûr… fait Lapsie.
_ C’est qu’ils ne sont plus vraiment eux-mêmes, d’après ce que j’ai pu en juger !
_ Qu’est-ce que vous voulez dire ? demande Ratamor.
_ Eh bien, ils sont devenus des esclaves ! réplique monsieur Nuit. Les habitants sont… dans une fosse…, comme des ombres grouillantes ! Mais… Mais le fils de la machine dit que c’est de leur faute ! qu’il ne fait que contrôler leur domination ! »
Les autres stupéfaits regardent monsieur Nuit !
25
« Si je comprends bien, reprend Lapsie, il y a sur la station un enfant psychopathe, un PN sans aucun doute, et vous voudriez qu’on le ramène sur le Cube, pour qu’il rende tout le monde esclave, comme ici ! C’est bien ça ?
_ Dès le départ, vous avez été hostile à ce garçon, répond monsieur Nuit, comme vous l’êtes au fond à l’égard de tous les hommes ! Mais le fils de la Machine n’est pas comme vous dites : il a des sentiments, il cherche le bien-être des autres ! Cela se voit aux soins dont il a entouré sa mère !
_ Sa mère ? La Machine ? s’écrie Ratamor.
_ Que savez-vous à ce sujet ? renchérit le duc.
_ Eh bien, répond monsieur Nuit, j’ai vu la Machine elle-même… Elle a subi une attaque cérébrale et est toujours apparemment dans le coma…
_ On la maintient en vie… ?
_ C’est c’ la… D’ailleurs, je suis bien intrigué par l’installation dont elle est objet…
_ Qu’est-ce qui vous choque ?
_ Mais des dizaines de tuyaux partent vers le plafond…
_ Vous êtes médecin maintenant ? fait ironiquement Lapsie.
_ Non, mais je suis spécialiste en bâtiments… et je ne vois pas du tout à quoi ça peut servir…
_ Mais vous avez une hypothèse… rajoute le duc.
_ Je n’ai pas pu m’empêcher d’y réfléchir en effet… En fait, la Machine avait laissé des instructions, s’il lui arrivait un accident… et son fils, avec des techniciens sûrement, n’ont fait que les suivre à la lettre… Or, connaissant la Machine, cela devait être dans un but précis !
_ « Connaissant la Machine... » enchaîne Ratamor. Allez jusqu’au bout de votre raisonnement, monsieur Nuit ! Qu’est-ce que la Machine, sinon de la domination pure ? On peut donc penser qu’elle n’a pas voulu lâcher le contrôle de la station, malgré son attaque cérébrale !
_ C’est ce que je pense aussi…, approuve monsieur Nuit.
_ Une seconde ! coupe le duc. Vous êtes en train de nous dire que, d’une manière ou d’une autre, la Machine pourrait agir sur la station ?
_ Tous ces tuyaux ont bien une utilité…
_ Mais nous parlons d’une femme qui est dans le coma ! jette Lapsie.
_ Est-ce vraiment possible, Ratamor ? interroge le duc.
_ Tout cela me laisse perplexe, évidemment… Mais suivons le raisonnement de la Machine : elle cherche à dominer au-delà de la mort, ce qui revient à ignorer celle-ci ! Imaginons alors la station tel un cerveau géant, qui obéirait encore à la Machine ! Les tuyaux joueraient le rôle des neurones !
_ Hi ! Hi ! Du grand spectacle, hein, Ratamor ! fait Lapsie. Avec des murs ici sensibles… Si je leur donne un coup, la Machine va avoir mal ! Hi ! Hi !
_ Ce n’est pas aussi idiot que ça ! objecte monsieur Nuit. Cela expliquerait une réflexion du fils, qui m’a dit que si la Machine venait à mourir, il mourrait aussi !
_ Il est vrai, reconnaît le duc, que déjà sa naissance était bizarre ! La Machine avait soixante-dix ans ! C’est un peu comme si le fils était l’héritier de sa domination ! Non un fils de chair, mais plutôt spirituel !
_ D’où son extraordinaire pouvoir ! approuve monsieur Nuit.
_ Je suis la seule femme ici, précise Lapsie, et la seule semble-t-il à avoir les pieds sur terre ! Pendant que vous divaguez, moi, je ne perds pas de vue la dangerosité du fils de la Machine et la nécessité de le neutraliser, ou de l’abattre, si on ne peut pas l’arrêter ! Voilà où nous en sommes vraiment ! Alors, monsieur Nuit, vous allez nous organiser un p’tit rendez-vous avec le gamin et je m’occuperai du reste !
_ Bien sûr, répond monsieur Nuit, on en revient à votre obsession : il faut tuer du PN !
_ Mes amis, mes amis ! lâche le duc, pour calmer le jeu.
_ Eh ! La Machine ! Tu m’entends ? crie Lapsie. Je vais m’occuper d’ ton rej’ton ! »
A cet instant, un énorme bruit fait sursauter tout le monde ! Puis, un soldat s’excuse : il vient de faire tomber du matériel ! Chacun le regarde avec colère, car on a eu peur ! « Bon, ben, qu’est-ce qu’on fait ? demande le duc. Ratamor ?
_ Il serait bon de pouvoir discuter avec les habitants… Il faudrait savoir ce qu’ils ont ! C’est le but de notre mission !
_ Approuvé ! répond le duc. Monsieur Nuit, lors de… votre prochaine rencontre avec le fils de la Machine, pourriez-vous lui faire une demande en ce sens ?
_ On ne sait même pas s’il n’a pas inventé tout ça ! » réplique Lapsie en regardant monsieur Nuit.
26
« J’ai encore quelque chose à dire, rajoute monsieur Nuit.
_ Quelle surprise ! s’écrie Lapsie.
_ Je vous en prie ! fait le duc à Lapsie.
_ Eh bien, les enfants de la station sont atteints d’un étrange mal… Ils s’endorment brusquement, tous, en même temps… Cela dure quelques minutes, puis ils se réveillent !
_ Curieux…
_ Voilà qui les rend vulnérables ! se réjouit Lapsie.
_ Cela a peut-être à voir avec leur énergie, précise Ratamor. Dominer, contrôler son environnement demande beaucoup d’énergie ! C’est de la tension et une tension anormale à cet âge-là !
_ Oh ! intervient monsieur Nuit. Maintenant, je me rappelle les propos du fils de la Machine ! Il disait que lui et les autres enfants étaient en guerre contre le monde des adultes, parce que celui-ci est défaillant et qu’il n’assure plus la sécurité des jeunes !
_ Voyez-vous ça ! fait Lapsie. De vraies poules mouillées !
_ Il existe en effet une relation entre l’anxiété et la domination, approfondit Ratamor. Rejeter la différence, se replier sur soi ou bien réagir avec violence ou autorité sont des réactions naturelles, face à la peur ! Nous sommes toujours des animaux et nous avons hérité de leurs comportements ! Ils défendent leur individualité, afin de survivre ! »
Chacun médite un instant ces paroles… « Si je comprends bien, fait le duc, on a des enfants qui ne sentent plus en sécurité et qui ne peuvent plus compter sur les adultes pour cela ! Ils développent donc une domination… psychique, puisque la domination physique n’est pas pour eux… et cette domination psychique serait anormale, excessive !
_ Elle leur aurait tout de même permis de prendre le contrôle de la station, enchaîne Ratamor, avec sans doute l’aide la Machine…
_ Cela ne me plaît pas du tout ! rajoute le duc.
_ A moi non plus ! lance Lapsie. Des mômes qui commandent, c’est jamais bon ! Rien qu’à me souvenir de K 35, j’ai envie de faire le ménage !
_ Et on sait ce que ça veut dire venant de vous ! jette monsieur Nuit. C’est tirer dans l’ tas !
_ Eh ! Vous pourrez fermer les yeux !
_ Les enfants, les enfants ! fait le duc. Il ne s’agit pas de se disputer, mais de rester soudés ! Je propose que chacun intègre ce qui vient d’être dit et qu’on se retrouve ici, pour une réunion, disons dans une heure ! »
Les têtes opinent et on se sépare… Lapsie rejoint sa cabine et elle se dit qu’elle doit désormais ne plus quitter son arme ! « Une vraie maison de dingues ! pense-t-elle. Gamins ou pas, ils sont dangereux ! Il faut tout de suite refroidir la vocation des apprentis PN ! Et pour ça, rien ne vaut des « bang bang » qui fument ! »
Lapsie entre dans sa cabine et tout de suite elle se dirige vers la boîte de son arme ! « C’est ça que tu cherches ? demande une voix derrière elle.
_ Tu dois être le fils de la Machine ? répond Lapsie, qui s’est retournée et qui voit un ado assis sur son lit, tenant son pistolet à crosse de nacre.
_ Tout juste ! Tu sais que t’es vraiment pas mal ? Qu’est-ce que tu ferais, si je te demandais de te déshabiller ?
_ Mais je te mettrais une bonne fessée !
_ Tss, tss, mauvaise réponse ! Car je pourrais te viser et presser la détente ! C’est une arme qu’il faut paramétrer, je crois… Voyons voir… La cible est une belle femme de quarante ans ! Blonde, sensuelle, agressive ! Hmmm ! Jolis nichons, mais avec des hanches un peu larges…
_ Espèces de sale petit voyou !
_ Voilà ! Ton arme est programmée ! Tu connais le principe : les balles suivent la cible, jusqu’à ce qu’elles l’atteignent ! Attention ! C’est parti ! »
Lapsie sait qu’elle n’a que quelques secondes ! D’un geste vif, elle balance un coussin sur le « môme », qui tire vers le plafond, pour se protéger ! Mais la balle ne s’y loge pas définitivement ! C’est en fait un drone miniaturisé, qui a comme sa vie propre ! Il fore même les murs, s’il voit, grâce à une caméra thermique, que sa cible se trouve derrière et il tue en explosant dans le corps de ses victimes !
Même si elle a l’avantage, Lapsie sait qu’elle doit au moins quitter la pièce et elle se précipite vers la salle de bains ! Elle a gagné un peu de temps, mais elle entend déjà la balle qui commence à percer la cloison ! Vite, elle se met sous un jet d’eau froide, dans l’espoir d’échapper à tout repérage !
27
Depuis combien de temps est-elle sous l’eau, ou presque ? Elle ne le sait pas… Elle s’est couchée dans le fond de la baignoire et rapidement l’eau l’a recouverte… Son nez juste émerge pour respirer… Elle ne bouge pas et l’eau s’est aussi arrêtée ! L’a-t-elle coupée ? Elle ne s’en souvient pas ! Ce qui la préoccupe, ce qu’elle fixe, c’est la balle de son propre pistolet qui est au-dessus d’elle, immobile, qui ne sait où aller et qui produit un léger vrombissement qu’elle connaît bien !
« Il n’y a qu’à attendre…, se dit Lapsie. La balle est comme les gamins de la station : elle consomme beaucoup d’énergie, pour une toute petite batterie ! Quelle est son autonomie ? Une heure tout au plus ! » Effectivement, on entend bientôt un plouf ! La balle est tombée inoffensive sur le ventre de Lapsie ! Celle-ci pousse un soupir de soulagement et elle se redresse, la balle dans la main…
Mais elle est en colère ! « Alors comme ça, les gamins ne se sentent pas en sécurité et c’est pourquoi ils mettent tout le monde au pas psychiquement ! pense-t-elle. Mais, moi, je vais leur en donner de la sécurité ! Une sécurité éternelle ! Oh ! Oh ! Doucement, ma vieille ! Il est possible que l’autre affreux t’attende encore de l’autre côté, pour t’achever ! »
Lapsie ouvre prudemment la porte de la salle de bains et jette un coup d’œil, mais personne n’est dans sa chambre ! Mieux, l’arme a été laissée sur le lit ! « Il a sans doute cru que ça suffisait ! » se dit Lapsie, qui récupère sans tarder son pistolet. « D’abord, il faut le reparamétrer ! reprend-elle. Inutile que je me suicide, quand je f’rai feu à nouveau ! » Elle efface donc son profil, mais elle s’énerve quand il s’agit d’enrichir celui du Fils de la Machine !
« Qu’est-ce que j’ mets ? Fils de pute ? Crapule ? Ver de terre ? Limace ? Bouse de vache ? » Lapsie craque et se met à pleurer : c’est le choc ! « Ah ! Les salauds ! murmure-t-elle. Les fumiers ! Ils ont bien failli m’avoir ! Pour qui se prennent-ils ? C’est la guerre ! Gosses ou pas gosses, y aura pas d’ survivants ! Je vais être la nurse du diable ! celle qui à la place du biberon donne du plomb ! »
De son côté, le duc n’est pas à l’aise… Il n’arrive pas à s’enlever de la rétine les merveilleuses petites fesses de la baigneuse ! « Bien sûr, c’est ridicule ! se dit le duc. Elle serait ravie de séduire un homme mûr ! Ça la changerait des gamins qui l’entourent ! Elle se sentirait plus importante, plus femme en un mot ! Voilà la cause de son petit manège ! Ce n’est pas mon propre charme qui l’attire ! Quant à moi, serais-je victime de ce qu’on appelle le démon de midi ? Deviendrais-je un vieux salace, en mal de chair fraîche ? »
En fait, depuis que le duc est arrivé à la station, il n’a cessé de s’enfoncer dans les tourments, le doute ! D’abord, il y a cette histoire de psychisme, décrite par Ratamor ! Ce n’est pas le terrain du duc ! Lui, il ne connaît bien que son pouvoir, ce qui est sous sa « juridiction », si on peut dire ! Se remettre en question, se sonder, toucher le tuf, les profondeurs, c’est bon pour les intellos comme Ratamor, mais pas pour le duc !
De là, un sentiment d’inutilité qui s’est emparé de lui ! Il donne des ordres, bien sûr, mais, à la vérité, il est dépassé, tendu, avec une sorte d’angoisse, comme si subitement il avait pris un coup de vieux ! Il a l’impression d’être à un tournant, à un moment où il faut dresser un bilan et cette perspective ne l’enchante guère !
C’est sur cet esprit fragilisé qu’est venue se graver la baigneuse ! Elle est apparue telle une source d’eau fraîche, un remède à l’enfermement de la station, à son air confiné ! D’ailleurs le duc, tout à l’heure, quand monsieur Nuit parlait de la bande du fils de la Machine, brûlait de demander s’il n’y avait pas là une jeune fille ! Il s’est retenu de toutes ses forces, car alors on l’aurait drôlement regardé !
Désormais, il ronge son frein et il sursaute quand Dominator choisit cet instant pour établir une liaison depuis le Cube ! « Alors, duc, fait le maire de Domopolis, comment ça se passe ? Je vous avoue que j’attendais de vos nouvelles, mais que j’ai été déçu…
_ Oui, Dominator, je vous prie de m’excuser, mais ici nous avons eu beaucoup à faire ! Il faut que vous sachiez que monsieur Nuit a vu les habitants de la station !
_ Ah ! Et comment vont-ils ?
_ Bien apparemment, quoiqu’ils soient sous l’emprise du fils de la Machine !
_ Le fils de la Machine ?
_ C’est une histoire un peu compliquée, Dominator. Ratamor pense que les habitants sont tenus dans une dimension psychique particulière, qui serait en fait soumise au fils de la Machine ! Et ce n’est pas tout, la Machine elle-même serait encore vivante et continuerait à influencer la station ! Elle est pourtant dans le coma !
_ Je vois, dit Dominator, en allumant un de ces traditionnel cigares.
_ Vous voyez ? Vous avez de la chance, car moi, je ne vois rien du tout !
_ Vous m’avez l’air tendu, duc, et ça ne vous ressemble pas du tout ! D’habitude, vous tranchez dans le vif, quoiqu’il arrive et c’est pourquoi je vous ai envoyé en mission !
_ Bien sûr, Dominator ! Un petit coup de mou, je suppose ! »